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L'arsenal de M. Bernanke

André Pratte
La Presse

La Réserve fédérale américaine a ramené son principal taux cible à zéro, une première depuis plus d'un demi-siècle. La réaction des marchés boursiers a été instantanée: dès la publication du communiqué de la Fed à 14h15, les indices ont bondi, le S.&P. 500 de plus de 5%, le TSX de plus de 3%.

Ce n'est toutefois pas la diminution du taux directeur qui a suscité l'optimisme des investisseurs. C'est plutôt l'affirmation que la banque centrale allait employer «tous les outils disponibles» pour relancer l'économie.

C'était là la principale crainte: que ferait la Fed une fois que son taux d'un jour aurait atteint zéro? Serait-elle rendue impuissante, incapable de faire plus pour stimuler le crédit et la croissance?

C'est ce qu'a paru conclure hier le président élu, Barack Obama, selon qui «il ne nous reste plus de ces munitions traditionnelles pour combattre une récession, soit la baisse des taux d'intérêt». Cependant, le communiqué de la Fed visait clairement à démontrer que son arsenal est encore bien garni.

Les experts ne seront pas étonnés. Le président du Federal Reserve Board, Ben Bernanke, sort de ses fourneaux la recette qu'il a décrite dans un discours fameux, prononcé il y a six ans. Bernanke avait alors décrit un scénario - qui paraissait alors très hypothétique - où les États-Unis feraient face à des risques sérieux de déflation. «Le gouvernement des États-Unis possède un outil, la presse, qui lui permet de produire autant de dollars qu'il le souhaite à un coût essentiellement nul», avait-il alors soutenu. Et de faire référence à un hélicoptère duquel on ferait pleuvoir des dollars sur le pays. Ce discours lui a valu le surnom de «Helicopter Ben».

Injecter des centaines de milliards dans l'économie, c'est ce qu'a commencé et continuera à faire la Fed au cours des prochaines semaines. Notamment, elle achètera des titres de dette de façon à soulager les institutions financières de leur fardeau et leur permettre d'ouvrir les vannes des prêts. La Fed songe aussi à acheter d'énormes quantités d'obligations du Trésor de façon à faire baisser les taux d'intérêt. La banque centrale devrait consacrer quelque 3000 milliards à ces différentes mesures. À cela s'ajoutera le plan de relance de la nouvelle administration Obama, plan qui doit reposer sur des investissements massifs en infrastructures.

Reste une inquiétude. Si tout cela ne suffisait pas? Peu probable, sans doute, mais pas impossible. Car ce qui fait défaut cet hiver dans l'économie américaine, et dans une certaine mesure ailleurs dans le monde, c'est la confiance. Les institutions financières accumulent les réserves, par crainte d'autres coups durs. Les investisseurs hésitent à acheter quoi que ce soit, par peur que l'effondrement des valeurs ne se poursuive. Et qui fait encore aveuglément confiance à son conseiller financier après les erreurs grossières commises par plusieurs, sans compter les fraudes dont la plus récente et plus inattendue, oeuvre de Bernard Madoff, a de quoi ébranler les plus crédules?

Hier, les Bourses ont manifesté leur optimisme quant à la capacité de l'arsenal de M. Bernanke de terrasser la crise. On verra au cours des prochains jours à quel point cette confiance est solide... et justifiée.

apratte@lapresse.ca




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