« Parce qu’on déconfine, il y a encore plus de gens qui vont l’avoir, la COVID », a souligné mardi Christian Dubé.

Publié le 9 février

Le constat du ministre de la Santé est implacable.

Ça ne signifie pas que les assouplissements annoncés ne sont pas les bienvenus. Au contraire. Tout le monde veut sortir du tunnel.

Ça signifie cependant qu’obtenir une troisième dose de vaccin, si notre deuxième ne date pas d’hier et si on n’a pas été infecté par le virus récemment, est crucial.

Et peut-être même, dans les circonstances, encore plus qu’auparavant.

À première vue, ça peut sembler contre-intuitif.

Après tout, on vient de nous dire que presque toutes les mesures seront levées d’ici le 14 mars.

La crise sanitaire n’est pourtant pas terminée – les hospitalisations, d’ailleurs, pourraient encore grimper.

Et on aurait tort d’oublier que ces assouplissements sont possibles, justement, en grande partie grâce aux succès de la campagne de vaccination.

Aussi, s’il est vrai qu’à peu près tout le monde a vu des parents et amis infectés par le variant Omicron et que, dans la plupart des cas, les symptômes étaient bénins, il ne faudrait pas non plus oublier que la vaccination y est souvent pour quelque chose.

L’efficacité du vaccin

Une bonne partie du discours du gouvernement, depuis un certain temps, tourne autour de l’idée selon laquelle on assiste graduellement à un transfert de responsabilité : chaque Québécois aura désormais à gérer les risques liés à la COVID-19.

En ce sens, l’outil de gestion de risque le plus efficace pour tout un chacun demeure encore, à ce jour, le vaccin.

« Il va falloir apprendre à vivre avec le virus. Et la meilleure façon, c’est évidemment d’aller chercher ses trois doses », a répété François Legault mardi.

Or, on ne peut pas dire qu’on remarque un véritable engouement, ces jours-ci, pour la troisième dose.

Selon les chiffres que nous avons obtenus, sur les 678 539 rendez-vous disponibles à travers le Québec pour la vaccination au cours des sept prochains jours, seulement 143 920 ont été réservés. On parle ici de 21 %.

Bien sûr, on suppose que bon nombre de Québécois n’utilisent pas ce système et vont préférer se présenter à une des cliniques sans rendez-vous.

On comprend aussi qu’un grand nombre de Québécois ont été infectés depuis les Fêtes. Ils vont donc devoir attendre entre huit et douze semaines avant leur troisième dose (même s’ils peuvent prendre un rendez-vous, à l’avance, dès maintenant).

N’empêche que l’écart ne cesse d’augmenter entre l’offre de vaccins et la demande. Et que le taux de vaccination des Québécois pour la troisième dose semble démontrer qu’il y a encore des gains à faire.

Globalement, environ 3,9 millions de Québécois ont leurs trois doses, soit 48 % de la population (de 5 ans et plus).

Jusqu’ici, ce sont les 60 ans et plus qui ont répondu à l’appel avec le plus d’enthousiasme, puisque 82 % d’entre eux ont déjà eu leur troisième dose.

Tant mieux, ce sont les plus vulnérables.

Des efforts supplémentaires devraient toutefois être déployés rapidement pour faire grimper la vaccination des aînés à domicile, comme le soulignait récemment le docteur Réjean Hébert.

Lisez le texte d’opinion du docteur Réjean Hébert

Il n’est pas interdit de penser qu’on pourrait se rapprocher du taux de couverture vaccinale à deux doses dans cette tranche d’âge, qui est actuellement de 94 %.

Notons par ailleurs qu’il n’y a que 53 % des 40 à 59 ans et 31 % des 18 à 39 ans qui ont retroussé leur manche une troisième fois.

On peut assurément faire mieux.

Appui scientifique

Terminons en précisant que scientifiquement, l’importance de la troisième dose est de plus en plus évidente.

Plusieurs études ont confirmé qu’elle diminue le risque d’être infecté et, encore davantage, le risque de développer une forme grave de la maladie et d’être hospitalisé.

« Après une deuxième dose, lorsqu’on laisse le temps passer, il y a une diminution du taux d’anticorps et de la réponse immunitaire, mais celle-ci est restaurée par une troisième dose », nous explique le docteur Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

Il estime d’ailleurs qu’on devrait désormais « considérer qu’une vaccination complète est une vaccination qui requiert trois doses ».

Alors que les assouplissements vont se multiplier, il serait logique et utile de résumer ce qu’on sait et ce que les experts nous recommandent avec une formule simple : jamais deux (doses) sans trois.

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