Professeur de philosophie au collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse.

LA PRESSE

Guy Ferland

Professeur de philosophie au collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse.

QUITTE OU DOUBLE

Quand on a vu plus de très près 150 policiers de l'antiémeute armés jusqu'aux dents pour ouvrir un cégep sous injonction charger une centaine d'étudiants masqués de foulards scandant «Restons pacifiques!», on peut sérieusement se demander si une loi spéciale parviendra à éteindre la rage et la colère des manifestants. Les cicatrices physiques et psychologiques que porteront encore longtemps les témoins des récentes scènes de violence ne s'effaceront pas en deux mois. Tout au plus, elles se dissiperont tout en restant indélébiles. Le gouvernement est pris entre, d'une part, ses engagements fermes de hausses des droits de scolarité ainsi que son refus d'un moratoire et, d'autre part, les conséquences violentes de ces décisions ébranlant les temples du savoir où le calme et la sérénité devraient régner. Pour ramener la paix sociale et contrer les actes de violence, Jean Charest propose une pause. Le pari est très risqué. Qui dit que ce report ne mettra pas le feu aux poudres? Le gouvernement croit que le mouvement étudiant s'essoufflera pendant l'été, que les esprits vont se calmer et que les cours reprendront normalement. Toutefois, la meilleure solution du point de vue d'un enseignant expérimenté reste le moratoire et les États généraux.

Guy Ferland

Pierre Simard

Professeur à l'ÉNAP à Québec.

LES DANGERS D'UNE LOI SPÉCIALE


Une suspension du trimestre est sans doute une sage décision. Elle devrait permettre, du moins à court terme, de mettre fin aux affrontements entre manifestants et policiers aux abords des institutions d'enseignement. Par contre, l'idée d'une loi spéciale pour empêcher les étudiants de bloquer l'accès aux cégeps et aux universités me laisse songeur. Pourquoi doit-on adopter une loi spéciale pour faire respecter la loi existante? Pour rendre la loi actuelle plus efficace? Peut-être! Je crois en une société de droit où le rôle légitime de l'État est la protection des libertés individuelles. La liberté ne peut exister en absence de loi pour protéger l'individu contre la coercition d'autrui. Toutefois, il ne faudrait pas qu'une loi spéciale, venant se superposer à la loi existante, accorde des privilèges ou en enlève à quiconque. Dans un État de droit, tous sont censés être égaux devant la loi. Aucun individu ou groupe d'individus ne devrait acquérir de nouveaux privilèges ou s'en faire enlever par une loi spéciale. Or, une loi spéciale qui, par définition, s'applique à un groupe en particulier, est nécessairement discriminatoire. D'où mon enthousiasme prudent...

Pierre Simard

Daniel Landry

Professeur de sociologie au Collège Laflèche, à Trois-Rivières.

TRISTE JOUR

Depuis le mois de mars, je me réjouis du dynamisme d'un mouvement étudiant inspirant. De ses remises en question de la société marchande. De sa mobilisation exemplaire. De ses leaders éloquents. De leurs propositions originales (notamment de tenir des États généraux sur l'éducation). Pourtant, aujourd'hui, je m'attriste. Je m'attriste de constater que pour plusieurs, les débats d'idées n'ont plus leur place au Québec. Qu'une partie importante de la population soutienne inconditionnellement le gouvernement le plus corrompu depuis Duplessis. Que mon premier ministre soit dépassé au point de ne plus reconnaître la légitimité de la société civile. Que ses ministres Bachand, Beauchamp, et maintenant Courchesne, aient cette attitude paternaliste et insolente à l'égard d'étudiants qui s'expriment pourtant mieux qu'eux-mêmes. Je m'attriste devant des propos (de journalistes ou de citoyens) réducteurs, simplistes, populistes et parfois haineux à l'endroit de l'ensemble des étudiants en grève. Je m'attriste de la manipulation électoraliste du débat (au gouvernement tout autant qu'à l'opposition). Enfin, je m'attriste qu'une loi spéciale puisse être, aux yeux de plusieurs, une solution plus crédible que la négociation. Triste jour.

