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Êtes-vous d'accord avec l'aide médicale à mourir ?

La ministre Véronique Hivon a déposé cette semaine... (PHOTO IVANOH DEMERS, archives LA PRESSE)

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La ministre Véronique Hivon a déposé cette semaine le projet de loi 52 sur l'aide médicale à mourir.

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Approuvez-vous le projet de loi qui donne le feu vert à l'aide médicale à mourir?

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires

BRAVO À NOS ÉLUS

Cinq jours par semaine depuis 30 ans, je suis en présence de personnes âgées qui, pour la plupart, comptent en moyenne 12 pathologies différentes. Bien que la majorité d'entre elles veulent vivre pleinement, d'autres supplient littéralement la mort de venir les chercher. Ma relation, souvent intime avec ces malades, aura eu pour effet de faire évoluer ma position sur l'aide médicale à mourir. Je suis totalement d'accord avec le fait que la personne atteinte d'une maladie grave et irréversible puisse faire appel à la médecine afin de recevoir des soins palliatifs ou, si tel est son désir, recourir en toute légalité à l'aide médicale afin de mettre un terme à sa vie. Je félicite donc nos élus, tous partis confondus, qui ont contribué à l'élaboration de ce projet de loi empreint d'humanisme et de compassion.  Ce dossier piloté de main de maître par la ministre Véronique Hivon aura suscité passions et discussions tout au long des débats de la Commission mourir dans la dignité. Le débat et les contestations vont certes continuer, mais je crois que la majorité de la population, désireuse de voir se concrétiser cette loi, appuiera nos élus qui ont travaillé consciencieusement et de façon humaine dans ce dossier qui respecte à la fois la vie et la mort.

Raymond Gravel... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Raymond Gravel

Photothèque Le Soleil

Raymond Gravel

Prêtre dans le diocèse de Joliette

UN SUJET DÉLICAT

Nous savons tous qu'un jour, la mort sera au rendez-vous. Pour certains, le passage sera plus difficile que pour d'autres. Plusieurs maladies dégénératives font souffrir, non seulement physiquement, mais aussi psychologiquement, moralement et même spirituellement. Dans ce projet de loi présenté par la ministre Véronique Hivon, il y a un volet super important: celui du droit aux soins palliatifs en fin de vie. Quand on sait qu'au Québec, peu de gens y ont accès, il m'apparaît essentiel que ce droit soit reconnu et qu'on mette en place, le plus rapidement possible, des lieux, des espaces et du personnel soignant, pour accompagner les personnes en fin de vie dans le respect et dans la dignité. Les soins palliatifs soulagent-ils toutes les souffrances des personnes arrivées à l'étape ultime de leur vie? Comme prêtre, dans mon accompagnement des malades en fin de vie, je rencontre des personnes, certaines croyantes, d'autres non, qui vivent ces derniers moments de leur vie de façon tout à fait différente, dépendamment des soins qui leur sont prodigués et de l'accompagnement de leurs proches. Pour la plupart des malades, le soutien de la famille et les soins de qualités sont suffisants pour assurer une fin de vie sans souffrance et dans la dignité. Mais y a-t-il des exceptions? Certaines maladies dégénératives provoquent des souffrances intolérables et une agonie à ce point insupportable que des personnes qui en sont atteintes demandent à mourir. Si la médecine actuelle permet de soulager la souffrance physique, peut-on soulager ces personnes sur le plan psychologique et spirituel dans le respect de leur croyance ou de leur incroyance? Oui! À ce moment-là, j'aime me rappeler ces paroles de Doris Lussier: « Comme saint François d'Assise, la mort, je l'appelle: ma petite soeur. Je l'ai apprivoisée. J'ai même appris à l'aimer. Car je sais qu'un jour, c'est elle qui va me délivrer, quand mon mal de vivre sera plus grand que ma capacité de l'endurer.»

