S’il y a un secteur où l’on s’arrache les cheveux en ce moment, c’est bien l’éducation. Que faire avec tous ces élèves en congé forcé pour des semaines, peut-être des mois ? Des élèves qui pourraient bien ne pas retourner à l’école avant… le début de l’année scolaire prochaine, imaginez !

François Cardinal François Cardinal
La Presse

Le ministre Jean-François Roberge a eu un début de réponse dimanche en annonçant la mise en ligne d’un site contenant des activités d’apprentissage « non obligatoires », mais aussi l’annulation des examens du Ministère. C’était la chose à faire. Mais le ministre aurait pu aller plus loin et déclarer que les élèves passeront automatiquement au niveau suivant, comme l’a fait l’Alberta. Sinon, c’est une épée de Damoclès qu’on suspend au-dessus de la tête de milliers d’élèves en difficulté qui ne sauront pas avant longtemps s’ils ont passé leur année. Ils ne peuvent plus rien faire, mais leur sort est peut-être déjà scellé. Un enseignant pourrait simplement leur annoncer en juin prochain qu’ils devront refaire leur année au complet. En attendant : bonjour l’anxiété !

Plonger des milliers d’enfants dans une telle incertitude est intenable. Déjà, la situation est plus difficile à vivre pour des élèves vulnérables que pour les plus performants, car ces derniers sont plus à même de continuer les apprentissages sans pédagogue. Ajouter l’incertitude d’un redoublement dans pareille situation se révèle donc insoutenable. Bien sûr, faire passer les jeunes automatiquement n’a rien d’idéal. Mais en situation de crise, avouons que rien ne l’est.