Daniel Landry

Michel Kelly-Gagnon

PDG de l'Institut économique de Montréal, il s'exprime à titre personnel.

LE RESPECT DES DROITS ET LIBERTÉS

Il n'y a pas de «meilleure solution» pour dénouer la crise actuelle dans la mesure où certains manifestants sont déterminés à ne pas respecter les droits et libertés de ceux qui ne partagent pas leur point de vue. Par exemple, la liberté de circuler librement ou encore la liberté de parole. Leurs tactiques sont pour l'essentiel fondées sur l'intimidation et la menace. De plus, ces gens-là ne respectent pas les lois et règlements ou encore les ordonnances des tribunaux. Dans ce contexte, le mérite de cette loi spéciale n'est pas tant qu'elle va nécessairement «dénouer la crise» à court terme, mais plutôt de s'assurer que les droits et libertés des étudiants qui souhaitent retourner pacifiquement en classe soient enfin respectés. Cette loi répond à une question de principe et non pas à des considérations tactiques ou pragmatiques. Il ne s'agit pas ici de forcer qui que ce soit à retourner en classe, mais bien de permettre à ceux qui le souhaitent de pouvoir s'y rendre sans avoir à subir des menaces et de l'intimidation. Ce qui est en cause dans toute cette affaire va bien au-delà d'un débat autour d'une hausse de 50 cents par jour des droits de scolarité, mais concerne l'avenir même de notre démocratie.

Michel Kelly-Gagnon

Jean Gouin

Directeur général de la Fédération des médecins résidents du Québec.

SE DONNER BONNE CONSCIENCE

Dénouer une crise en faisant adopter une loi spéciale n'est certes pas la meilleure des solutions. On risque la radicalisation. Plus de 70% des étudiants de tous les niveaux ont complété leur programme, les autres pourraient perdre leur trimestre. Ce sera leur choix. Dans la vie, il y a des conséquences aux gestes que l'on fait et les étudiants et les casseurs qui s'infiltrent dans ces groupes le savent. Je ne crois pas que cette crise sur la hausse des droits de scolarité, qui s'est mutée en crise de confiance envers le gouvernement Charest, va se résorber. Comme société, on pourra toujours s'appuyer sur la loi spéciale pour se donner bonne conscience, mais les braises continueront de brûler. Le malaise est beaucoup plus profond. Les jeunes se sentent comme les oubliés de notre société et, à certains égards, ils n'ont pas tout à fait tort. On a laissé pourrir le présent conflit, croyant qu'il y aurait essoufflement. Il aurait été opportun avant de déposer et de faire adopter une loi spéciale que le premier ministre rencontre les principaux dirigeants. Un tel face-à-face aurait peut-être d'éviter la loi spéciale. Un refus de les rencontrer équivaut à dire aux étudiants: trop tard, les carottes sont cuites.

Jean Gouin

Adrien Pouliot

Président de Draco Capital Inc., société d'investissement privée.

UNE SAGE DÉCISION

L'objectif de cette loi spéciale n'est pas de dénouer la «crise» étudiante. Seuls les étudiants peuvent décider de cesser leur «crise». Mais puisque les vraies raisons de leurs gestes s'apparentent plus à celles invoquées par le mouvement Occupons Montréal, les rouges suivront éventuellement la voie des indignés - ils finiront par rentrer chez eux, quitte à tenter peut-être la voie démocratique des élections pour faire valoir leurs doléances sur le capitalisme, les profits des grandes banques et des méchantes pétrolières, la «distribution» inéquitable de la richesse, etc. Par contre, la loi règle deux problèmes immédiats: elle élimine l'incertitude sur le sort du trimestre des boycotteux et trace la voie pour la suite. Et, surtout, elle évite aux verts d'avoir à prendre des recours massifs en injonction pour avoir le simple droit de suivre les cours pour lesquels ils ont payé. Il faut saluer la sage décision du premier ministre de faire primer les droits individuels des verts sur la tyrannie de la «majorité», sur la violence et sur l'intimidation et de faire respecter la primauté du droit et de nos institutions démocratiques sans empêcher les boycotteux d'exercer leur liberté individuelle d'expression et de manifestation pacifique.

