S’il y a un passage obligé dans les cours de français au Québec, c’est bien d’étudier Félix Leclerc.

Laura-Julie Perreault Laura-Julie Perreault
La Presse

L’auteur de Moi, mes souliers et son œuvre sont des incontournables depuis sa mort en 1988. Alors hier, quand Le Journal de Montréal a dévoilé qu’un parent fâché avait demandé à une enseignante d’une école du Mile End de ne pas enseigner la chanson Les 100 000 façons de tuer un homme à des enfants de 8 et 9 ans et que celle-ci a accédé à sa demande, la controverse a déboulé aussi vite qu’un couplet de L’alouette en colère.

Rectitude politique, disent les uns. Chanson inappropriée pour des enfants aussi jeunes, disent les autres. À qui donner raison ? Non, 100 000 façons, ce n’est pas une chanson légère. C’est de l’humour noir. Et si on la lit à froid, la chanson semble dénoncer le filet social.

PHOTO FOURNIE PAR LA FONDATION FÉLIX-LECLERC

Félix Leclerc

Mais dans ce débat, on semble évacuer un élément essentiel : l’enseignant. C’est lui (ou elle) qui peut expliquer le concept du deuxième degré aux enfants. Et qui peut camper le contexte politique dans lequel Félix Leclerc a écrit la chanson. On parle ici de la Révolution tranquille, une période de pertes de repères pour beaucoup de travailleurs non éduqués qui trouvaient difficilement leur place sur le marché du travail dans les villes.

C’est l’enseignant qui peut apprendre aux enfants qu’une chanson, aussi rythmée soit-elle, est aussi une tranche d’histoire. Mais dans ce cas-ci, on semble avoir plutôt trouvé 100 000 façons de douter de l’intelligence à la fois de l’enseignant et des élèves.