Depuis la démission du DHoracio Arruda, de nombreux lecteurs ont tenu à lui rendre hommage et à le remercier pour son travail. Voici un aperçu des courriels reçus ces derniers jours.

Publié le 13 janvier

Vous avez tenu le fort

M. Arruda, un mot de remerciement à vous pour ces 22 mois consacrés aux Québécois. Vous savez, je ne suis pas surprise de votre départ cette semaine. Ce qui me surprend, c’est que vous ayez tenu le fort pendant ces longs 22 mois. Ce fut un travail presque inhumain, du sept jours sur sept, pour arriver en janvier 2022 avec cette situation catastrophique. Alors, je vous remercie d’avoir partagé vos connaissances avec nous tous, merci pour votre dévouement, votre empathie et votre spontanéité. Vous êtes entré malgré vous dans ce « moule » médiatique infernal. Et votre tempérament et vos tâches habituelles ne vous avaient pas préparé à ce cirque ! Merci à vous, je vous souhaite un avenir à la mesure de vos connaissances et de votre expérience, vous conservez la gratitude de beaucoup, beaucoup de Québécois.

Angélina Lagacé, Rougemont

Laissons-les travailler

La Direction nationale de santé publique est essentielle. Laissons-les travailler. Ils nous ont prouvé depuis longtemps leur rôle dans notre société et aussi leur dévouement. Merci, Docteur Arruda.

Jules Ostiguy

Rassurant, inspirant

Merci au DArruda pour son dévouement dans le cadre de la pandémie. Il a été rassurant, réconfortant, parfois cocasse et inspirant, et c’est ce dont nous avions besoin. Les dernières semaines ont été plus difficiles pour lui et les autorités. Il souffrait sans doute de sa perte de crédibilité auprès de la population, en plus des critiques qui s’élevaient de toutes parts émanant d’experts, de chroniqueurs et d’autres personnes crédibles. Sa lettre de démission expliquant sa décision permet de mesurer la grandeur de cet homme, son dévouement pour la cause et son humilité à reconnaître que quelqu’un d’autre pouvait probablement faire mieux que lui à ce stade-ci. Bravo et merci encore au DArruda pour l’ensemble de son œuvre et bon succès dans la poursuite de sa carrière, loin des feux de la rampe.

Réal Bilodeau

Précieux conseils

Nous avons suivi les recommandations du Dr Arruda et nous n’avons pas eu la COVID-19. Et en plus, notre moral est bon, car il nous a encouragés à tirer parti de la situation en étant actifs et en se découvrant de nouveaux talents. Merci, Docteur Arruda, et j’espère que vous pourrez prendre un repos bien mérité.

Claudette Dagenais

De la pression

J’aimerais remercier sincèrement le DArruda pour son implication professionnelle depuis le début de cette pandémie. Il a eu à gérer la pression politique du gouvernement québécois.

Marc Trudeau, Saint-Lin–Laurentides

N’oublions pas son dévouement

La crise de toutes les craintes, de toutes les incertitudes, cette première vague, c’est vous qui nous y avez guidés. Vous avez su être à la fois rassurant, amusant aussi face à un phénomène que nous ne connaissions pas, très anxiogène. Votre dévouement ne doit jamais être oublié. Vos connaissances seront mieux utilisées loin de la sphère publique, là où se tiennent tous ceux qui prétendent en savoir beaucoup plus que vous. Nous tenons à vous dire simplement merci !

Thérèse et Réal Sarault

Naviguer à vue

J’ai beaucoup de difficulté avec les gérants d’estrade, ceux qui font des analyses sans avoir toutes les informations. Gérer et naviguer pendant 22 mois sans avoir de sextant a assurément demandé beaucoup. Merci, Docteur Arruda, de votre dévouement constant et de votre grande disponibilité. Travailler avec les journalistes et le public constamment demande beaucoup.

Diane Lapointe

On se souvient

Je comprends la décision du DArruda de partir et la respecte. Je comprends aussi que son travail pouvait facilement être critiqué, mais je pense sincèrement qu’il a effectué un travail important au cours des deux dernières années. Sérieusement, personne n’aurait voulu être à sa place : pression interne et pression politique, devant les médias quotidiennement, faire face aux médias qui remettent sans cesse en doute ses recommandations… Je lui souhaite simplement du repos. J’espère qu’il va bien et je le remercie pour le travail réalisé depuis le début de la pandémie. On se souvient qu’il faut aplatir la courbe… et faire de bonnes tartelettes ! Merci, Horacio Arruda, et bonne continuité.

Christian Schryburt

PHOTO FOURNIE PAR MICHELLE HOUDE

La Dre Michelle Houde et le DHoracio Arruda

Ce legs qu’on comprendra un jour

Moi, je le comprends déjà. J’ai eu la chance de rencontrer le Docteur Horacio Arruda pour la première fois à Washington en 2017, alors qu’il faisait partie de la délégation canadienne à la conférence sanitaire de l’Organisation panaméricaine de la santé, et moi de celle de la Fédération internationale des étudiants en médecine. Il m’a tout de suite marquée par sa chaleur humaine, à travers tous ces acteurs politiques intimidants pour une étudiante de 23 ans. J’étais la seule jeune Québécoise présente, et il semblait fier de me présenter cet environnement qu’il aimait tant. Lorsque je l’ai revu en 2018 et 2019 à Genève, dans le cadre de l’Assemblée mondiale de la santé, il a accouru vers moi pour me saluer, pour me faire sentir à ma place. Il a toujours agréablement détonné par sa chaleur humaine et son énergie contagieuse, même en contextes quelque peu hostiles.

Je n’ai donc pas été surprise de le voir s’adresser à la population comme la personne expressive et passionnée que j’avais connue. J’étais depuis devenue résidente en santé publique et médecine préventive, et je trouvais qu’il faisait honneur à la profession : dévoué, appliqué, scientifique, artistique, brillant et coloré… Bref, un humain exceptionnel au moment où nous en avions tellement besoin, moi la première. Car il faut dire qu’à ce moment, mon choix de carrière ne faisait pas fureur dans mon entourage, dont la principale préoccupation était de savoir dans quel hôpital j’allais travailler. Mais ça, c’était avant qu’il n’arrive au petit écran.

En pleine première vague, je lui ai écrit, sans attentes, pour lui mentionner que son travail de gestion de crise me semblait fascinant. À ma grande surprise, il m’a répondu quelques semaines plus tard pour m’accueillir dans son bureau, preuve ultime de son désir d’aider. Il m’a d’ailleurs présentée au premier ministre, lors de ma première journée de stage, en disant fièrement : « Elle, elle est résidente en santé publique, comme moi j’ai été. »

Je ne peux commenter les décisions scientifiques de la Direction nationale de santé publique, ou la position qu’occupait le DArruda au sein de l’équipe de gestion de crise, mais je peux témoigner du dévouement qu’il avait pour protéger la santé de tous les Québécois. Je veux rendre hommage à celui qui m’a pris sous son aile et qui m’inspire à poursuivre mes rêves tout en restant moi-même : passionnée et colorée.

DArruda, quand je serai grande, je veux être comme vous. Pas comme ce qu’on voulait parfois que vous soyez ; comme vous. Merci d’avoir montré à la population que les travailleurs de la santé publique sont des gens humains, sensibles et dévoués. Je sais que l’avenir vous réserve de grandes choses : brillantes et colorées.

Votre amie et fière future collègue,

Michelle Houde, médecin résidente en santé publique et médecine préventive