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Il faut qu'on (re)parle du voyage en Inde

La famille Trudeau à Amritsar, en Inde, en... (PHOTO FOURNIE PAR LE PUBLIC RELATIONS OFFICE GOVT. OF PUNJAB)

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La famille Trudeau à Amritsar, en Inde, en février dernier

PHOTO FOURNIE PAR LE PUBLIC RELATIONS OFFICE GOVT. OF PUNJAB

On va certainement rire, au Bye bye, du périple de Justin Trudeau en Inde. Il y a en effet matière à rire... jaune. Un rapport dévoilé cette semaine nous offre de nouvelles raisons de déplorer l'improvisation ayant entouré ce voyage.

Le rapport, du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, démontre qu'il y a eu négligence. De la part du ministère des Affaires étrangères et du bureau du premier ministre, mais aussi - et surtout - des autorités canadiennes responsables de la sécurité de Justin Trudeau avant et pendant le voyage.

Personne ne semble avoir assez pris au sérieux les mesures de filtrage des participants et des invités aux événements en Inde.

On se souviendra que des médias ont sonné l'alarme, pendant le voyage, à la suite de la publication d'une photo de Sophie Grégoire Trudeau. On la voyait, lors d'un événement à Bombay, en compagnie d'un homme reconnu coupable de tentative d'assassinat au milieu des années 80 : Jaspal Atwal.

« La présence de cet homme a accru de façon importante les risques pour la sécurité [du premier ministre et de sa famille] et des autres personnes dans la pièce », a indiqué un agent de la GRC, cité dans le rapport. Sans compter, bien sûr, le mal que cet impair a fait à l'image du Canada en Inde et à la relation entre les deux pays, Jaspal Atwal étant associé à l'extrémisme sikh.

Pourquoi a-t-il réussi à passer entre les mailles du filet ? Parce que ce filet n'était pas tissé assez serré, tout simplement. Le rapport des parlementaires, à cet égard, ne donne pas le goût de plaisanter. Il est à pleurer.

Parmi les procédures montrées du doigt, on souligne que le ministère des Affaires étrangères n'a pas transmis les listes des invités (Jaspal Atwal figurait sur celle du cabinet du premier ministre) à la Gendarmerie royale du Canada ni au Service canadien du renseignement de sécurité. Pire, on ajoute que même si cela avait été fait, ni l'un ni l'autre n'aurait vérifié systématiquement ces listes.

Peu avant le départ du premier ministre, la GRC a fini par entendre dire que Jaspal Atwal voyagerait peut-être avec la délégation canadienne. Elle est alors passée à l'action et a pu confirmer que ce ne serait pas le cas. Il fallait toutefois vérifier si Jaspal Atwal pouvait se rendre en Inde à titre privé et pouvait, donc, représenter une menace. Ce suivi a été bâclé.

Quand on a voulu vérifier s'il était demeuré au Canada, l'agent qui devait remplir ce mandat était en congé. L'ordre « n'a pas été suivi ».

Les parlementaires s'étonnent aussi de voir que le quartier général de la GRC n'a pas transmis les informations au sujet de Jaspal Atwal aux agents qui font partie du peloton de protection du premier ministre. Et du fait que la GRC ne le considérait pas comme une menace « malgré ses antécédents criminels ». Non seulement il a tenté d'assassiner un ministre indien, mais il a un casier judiciaire chargé, en raison d'incidents liés à des actes de violence.

Les services de sécurité ont fini par s'en sortir honorablement lorsque l'affaire a éclaté au grand jour. Jaspal Atwal devait participer à un deuxième événement canadien en Inde (à New Delhi), mais on a annulé son invitation. Tout comme celles de trois autres personnes, dont les noms ne sont toutefois pas cités dans ce rapport.

Mais le mal était fait. La sécurité du premier ministre et de son entourage avait déjà été compromise. Une fois de trop. Ce genre d'erreur peut ne pas pardonner.

La seule bonne nouvelle dans toute cette troublante histoire, c'est que les parlementaires ont pu sonner l'alarme. C'est directement lié à l'adoption d'un projet de loi, l'an dernier, ayant permis la création du comité qui vient de publier ce rapport. Même s'il a été, comme plusieurs l'ont souligné, lourdement caviardé, on comprend que les agences de sécurité et de renseignement auront désormais davantage de comptes à rendre.

Finalement, si bien sûr les rapports du comité parlementaire ne se retrouvent pas sur une tablette, ça ne peut qu'améliorer la sécurité nationale.




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