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L'ADQ doit survivre

Mario Dumont, chef de l'ADQ, le soir des... (Photo Presse canadienne)

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Mario Dumont, chef de l'ADQ, le soir des élections du 8 décembre.

Photo Presse canadienne

François Pratte
La Presse

Après le 26 mars 2007, le Parti québécois et le Parti libéral ont pigé allègrement dans le programme de l'ADQ pour proposer de nouvelles approches aux Québécois. Et ils avaient bien raison: le vecteur de changement, au Québec, c'était l'ADQ. Que s'est-il passé, alors? Par quel tour de passe-passe le «parti aux idées» est-il si rapidement devenu la risée d'une bonne partie de la population, des médias et de la très grande majorité des Montréalais?

L'ADQ est devenue l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec et j'avais toutes les raisons de m'en réjouir. Mais assez rapidement, j'ai constaté que les problèmes structurels du parti, au lieu d'être résolus par sa croissance soudaine, s'amplifiaient. Il y avait de quoi être inquiet! Mais Mario Dumont, qui occupait un siège depuis plus d'une douzaine d'années déjà, avait toute l'expérience nécessaire pour être un bon coach afin de former son équipe inexpérimentée et de tirer le meilleur de chacun. Mais l'a-t-il été?

 

Déception

Beaucoup de personnes ont décidé de s'engager politiquement en adhérant à l'ADQ. Elles étaient motivées par le désir de vivre dans un monde meilleur, convaincues que le Québec devait arrêter de gratter ses vieux bobos et franchir avec assurance le troisième millénaire. Le parti a ainsi attiré des gens de tous les horizons. Au fil du temps, j'ai eu la chance d'y côtoyer des personnes structurées, intelligentes et d'une envergure certaine. Mais quelques-uns des plus brillants militants de l'ADQ ont quitté le parti depuis 2007. Ont-ils claqué la porte? Non. Ils ont tout simplement arrêté de renouveler leur carte de membre ou de se présenter aux comités, congrès et autres assemblées. Lorsqu'on les croise par hasard et qu'on leur demande s'ils ont l'intention de revenir, ils répondent avec tact qu'ils sont trop occupés. En fait, ils ont sans doute jugé qu'ils seraient plus utiles ailleurs que dans un parti incapable de retenir ses meilleures ressources.

Pour gouverner, il faut plus que des idées et des propositions. Ça prend la vision d'ensemble, cohérente et structurée d'un leader. Et être leader, c'est beaucoup plus que prendre la parole en public.

Par solidarité, les membres de l'ADQ ont toujours soutenu Mario Dumont. Même s'il commettait des erreurs. Parce qu'il était leur porte-parole. Les militants ont en effet consacré des milliers d'heures à l'élaboration de politiques sérieuses touchant tous les secteurs de l'activité humaine au Québec. Ils apportaient des solutions concrètes, réalistes, qui frappaient l'imagination et stimulaient l'envie de changement. Grâce à l'ADQ et à Mario Dumont, les Québécois se sont rendu compte qu'il était beaucoup plus stimulant d'envisager avec optimisme et enthousiasme notre avenir collectif, dans un esprit constructif, que de rester prisonniers d'un «modèle québécois» dépassé et sclérosant qui n'inspire personne sur la planète.

Survivre à Mario Dumont

La cuisante défaite de lundi soir pourrait éroder la base militante du parti. Mais l'ADQ doit absolument survivre à Mario Dumont. De toute façon, si elle disparaissait, le mouvement qui l'a engendrée produirait une nouvelle formation politique répondant aux mêmes aspirations partagées par des millions de Québécois. Car un mouvement trop fort vers la gauche poussera toujours les électeurs à choisir un parti plus pragmatique, donc plus rassurant: de droite économique et socialement progressiste. Question d'équilibre et de démocratie.

Depuis le début des années 70, le Québec a été absorbé par les idées véhiculées par la gauche et le mouvement souverainiste. Au point où il est devenu très difficile de réfléchir sur la place publique en proposant d'autres voies. Il suffit de se rappeler le traitement qu'on a réservé aux «lucides», il y a quelques années, pour le démontrer. Il est moins gênant de s'afficher «solidaire» ou «vert», à Montréal, qu'adéquiste!

Oui, l'ADQ a toute la crédibilité qu'il faut pour occuper un espace important dans notre vie collective. À condition, bien sûr, qu'elle soit dirigée par des gens crédibles. C'est une vérité de La Palice. (...)

 




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