Jean-Pierre Aubry

Économiste et fellow associé au CIRANO

LA PEUR DE DÉRAPAGES

Plusieurs sont opposés à ce projet de loi parce qu'il pourrait ouvrir la porte à de nombreux dérapages. Dans leur propre intérêt, des personnes en profiteraient pour accélérer la mort de personnes dont ils sont responsables. Des personnes temporairement inaptes à prendre des décisions décideraient d'utiliser ce moyen pour mettre fin à leurs jours... Pour ma part, en me basant sur l'expérience de certains pays, je pense qu'il est possible au gouvernement de bien encadrer l'aide à mourir et de limiter fortement les dérapages dans ce domaine. Je pense par contre qu'il y aura beaucoup plus de dérapages qui seront dus aux limites des soins palliatifs et ainsi qu'à leur manque de disponibilité. Pensons-y, nous avons un système public de santé où les files d'attente sont longues et nombreuses, même dans le cas de traitement de maladies qui peuvent entraîner de grandes souffrances et la mort. On a même un système dans lequel le gouvernement accepte que le manque de ressources fasse en sorte qu'on ne puisse même pas répondre à la demande de malades en perte d'autonomie qui ont besoin d'aide pour aller à la salle de toilettes. Au lieu de chercher à bloquer l'adoption d'une telle loi, ne serait-il pas préférable de travailler à améliorer notre système de santé pour faire en sorte que le moins possible de gens choisissent de recourir à l'aide médicale à mourir?

Jean Baillargeon

Expert-conseil en communication stratégique et en gestion d'enjeux

RECONNAISSANCE D'UN NOUVEAU DROIT

La classe politique québécoise mérite pour une fois l'admiration de ses concitoyens. Non seulement le Québec sera-t-il à l'avant-garde au Canada dans la reconnaissance d'un nouveau droit, celui de mourir dans la dignité, mais la démarche de consultation amenant la rédaction du projet de loi 52 sur les soins de fin de vie a été faite dans les règles de l'art du respect des opinions de tous, et ce, sans partisanerie politique. Méfions-nous des marchands de la peur du changement qui s'opposeront à ce projet de loi en dramatisant son contenu, prétendant qu'il s'agit d'une forme d'euthanasie déguisée ou de suicide assistée organisée. Je parie que l'argument de libérer des lits d'hôpitaux ou les coûts reliés au maintien artificiel de la vie suivront un discours démagogique cherchant à effrayer certaines personnes vulnérables. Espérons que la reconnaissance de ce nouveau droit ne sera pas entravée par de longues poursuites judiciaires, comme ce fut le cas dans le débat sur l'avortement ou par une autre querelle de juridiction fédérale-provinciale. Enfin, il ne restera plus pour les citoyens du Québec qu'à se faire reconnaître par l'État le droit d'obtenir une commémoration funéraire civique dans la dignité et le respect. Mais cela est un autre débat qui reviendra en temps et lieu, cette fois avec la loi 83 sur l'encadrement des activités funéraires.

Adrien Pouliot... (Photo d'archives) - image 6.0

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Adrien Pouliot

Photo d'archives

Adrien Pouliot

Chef du Parti conservateur du Québec et président et chef de direction de Draco Capital 

MON CORPS M'APPARTIENT

Mon corps m'appartient et j'en suis responsable. Si, pour des raisons religieuses ou autres, vous ne voulez pas obtenir de l'aide médicale à mourir, c'est votre affaire. Ça ne regarde que vous. Mais cela ne vous donne pas le droit de décider pour moi si je peux ou non me prévaloir de ce droit. Si, par contre, je n'ai pas d'objections de conscience et que je veux mettre fin à mes souffrances dans des circonstances bien précises et bien balisées et que mon consentement éclairé est exprimé sans équivoque, alors que je suis sain d'esprit, le médecin traitant ne devrait pas être traduit en justice pour avoir exaucé mon souhait. Il en reviendra à moi de m'expliquer à mon Créateur le temps venu. Craindre des abus hypothétiques ou un possible élargissement de la loi dans l'avenir ne justifie pas de restreindre aujourd'hui mon droit de décider mon sort.




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