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Récession: pas grand-chose à faire

Le gouvernement libéral de Jean Charest vient d'être réélu et malgré la fatigue... (Photo: Armand Trottier, Archives La Presse)

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Photo: Armand Trottier, Archives La Presse

Robert Lacroix
La Presse

Le gouvernement libéral de Jean Charest vient d'être réélu et malgré la fatigue engendrée par la campagne électorale, l'heure n'est pas aux vacances et à la détente. En effet, les turbulences financières et économiques sont malheureusement toujours présentes. La récession frappe de plein fouet les économies industrialisées. La confiance des consommateurs est au plus bas, les investissements privés sont en chute libre, les mises à pied augmentent comme jamais dans l'histoire économique récente et, conséquence inéluctable, le taux de chômage monte en flèche.

Cette première phase sera suivie par une deuxième qui découlera d'une réduction marquée du taux de croissance des économies émergentes qui furent le principal moteur de la croissance mondiale au cours de la dernière décennie. Les deux prochaines années seront très difficiles du point de vu économique quoique l'on fasse et quoique que l'on dise.

 

La situation québécoise

Le Québec n'échappera pas à la récession et je pense qu'elle sera plus sérieuse que celle prévue au cours des derniers mois. Ce qui se passe présentement dans les deux principaux marchés du Québec, les États-Unis et le reste du Canada, et ce qui arrive dans le reste du monde ne peut que lourdement influencer le cours des choses dans notre petite économie fortement exportatrice. Face à cette situation attendue, que peut faire le gouvernement du Québec? Beaucoup moins que ce qu'on voudrait et souhaiterait.

Réalisons que le Québec subit les retombés de la récession mondiale, mais ne peut avoir aucune influence sur le cours des choses à ce niveau compte tenu de la faible dimension de son économie. Ce qui n'est pas le cas des États-Unis, de l'Union économique européenne ou de la Chine.

Il faut aussi comprendre et accepter qu'on ne pourra jamais pleinement compenser au Québec, par des mesures locales, les effets négatifs d'une sérieuse récession mondiale. Laisser croire que cela serait possible ne pourra qu'engendrer déceptions et frustrations. Compte tenu de ses moyens limités et des instruments à sa disposition, le Québec doit tenter d'atténuer le plus et le mieux possible les pires conséquences de cette récession en comptant sur le revirement de la situation mondiale pour le reste.

À cet égard, la première chose que le nouveau gouvernement du Québec doit faire est de bien se préparer pour la réunion des premiers ministres du début janvier. En effet, le niveau de gouvernement qui a le plus d'instruments et la plus grande marge de manoeuvre et la responsabilité première pour combattre les pires effets de la récession est le gouvernement fédéral. En concertation si possible avec les autres provinces, le Québec doit s'assurer que ce niveau de gouvernement utilisera au mieux ses instruments fiscaux et monétaires pour non seulement rétablir la confiance sur les marchés financiers, mais aussi pour massivement stimuler l'économie canadienne.

Grandes économies du monde

C'est ce que font présentement les gouvernements de l'ensemble des grandes économies du monde sans nécessairement avoir la marge de manoeuvre qu'a le gouvernement canadien compte tenu de l'équilibre de ses finances publiques jusqu'à tout récemment et sa faible dette.

Le Québec et les autres provinces doivent convaincre le gouvernement fédéral que ce n'est pas le temps des demi-mesures et qu'il faut accepter que le gouvernement du Canada fera un déficit conjoncturel important dans les trois années qui viennent pour, comme les autres pays, relancer l'économie canadienne et participer à la relance de l'économie mondiale dont nous serons grands bénéficiaires.

Au niveau du Québec, il faut demeurer prudent et surtout conscient de nos propres moyens. Déjà, le gouvernement avait annoncé un vaste programme d'infrastructure, des baisses d'impôts et des augmentations non négligeables de dépenses de programme. On peut accélérer, dans la mesure du possible les programmes d'investissements déjà annoncés, bonifier à la marge certains programmes et assurer un support accru aux individus les plus fortement touchés par la récession, sans penser que le gouvernement du Québec peut seul contrer les effets de la récession mondiale.

Le gouvernement du Québec doit aussi contrôler ses équilibres budgétaires compte tenu de son endettement actuel, de sa faible marge de manoeuvre et de ses propres responsabilités. Un déficit conjoncturel si nécessaire, mais de dimension réduite et sur des dépenses à caractère ponctuel.

L'auteur est économiste. Il a été recteur de l'Université de Montréal de 1998 à 2005.

 




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