L’Impact de Montréal a annoncé en grande pompe jeudi matin l’arrivée de Thierry Henry au poste d’entraîneur-chef. L’enthousiasme a été immédiat. Et pour cause. Son arrivée à Montréal est une bonne nouvelle pour des raisons qui dépassent largement le sport.

Laura-Julie Perreault Laura-Julie Perreault
La Presse

Pour ceux qui aiment le soccer, Thierry Henry n’a pas besoin de présentation.

Ancienne vedette de l’équipe de France (avec laquelle il a remporté la Coupe du monde en 1998), plus grand buteur de l’histoire de l’Arsenal de Londres, le Français de 42 ans est reconnu comme l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du beau jeu.

Sa nomination confirme notamment l’importance que les gestionnaires de l’Impact accordent à l’image francophone de l’équipe.

Tous ceux qui fréquentent à la fois le stade Saputo et le Centre Bell en savent quelque chose. Si le peu de place qu’occupe la langue de Maurice Richard lors des matchs du Canadien a maintes fois été décrié, le français est omniprésent lors de ceux de l’Impact, autant en ce qui concerne le choix des chansons qui retentissent dans le stade que dans les slogans que crient et chantent les ultras. « Go Habs go » fait ici place à « Montréal, allez, allez ». Rafraîchissant.

Le français joue un rôle aussi dans le vestiaire. Thierry Henry prend la place de Rémi Garde, lui aussi français, qui avait lui-même remplacé Mauro Biello, un Montréalais de naissance.

PHOTO ERIC GAILLARD, ARCHIVES REUTERS

Thierry Henry

L’équipe, qui a une fleur de lys comme symbole, compte toujours dans ses rangs des joueurs clés québécois francophones. En 2017, lorsque l’ancien capitaine Patrice Bernier, de Montréal, a pris sa retraite, Samuel Piette, originaire de Repentigny, a rejoint l’équipe. En tout, un tiers des joueurs actuels de l’Impact sont nés dans la province. Chez le Canadien, on peut les compter sur les doigts d’une main.

La place prédominante du français dans le stade ne semble nuire en rien à la composition internationale de l’équipe. Des joueurs américains, latino-américains, européens, africains et canadiens s’y côtoient. Le trilinguisme de Thierry Henry, qui a aussi joué à Barcelone au cours de sa fructueuse carrière, devrait s’avérer bien utile à ce chapitre.

***

Non, l’Impact n’est pas la meilleure équipe de soccer du monde, mais il serait difficile de trouver à Montréal une équipe de sport professionnelle plus représentative de la ville dans laquelle elle évolue – majoritairement francophone, tout en étant diversifiée, branchée sur le monde et comptant plus d’individus trilingues que n’importe quelle ville en Amérique du Nord.

Cette spécificité montréalaise, Thierry Henry semble l’avoir vite compris si on se fie à son annonce sur les réseaux sociaux hier.

« Je suis heureux d’annoncer ma nomination en tant qu’entraîneur-chef de l’Impact. Je suis excité de relever ce défi dans une ville avec autant de diversité culturelle », a-t-il écrit en français et en anglais hier à ses 2,2 millions d’abonnés sur Twitter.

Et c’est là qu’on a pu voir un autre attrait majeur de M. Henry : sa portée. Sur Twitter, l’ancien champion français devenu entraîneur a à lui seul plus d’abonnés que le tricolore. Les grands médias du monde entier ont immédiatement relayé la nouvelle de sa nomination comme ils l’avaient fait après l’arrivée de Didier Drogba au sein de l’Impact en 2015. On imagine que ça ne nuira pas à la vente de billets.

Il ne nous reste qu’à vous souhaiter la bienvenue dans votre nouvelle ville, Monsieur Henry. Vous verrez, elle vous ressemble.