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Une mer de plastique

Le Costa Rica l'a fait. Le petit État de la Dominique l'a fait aussi. L'Union européenne (UE) s'apprête à le faire. Et le Canada compte le faire dès 2021, suivant l'échéancier adopté par l'UE.

Il s'agit du projet d'interdiction des plastiques à usage unique annoncé lundi par le premier ministre Justin Trudeau.

L'annonce est aussi attendue que bienvenue. Chaque année, les Canadiens jettent plus de 3 millions de tonnes de plastique à la poubelle. Moins de 10 % des déchets de plastique sont recyclés et une infime quantité de plastique est utilisée comme source d'énergie dans des projets qui restent pour l'instant expérimentaux.

Dans l'état actuel des choses, il est plus facile de produire du plastique neuf, quitte à le jeter dès qu'il a servi, que de le recycler ou le réparer, affirme une analyse des sociétés Deloitte et Services Cheminfo.

En d'autres mots, si l'on suit les lois du marché, les assiettes, ustensiles et barquettes de plastique, les tasses en styromousse, les sacs d'épicerie et autres emballages plastifiés destinés à être jetés après usage ont toutes les chances de continuer à prendre le plus court chemin vers le dépotoir.

Avec l'annonce de lundi, le Canada suivrait l'exemple européen sur un autre point, en renvoyant aux entreprises productrices la responsabilité de gérer leurs déchets de plastique.

Il n'est pas trop tôt pour s'attaquer au cancer écologique causé par les déchets de plastique, dont la vaste majorité provient de ces petits objets non réutilisables omniprésents dans la vie courante. Si rien n'est fait, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons dès 2050 ! Ce n'est pas si loin. C'est dans 30 ans.

Commençons donc par applaudir l'annonce du premier ministre. Le principal bémol, car il y en a un, c'est qu'elle arrive à ce moment tardif de son premier mandat.

Pour l'instant, le plan reste très flou. Ses détails, incluant la liste des objets qui seront interdits et les modalités de leur interdiction, restent inconnus. Non seulement le Canada accuse sur ce point un retard sur l'Union européenne, dont l'initiative est infiniment plus concrète, mais en plus, compte tenu du temps qu'il faudra pour préciser la stratégie de la guerre contre le plastique, le risque que le projet n'aboutisse pas d'ici les élections de l'automne est très élevé.

Lundi, le leader conservateur Andrew Scheer a déjà annoncé ses couleurs : pour la bataille antiplastique, il préfère l'arme des mesures incitatives. Selon l'issue du vote - et les derniers sondages indiquent que rien n'est acquis pour les libéraux de Justin Trudeau -, le beau projet d'élimination des plastiques à usage unique risque donc de se retrouver à l'eau.

On peut se demander pourquoi Justin Trudeau a attendu aussi longtemps avant de lancer son offensive antiplastique. Et s'il ne se sert pas de ce projet pour « reverdir » son image à la veille de ce rendez-vous électoral.

Mais même chez les écologistes, on reconnaît que la transition post-plastique ne sera pas facile. Et qu'elle prendra forcément du temps.

L'écologiste qui envisage de se présenter pour le PLC, Steven Guilbeault, donne l'exemple des diverses foires alimentaires où le recours à de la vaisselle de plastique est largement répandu. Par quoi va-t-on la remplacer ? L'emploi d'assiettes de céramique n'est pas toujours réaliste. Faut-il favoriser les assiettes compostables ? Comment aidera-t-on les entreprises à négocier le virage ?

On comprend qu'en plus d'enjeux écologiques, la future politique antiplastique comporte sa part d'enjeux économiques. On pense aux résidus de pétrole à commercialiser, mais aussi aux entreprises qui devront payer plus cher pour offrir aux consommateurs des substituts du plastique jetable.

Cela dit, si l'Union européenne est prête à faire le saut, il n'y a pas de raison que le Canada ne le soit pas lui aussi. Et en attendant que le projet fédéral se précise, rien n'empêche le Québec d'amorcer son propre virage antiplastique. Comme l'a fait l'Ontario, qui envisage non seulement d'interdire les plastiques à usage unique sur son territoire, mais aussi de mettre sur pied un système de consigne des bouteilles de plastique.




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