Adrien Pouliot

Philippe Faucher

Professeur au département de science politique et chercheur associé au Centre d'études et recherches internationales de l'Université de Montréal (cerium.ca).



APAISEMENT



Le débat s'enlise parce qu'il n'a pas d'issue. Spécialistes des accommodements et du compromis, nous ne savons pas gérer l'irréconciliable. Comment convaincre les carrés rouges de descendre des hauteurs morales où ils se cantonnent au nom d'une vie meilleure ? Comment un gouvernement pourrait-il faire preuve de plus de clémence, alors que les pyromanes se sont emparés de la nuit? L'initiative annoncée doit être comprise comme une mesure d'apaisement de la crise étudiante. On y verra un bâillon alors qu'il ne s'agit que d'une pause. La proposition de loi spéciale, bien que le mot soit désormais trop chargé, constitue dans les faits un moratoire, dont la durée est fixée à trois mois. Le calme revenu, toutes les consultations pourront se poursuivre, si possible, loin des micros. Je constate le souci des autorités qui cherchent, en tentant de sauver le trimestre, de réduire, au bénéfice des instigateurs, le coût de l'affrontement. Le message aux étudiants est clair : il faut avoir confiance, l'État n'est pas votre ennemi.

Philippe Faucher

Denis Boucher

Associé au sein d'un cabinet de relations publiques.



IL FALLAIT AGIR



Tous seront certainement d'avis qu'il fallait agir. Il est aussi certain que l'action prise ne plaira pas à tous. Le gouvernement est toutefois pleinement en droit d'exercer le pouvoir puisque la population lui a donné le mandat de gouverner. Celui-ci a choisi de tenir son bout tout en essayant de sauver le trimestre des étudiants. Ce n'est pas mal, considérant qu'ils auraient pu tout perdre si le gouvernement avait décidé d'annuler le trimestre, de préserver la hausse des droits et de ramener l'étalement de celle-ci à cinq ans. Encore une fois, si des gens n'aiment cette façon de gouverner, ils pourront s'exprimer lors des prochaines élections plutôt que de lancer des boules de billard, fracasser des vitrines ou se promener en bobettes. C'est une manière moins spectaculaire, j'en conviens, mais elle est celle que la majorité d'entre nous utilise pour nous faire entendre. On peut espérer entretemps que les esprits se refroidissent un peu. Ce qui me tracasse est à savoir ce qui se passera avec tous ces étudiants qui n'ont pas fait l'école buissonnière ou qui, comme les étudiants en droit de l'UQAM, avaient décidé de retourner en classe.

Denis Boucher

Gaétan Frigon

Président exécutif de Publipage inc., ex-PDG de la SAQ et de Loto-Québec.



PRÉFÉRABLE À LA DICTATURE ÉTUDIANTE



C'est loin d'être la meilleure des solutions, mais c'est également loin d'être la pire des solutions. Il s'agissait en fait de trouver une solution à un conflit qui a été mal géré de part et d'autre, d'une part, par des organisations étudiantes inflexibles et, d'autre part, par un gouvernement dont l'idée était faite depuis le tout début. Mais comme nous vivons dans une société de droit, il appartient au gouvernement dûment élu de prendre les mesures qu'il croit nécessaires pour mettre fin à un tel conflit, que ces mesures soient populaires ou non, ou encore, qu'elles soient acceptables ou non par les étudiants. Considérant tout ce qui s'est passé et tout ce qui s'est dit sur ce conflit, incluant les bourdes de part et d'autre, je préfère une solution impopulaire par un gouvernement impopulaire à une dictature étudiante.

