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Une minuscule minorité

Des étudiants ont à nouveau manifesté jeudi après-midi... (Photo: Martin Leblanc, La Presse)

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Des étudiants ont à nouveau manifesté jeudi après-midi à Montréal.

Photo: Martin Leblanc, La Presse

André Pratte
La Presse

Depuis le début du boycott des cours, les leaders du mouvement et les médias nous répètent que «les» étudiants sont en colère, que «les» étudiants sont descendus dans la rue. La réalité, c'est que les jeunes participant aux manifestations constituent une petite minorité, parfois même une minuscule minorité. Et cette minorité est aiguillonnée par un groupuscule d'extrême gauche dont l'objectif est de «créer un véritable contre-pouvoir face à l'État capitaliste».

Au Québec, on compte 485 000 étudiants de niveau collégial et universitaire. Parmi eux, 174 000 sèchent leurs cours ou ont voté en faveur d'un boycott éventuel; c'est 36% des étudiants. On est loin de la majorité.

Alors que les étudiants sont en pleine semaine de relâche, seulement quelques centaines d'entre eux se sont déplacés mardi et hier pour manifester dans le centre-ville de Montréal. Cinq cents collégiens et universitaires dans les rues, c'est à peine un dixième de un pour cent des jeunes concernés. Ce ne sont donc pas «les» étudiants qui s'agitent, mais «des» étudiants.

Les militants se posent en victimes de la «répression policière». Quand on leur souligne qu'ils font tout pour attirer cette «répression», par exemple en refusant de dévoiler le trajet de leurs manifs, ils rétorquent que c'est leur seule façon de se faire entendre. Allons donc! Plein de groupes organisent des manifestations en collaboration avec la police. Ces manifestations se déroulent dans le calme et, lorsque le mouvement prend suffisamment d'ampleur, le gouvernement doit en tenir compte.

Par conséquent, rien ne justifie les méthodes provocatrices employées. Rien, sinon l'idéologie des leaders de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). La stratégie est aussi simple qu'ancienne: provoquer les forces de l'ordre dans l'espoir d'obtenir la sympathie de la population et déstabiliser le gouvernement. L'ASSÉ appelle ça «le syndicalisme étudiant de combat».

«Puisqu'il est impossible de s'en remettre à la bonne volonté des gouvernements et des administrations pour la sauvegarde du droit à l'éducation, peut-on lire sur le site internet de l'Association, il faut miser sur la construction permanente d'un rapport de force, d'un contre-pouvoir.» L'extrême gauche profite de la naïveté des jeunes pour les embarquer dans un mouvement dont les visées sont beaucoup plus radicales que l'annulation de la hausse des droits de scolarité.

Les militants étudiants profitent aussi de la bêtise des policiers, eux qui semblent incapables de rétablir l'ordre autrement qu'en se comportant comme des brutes. Néanmoins, il serait étonnant que les jeunes gauchistes gagnent l'appui de la population. En effet, ils oublient que leurs «actions d'éclat» causent chaque jour plus d'ennuis aux citoyens, ceux-là mêmes qui paient le gros des coûts des études universitaires.




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