Francophones et anglophones diffèrent dans leur réaction à l’épidémie actuelle, révèle un récent sondage.

Agnès Gruda Agnès Gruda
La Presse

Exemple : 68 % des Anglo-Québécois craignent de contracter la COVID-19, contre 47 % des francophones. La moitié des anglophones appréhendent un déconfinement trop rapide, contre 30 % des francophones.

Mercredi, un journaliste a demandé à François Legault comment il expliquait cette disparité. Question légitime – à laquelle ce dernier a répondu en blâmant… les médias anglophones. Plus particulièrement le quotidien Montreal Gazette, qui a « peut-être une part de responsabilité » dans cette divergence d’opinions. Et encore plus particulièrement son journaliste couvrant le secteur de la Santé.

Il ne l’a pas nommé, mais tout le monde a compris qu’il visait l’excellent journaliste Aaron Derfel, à qui on doit, entre autres, les révélations sur le film d’horreur du CHSLD Herron. Rien de joyeux. Mais tout vrai…

François Legault n’est pas le premier politicien à tirer sur le porteur de mauvaises nouvelles. Ici, c’était particulièrement inélégant, puisqu’il visait un média au service d’une minorité.

C’était aussi mal avisé : les craintes des Anglo-Montréalais sont plus que justifiées ! D’ailleurs, 34 % d’entre eux connaissent une personne infectée par le coronavirus, contre 21 % des francophones. Il y a de quoi être inquiet.

Québec a par ailleurs reconnu jeudi que les conditions n’étaient pas réunies à Montréal pour déconfiner sereinement. Or, c’est à Montréal que vivent la majorité des Anglo-Québécois. Ils n’avaient pas besoin d’un journal pour s’inquiéter. Ils n’avaient qu’à regarder autour d’eux.