Gaétan Frigon

Marc Simard

Professeur d'histoire au Collège François-Xavier-Garneau à Québec.



UN MAL NÉCESSAIRE



La plupart des gens détestent voir le gouvernement mettre fin à un conflit par une loi spéciale. Ce procédé laisse toujours un goût amer provenant d'une présomption d'injustice et de déni des droits d'au moins une des parties. Les quelques milliers d'étudiants et leurs alliés syndicaux et communautaires qui ont malmené la paix sociale à Montréal et ont résisté aux injonctions des tribunaux devaient pourtant se douter que ce festival anarchiste ne pouvait pas être toléré éternellement. En l'espèce, les choix offerts au premier ministre Charest n'étaient pas très nombreux. L'entente signée par les leaders étudiants il y a quelques jours ayant été honteusement reniée par ceux-ci et rejetée par leurs commettants, la voie de la négociation semblait fermée. D'autant que ces trois leaders avaient terni leur propre crédibilité par leurs propositions absurdes, qui constituaient une attaque frontale contre la qualité de l'éducation : sabrer le budget des universités (Desjardins); couper dans les fonds alloués à la recherche (Nadeau-Dubois); et réduire le nombre de jours requis pour reprendre les trimestres dans les cégeps (Bureau-Blouin). Un moratoire? Celui-ci aurait été interprété comme une victoire totale par les «grévistes» minoritaires, au grand dam de la majorité favorable à la hausse. Sans compter que les vertueux «momos» font tous partie de la coalition des adversaires acharnés des libéraux. Laisser le conflit s'éterniser aurait été interprété comme un acte de pur cynisme de la part du gouvernement et aurait mécontenté les principales victimes du désordre, les commerçants et les citoyens de l'île de Montréal et les étudiants qui souhaitent retourner en classe. La suspension n'est pas un remède parfait, mais une solution raisonnable. Elle garantit entre autres aux étudiants victimes de ce conflit absurde qu'ils ne seront pas sacrifiés sur l'autel de l'intransigeance idéologique dressé par les partisans du gel ou de la gratuité. Il reste à espérer que la majorité des étudiants le comprendront. Quant aux jusqu'au-boutistes, ce sont les tribunaux, hélas, qui leur feront entendre raison.

Marc Simard

Jana Havrankova

Médecin endocrinologue



UNE LOI SPÉCIALE, ET APRÈS?



Suspendre le trimestre et le reporter à plus tard ne fait que pelleter le problème en avant tout en risquant de radicaliser certains contestataires. Par ailleurs, quels moyens le gouvernement compte-t-il prendre pour empêcher les manifestants de bloquer les entrées des établissements d'enseignement? La police? L'armée? Le gouvernement reste muet là-dessus. Mais puisque le gouvernement a décidé de procéder de cette manière - contestable -, il devrait au moins profiter de cette pause pour mettre sur pied un comité de sages. Un comité non partisan qui examinerait le financement des universités et pourrait possiblement trouver des solutions pour réduire l'augmentation des droits de scolarité. Aucun groupe de citoyens n'accepterait une hausse du tarif d'un service public de 75 % en cinq ans. Si une telle hausse des tarifs d'Hydro-Québec était décrétée, nous descendrions tous dans la rue. Cela dit, ce n'est pas aux étudiants de décider unilatéralement combien ils devraient payer. Le gouvernement et les étudiants auront besoin d'une aide extérieure aussi apolitique que possible pour sortir des coins où ils se sont peinturés. Sinon, ils rejoueront dans le même film à l'automne. Une loi spéciale ne garantit en rien la paix sociale.

