Elle n’a rien à voir avec l’art, mais l’acrobatie n’en demeure pas moins audacieuse.

Paul Journet Paul Journet
La Presse

Pour sa « mission sociale et poétique » dans l’espace en 2009, Guy Laliberté ne voulait pas payer tout l’impôt dû. Son périple pour aider la société, il le finançait en refusant de faire sa juste part.

C’était sa version de la Fondation Rêves d’enfants : réaliser le sien, puis prétendre qu’il le faisait pour les autres. Pour toute l’humanité, en fait.

Heureusement, la Cour d’appel fédérale a vu les choses autrement.

Sa décision rendue vendredi dernier : ce n’était pas un voyage de philanthropie ni d’affaires. En finançant l’essentiel du coût de 41 816 954 $, le Cirque du Soleil lui a donc consenti un avantage qui doit être imposé.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Guy Laliberté

Si on revient sur l’affaire, c’est parce qu’elle incarne le syndrome du sauveur de certains ultrariches qui utilisent leurs fiscalistes pour réduire leurs impôts, puis convoquent les caméras pour mettre en scène leur générosité.

Cela nous amène à formuler une petite demande spéciale.

Vous avez des millions à donner pour les enfants malades ou la protection de l’eau ? Allez-y, ce serait gentil, on vous encourage. Mais cela ne dispense pas de commencer par le minimum : payer ses impôts.

Et même si cette case est cochée, deux questions demeurent. Est-ce normal qu’une poignée de gens accumulent des milliards pendant que l’argent manque pour financer les CHSLD et les autres services publics ? Et est-ce normal que cette richesse permette de se substituer à l’État pour décider qui mérite une aide ?

La réponse courte : non et non.