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De bonnes nouvelles

La Norvège a lancé un programme de un... (Photo: AP)

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La Norvège a lancé un programme de un milliard de dolalrs, en association avec le Brésil, incitant les communautés pauvres d'Amazonie à mettre un terme à la déforestation galopante.

Photo: AP

Jeffrey D. Sachs
La Presse

À une époque où les unes des journaux n'évoquent que crises financières et violences, il est particulièrement important de reconnaître la créativité dont font preuve de nombreux gouvernements pour combattre la pauvreté, la maladie et la faim. Il ne s'agit pas de nous remonter le moral, mais plutôt de nous mesurer à l'une des plus graves menaces du monde: un pessimisme généralisé qui pousse à croire que les problèmes actuels sont trop graves pour être résolus. L'analyse des succès nous fournit les connaissances et la confiance nécessaires pour intensifier nos efforts communs tendant à résoudre les grands défis mondiaux d'aujourd'hui.

Chapeau bas, tout d'abord, au Mexique pour avoir lancé l'idée de «transferts conditionnels en espèces» aux ménages pauvres. Ces transferts encouragent les familles à investir dans la santé, l'alimentation et l'éducation de leurs enfants. Le «Programme opportunités» mexicain, dirigé par le président Felipe Calderón, est aujourd'hui largement imité dans toute l'Amérique latine.

 

La Norvège, sous l'égide du premier ministre Jens Stoltenberg, conserve sa tradition de leadership social et environnemental créatif. Le gouvernement a organisé une alliance mondiale pour lutter contre la mort maternelle en couches, et a investi à la fois dans la sécurisation des accouchements et dans la survie des nouveau-nés. Dans le même temps, le pays a lancé un programme innovateur de 1 milliard de dollars en association avec le Brésil, incitant les communautés pauvres d'Amazonie à mettre un terme à la déforestation galopante. Très intelligemment, la Norvège n'accorde les fonds au Brésil qu'en échange de preuves que la déforestation a été évitée (et non une somme convenue).

L'Espagne, sous la direction de son premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero, a joué un rôle moteur pour aider les pays les plus pauvres à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le gouvernement espagnol a suggéré de façon très juste que de vraies solutions à la pauvreté demandent des investissements simultanés dans les domaines de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et des infrastructures, puis les Espagnols ont réuni des fonds pour aider à faire de cette vision une réalité.

Le premier ministre australien Kevin Rudd s'est également avancé en première ligne de la résolution des problèmes mondiaux, en proposant un programme d'action audacieux pour le changement climatique ainsi que des moyens nouveaux et pratiques pour atteindre les OMD. L'Australie a mis de l'argent sur la table pour augmenter la production alimentaire, en suivant les propositions de l'Espagne. Elle défend aussi un programme d'action plus développé pour les îles pauvres et aux économies menacées du Pacifique.

Le gouvernement du Mali, sous la direction du président Amadou Toumani Touré, a récemment lancé un défi audacieux à la communauté mondiale. Le Mali souhaite augmenter ses investissements dans l'agriculture, la santé, l'éducation et les infrastructures dans ses 166 communautés les plus pauvres. Les projets sont détaillés, réfléchis, crédibles et basés sur des succès avérés déjà réalisés par le gouvernement. Le monde riche a promis d'aider le Mali, et le Mali montre le chemin avec sa créativité.

Il y a bien plus d'exemples qu'il n'est possible d'en citer. Tous ces succès, et de nombreux autres, s'inscrivent dans le même style de scénario. Ils s'attaquent à un problème grave et bien défini, par exemple une production alimentaire trop basse ou une maladie particulière, et s'appuient sur un ensemble de solutions spécifiques, comme l'équipement et les intrants agricoles dont ont besoin les agriculteurs ou des immunisations.

Les mauvaises nouvelles peuvent chasser les bonnes, surtout à une époque de grave crise financière et d'agitation politique. Pourtant, les bonnes nouvelles montrent que nous perdrons la bataille contre la pauvreté et la misère seulement si nous baissons les bras et que nous ne tenons pas compte de l'intelligence et de la bonne volonté qui peuvent être mobilisées aujourd'hui. Et peut-être l'année prochaine les États-Unis rejoindront-ils l'effort mondial avec une force nouvelle et remarquable, menés par un président jeune qui a très justement dit aux Américains et au monde: «Yes, we can.»

Copyright: Project Syndicate, 2008.

L'auteur enseigne l'économie et dirige l'Institut de la terre de la Columbia University.

 




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