Jana Havrankova

Caroline Moreno

Écrivain et comédienne



LE PARAVENT LIBÉRAL



Le gouvernement a choisi de ne pas négocier et de recourir à la force, ce qui donne au Québec des allures d'État policier. Pourquoi s'en prendre de la sorte aux étudiants ? S'agit-il d'une stratégie de diversion de la part de Jean Charest ? Car, tandis que le premier ministre, avec la complicité de certains médias, réussit le tour de force de discréditer les étudiants, les scandales libéraux ne font plus guère les manchettes. Qui se souvient de la perte de 40 milliards de dollars de la Caisse de  dépôt et placement ? Des nominations partisanes de juges et de dirigeants d'entreprise ? Du Suroît ? Du mont Orford ? Des panneaux routiers ? De l'attribution de places en garderie ? De l'anglicisation de l'État ? Des accommodements religieux ? De la vente de l'île d'Anticosti ? À la veille de la fête des Patriotes, l'appel à la résistance doit être entendu. Ce gouvernement doit être défait.

Caroline Moreno

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires

PAS DE SOLUTION IDÉALE



La loi spéciale du gouvernement Charest n'est certes pas la solution idéale. Mais force est d'admettre qu'une fois les négociations rompues, le gouvernement devait agir. J'aurais préféré que les parties en viennent à une solution négociée acceptée par tous. Cette loi avant même son dépôt est contestée par les associations étudiantes qui prévoient une escalade de la violence dans leurs rangs. Les leaders étudiants devraient plutôt tenter, durant la pause estivale incluse dans cette loi, de proposer d'autres alternatives et aménagements à la hausse des droits de scolarité. Comme je l'ai déjà mentionné, le premier ministre et de surcroît ministre de la Jeunesse, Jean Charest devrait aussi s'impliquer personnellement en convoquant les porte-parole des étudiants à de futurs pourparlers. Cela afin de démontrer l'importance qu'ont les jeunes et futurs leaders de notre société à ses yeux. Sans quoi le risque d'avoir un automne chaud est grand. Les jeunes contestataires, bien que minoritaires semblent être des plus déterminés et défieront probablement cette loi. Après tout, n'ont-ils pas agi à leur guise malgré les nombreuses injonctions?

Jean Bottari

Nestor Turcotte

Retraité de l'enseignement collégial



LE CRACHAT AU VISAGE



La loi spéciale met «le feu aux poudres» selon Gabriel Nadeau-Dubois. Le porte-parole de la CLASSE (c'est sans doute «son opinion personnelle» puisqu'il n'a pas consulté ses membres dont il est toujours le porte-parole) affirme qu'il ne peut rien faire «pour calmer ses membres». Il sait cela sans les consulter. Il ajoute : «Tout ce qu'on pourrait faire pour calmer les étudiants est inutile. On n'encourage jamais la violence. Mais toutes ces belles positions ne valent rien à partir de maintenant parce que ce que le gouvernement a fait est beaucoup plus fort que n'importe quel appel au calme que l'on pourrait faire.» Selon Martine Desjardins, «le gouvernement, avec sa loi spéciale, vient de mettre «un fossé» important entre lui et la jeunesse du Québec. Nadeau-Dubois ajoute enfin : «Le gouvernement a craché au visage d'une génération.» La loi spéciale règle une chose : ceux qui voudront suivre leurs cours le pourront. Cependant, je suis médusé devant les propos de Gabriel Nadeau-Dubois. Les mots sont violents. Diviseurs. Hargneux. Les vieux de l'autre génération sont d'un bord, selon lui, avec tous les torts, les jeunes, de l'autre côté, sont sans torts. Le fossé est creux. Mais pas assez creux pour demander au vieux, de l'autre bord, de tout payer pour la génération revendicatrice de l'autre bord. Nadeau-Dubois dit ne plus contrôler ses membres. Un chef qui ne contrôle pas ses troupes doit démissionner.

Nestor Turcotte