Alors que la vaccination et le déconfinement s’accélèrent, comment devrions-nous préparer la relance post-COVID-19 ? L’environnement, l’économie, la santé… les lecteurs y vont de leurs suggestions pour une relance réussie. Voici un aperçu des courriels reçus à notre appel à tous.

Publié le 20 mars 2021

Une occasion en or pour l’écologie

Il faudra assurément procéder à une importante relance économique qui servira de tremplin à toutes sortes de secteurs inter reliés. Il faudra aussi s’occuper sérieusement de la santé mentale de la population et offrir des programmes concrets et accessibles en ce sens. Nous avons toutefois une occasion unique de bonifier nos programmes environnementaux et il faut saisir cette opportunité. De nombreux domaines polluants ont inévitablement tourné au ralenti pendant cette pandémie et, conséquemment, la pollution en a été grandement réduite. Ce sera le moment idéal de réglementer davantage, d’instaurer des politiques pollueurs-payeurs, de mettre de l’avant de façon plus significative l’électrification des transports, de favoriser les énergies propres, bref de procéder à des changements véritables au niveau écologique. Il est grand temps d’agir audacieusement ; la planète nous implore !

Sophie Tougas, Bedford

Ouverts sur l’avenir et l’innovation

Il faut relancer le Québec dans un vent d’énergie positive en mobilisant les Québécois dans différents chantiers de relance associés aux principaux secteurs touchés ou visés : santé, éducation, environnement, économie et autres. Des équipes multidisciplinaires qui regrouperont non seulement des experts, mais aussi des citoyens ordinaires, des représentants de toutes les générations. On doit bâtir le Québec de demain, pas en grattant les bobos et en cherchant des coupables, mais en étant ouverts sur l’avenir et l’innovation. Il y a des aînés qui ont des expériences à partager autant que des adolescents qui ont des souhaits pour la société qu’ils veulent.

Yvon Savaria

Revaloriser les bâtiments

La situation que nous vivons actuellement a encore davantage souligné le besoin de revaloriser les bâtiments comme espace de travail et de vie, vitrine pour les commerces et produits locaux et espaces de culture pour un public plus « local ». Nous le savons, la pandémie a accentué le taux de vacance immobilière. Les bâtiments et espaces délaissés sont pourtant des ressources non négligeables qui peuvent connaître une nouvelle vie et être réhabilitées à travers des projets temporaires et transitoires.

L’exemple du projet pilote Courtepointe à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, qui est un hub entrepreneurial transitoire, nous le prouve. En effet, il permet à des commerçants de tester leur modèle d’affaires et leur marché dans une phase temporaire en louant un espace à un prix abordable, et ce, en pleine période de pandémie.

Que ce soit par l’implantation de boutiques éphémères, l’installation d’une exposition en vitrine ou l’aménagement d’un espace de travail partagé temporaire, l’occupation transitoire permet de réduire significativement les impacts de la vacance sur le tissu urbain et comporte plusieurs avantages dont : le renforcement d’un écosystème économique, social et culturel, l’occupation rapide et la flexibilité au niveau des ententes de location, la réduction du vandalisme et la diminution des risques d’incendie. Une approche immobilière favorisant le développement économique, social et culturel d’un quartier qui est non négligeable dans les efforts de relance post-COVID-19 !

Marie-Josée Vaillancourt, conseillère en urbanisme

S’attaquer à la bureaucratie

La relance au Québec, et ce, dans tous les domaines confondus, ne sera possible et réussie à la seule condition que le gouvernement s’attaque au mur infranchissable de la bureaucratie. Depuis le début de cette pandémie, nombre d’individus, d’entreprises et d’organisations ont tenté des projets innovants pour finalement frapper ce mur de fonctionnaires tatillons. Combien de PME se résignent même à ne pas demander l’aide annoncée devant la montagne de paperasserie ? Combien d’initiatives sociales se butent à la « norme du Ministère » ? Malgré toutes les bonnes intentions, la motivation ne peut que s’effondrer devant une lettre impersonnelle demandant « des informations supplémentaires afin de poursuivre l’examen de votre demande » après trois mois d’attente. C’est à la bureaucratie qu’il faut d’abord et avant tout s’attaquer pour guérir !

Martin Lamarche

Il faut que ça grouille

Ramener les travailleurs au centre-ville de Montréal afin de favoriser les commerçants, qui ont trop souffert de cette pandémie. Ça fait un an de misère qu’ils vivent. Ça leur prend de l’air frais. Permettre les festivals serait une bien bonne nouvelle. Il faut que ça grouille et le plus tôt possible. Organiser la Saint-Jean avec un gros party pourrait donner le ton. Il ne faut pas attendre que toute la population soit vaccinée. Une fois les 65 ans et plus vaccinés, allons-y fortement.

Serge Leduc, Pincourt

Une grande fête partout au Québec

Il faudrait organiser une grande fête partout au Québec. Comme ouvrir les musées pendant quelques jours ; donner l’accès aux grands théâtres aux gens qui n’ont pas les moyens en temps normal ; plusieurs spectacles musicaux en région avec des artistes de la relève ; des concerts de nos grands orchestres ouvert à tous, etc. Comme ce sont les entreprises culturelles qui ont souffert le plus, il faut que ce secteur très important fasse partie de la relance.

Dany Gravel, Chicoutimi

Miser sur la santé

La pandémie a montré la fragilité de notre système de santé, lui-même fragilisé par notre état de santé. Le chantier post-pandémie à mettre en œuvre : d’abord remettre notre population le plus en santé possible. Un chantier axé sur la prévention et non les soins, sur la santé et non la maladie. Un chantier considérable, pas payant politiquement, mais beaucoup plus large que le business de la maladie. Quand l’État y met presque 50 % de son budget, on n’a plus vraiment le choix !

Jean-Jacques Roussel, Québec

À quelque chose, malheur est bon

La COVID-19 a bousculé l’humanité tout entière. Elle a pris des vies, provoqué des souffrances, fermé les frontières, isolé les plus fragiles, confiné les enfants, mis à mal les finances publiques, apeuré les plus craintifs, réduit nos liens sociaux, contraint à la faillite, restreint nos libertés. Somme toute, une calamité que nous n’oublierons jamais.

Parce qu’elle est une menace à nos vies, à notre santé, à nos institutions et à notre qualité de vie, la COVID-19 nous a obligés à changer, à nous outiller et à nous transformer. Ce qui me faisait dire à une certaine époque : Ça va mal… tant mieux !

La pandémie a été un formidable accélérateur du changement. Les technologies, notamment, nous ont offert des alternatives que nous n’avions jamais véritablement explorées. Pour contrer la menace, de nouvelles solutions se sont mises en place, provoquant une remise en question de nos déplacements, de nos lieux de résidence, de nos modes de relations interpersonnelles, de notre organisation du travail et de nos modes de leadership.

Avant de retourner à l’avant-COVID, assurons-nous de bien identifier ce changement individuel ou organisationnel et d’en conserver tout le positif.

— Pierre Rhéaume