Vous vous souvenez quand certains Américains ont tenté de nous faire la leçon au sujet de la vaccination, le mois dernier ?

Alexandre Sirois
Alexandre Sirois La Presse

« Le gâchis vaccinal du Canada », avait titré le magazine The Atlantic.

Et Jake Tapper, un des présentateurs vedettes du réseau CNN, de renchérir en ondes à ce sujet, en dénonçant le gouvernement canadien.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Nous voici désormais, au Canada, à égalité avec les Américains quant au pourcentage de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. On vient de franchir le cap, ici comme là-bas, des 47 %.

C’était l’équivalent de prendre un polaroïd au beau milieu d’un marathon.

Il était trop tôt pour une telle photo.

Trop tôt pour prédire l’issue de la course.

Et trop tôt, assurément, pour diaboliser son voisin.

La preuve, c’est que nous voici désormais, au Canada, à égalité avec les Américains quant au pourcentage de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. On vient de franchir le cap, ici comme là-bas, des 47 %.

Au Québec, c’est encore mieux : la couverture vaccinale vient d’atteindre 51,4 %.

L’idée n’est pas ici de se péter les bretelles. Ni de faire preuve de chauvinisme. Surtout pas.

Tant mieux si la campagne de vaccination américaine connaît d’excellents résultats. La relation entre nos deux pays est telle qu’on a tout avantage à ce qu’ils sortent de la crise le plus vite possible. Il faudra bien pouvoir rouvrir notre frontière un jour !

Mais il est nécessaire de remettre les pendules à l’heure. Et de dire qu’on n’a plus de quoi rougir.

Bon, rendons tout de même à César ce qui appartient à César : les États-Unis demeurent largement en tête quant au pourcentage de secondes doses administrées.

Ils ont aussi, visiblement, une longueur d’avance sur nous quant à la course entre le virus et le vaccin. Le nombre de cas par habitant au quotidien demeure encore plus élevé au Canada.

Mais le pays de l’Oncle Sam n’a pas participé à cette course avec le même bolide que nous. Il bénéficiait d’une capacité de production de vaccins. Un immense avantage !

Aucune usine canadienne n’était en mesure de fabriquer les vaccins à ARN messager, comme ceux de BioNTech-Pfizer et Moderna, quand ils ont commencé à être commercialisés. Et jusqu’ici, pas un seul vaccin contre la COVID-19 n’a été produit au Canada. Nous n’étions pas prêts.

Par ailleurs, si les États-Unis ont fini par consentir à nous fournir des vaccins, ils ont pendant longtemps refusé de les partager avec quiconque.

Dans les circonstances, on ne peut que se féliciter des résultats obtenus aujourd’hui.

On ne peut que se réjouir du fait que la stratégie d’approvisionnement mise de l’avant par Ottawa, après quelques hoquets, ait fini par prendre sa vitesse de croisière. Ottawa avait prévu que le deuxième trimestre serait celui où les vaccins commenceraient à déferler et ce fut le cas.

On ne peut qu’applaudir la stratégie de prioriser la première dose, instaurée par le Québec, et à laquelle le reste du pays a fini par se rallier. C’était un pari risqué, mais il a joué pour beaucoup dans ces résultats.

Enfin, on ne doit pas minimiser l’efficacité de la campagne de vaccination. Là encore, il y a eu quelques hoquets – particulièrement entourant le vaccin d’AstraZeneca. Mais en général, on a mis de l’avant des tactiques – y compris au sujet de cette controverse – qui ont permis de générer à la fois la confiance et l’enthousiasme.

À preuve, ici, on se précipite encore pour se faire vacciner, alors que c’est moins vrai aux États-Unis. Et ce, malgré le fait qu’on y offre toutes sortes de cadeaux pour les encourager, des écrevisses (en Louisiane, bien sûr !), des bières, des billets de loterie, etc.

Il nous reste à espérer que nos voisins trouveront suffisamment de façons de surmonter le désintérêt, les craintes et les doutes d’une part substantielle de leur population.

Et à espérer qu’ici, la campagne ne perdra pas de sitôt son erre d’aller.

Des deux côtés de la frontière, il est encore trop tôt pour crier victoire.

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