Comme vous le dites, Mme Laplante, dans votre texte d'opinion («Inutile, le procès Turcotte») laissons de côté nos émotions et soyons rationnels un moment.

Publié le 20 mai 2011
Richard Dupuis
L'auteur réagit à l'opinion de Francine Laplante intitulée «Inutile, le procès Turcotte», publiée le 13 mai 2011.
TORONTO STAR

Comme vous le dites, Mme Laplante, dans votre texte d'opinion («Inutile, le procès Turcotte») laissons de côté nos émotions et soyons rationnels un moment.

Nous avons une femme qui a entretenu une relation secrète avec un ami du couple, puis une fois confrontés, affiche ouvertement ladite relation, n'hésite pas à rabaisser son mari légitime à chaque fois qu'une occasion se présente, fait garder ses enfants par son nouveau chum, afin de ne pas les laisser avec leur père, au cas où elle serait appelée au travail, mais les lui laisse pour aller se payer un trip de ski avec son nouveau chum, remplace les serrures de la maison dont son mari est toujours le copropriétaire, et menace de faire changer le nom de famille de ses propres enfants, et de déménager sans laisser de traces. Je veux bien croire que cette femme, en regard à ce qui est arrivé à ses enfants, a vu sa vie s'écrouler. Mais en regard de ses agissements, n'a-t-elle pas elle-même mis tout en place pour qu'un tel scénario se produise?

Isabelle Gaston a littéralement détruit Guy Turcotte. Et maintenant, vous demandez d'empêcher cet homme détruit d'expliquer les ravages qu'il a subis, parce que vous n'en pouvez plus de ces horreurs? Si vous trouvez le récit trop brutal, vous pouvez toujours tourner la page du journal, ou changer de chaîne de télé. Guy Turcotte n'a pas eu ce choix; il a vu tous les éléments de sa vie glisser entre ses doigts, sans qu'il ne puisse les retenir.

Je concède qu'il n'aurait jamais dû assassiner ses enfants, et je n'écris pas ceci dans le but de tenter de pardonner ses gestes; il aura à vivre le reste de ses jours avec les conséquences de ses actes. Je concède aussi que ce procès peut coûter bien cher, si l'on regarde l'administration de la justice sous le seul aspect économique. Mais si l'on regarde le tout d'une façon rationnelle, le récit de Guy Turcotte peut permettre, ne serait-ce qu'à des psychiatres, de tenter de décortiquer les événements, et de trouver des éléments-clé qui permettront peut-être, un jour, d'intervenir auprès d'une personne en détresse, et l'empêcher de commettre des gestes similaires à ceux de Guy Turcotte.

Depuis la nuit des temps, l'évolution de l'être humain s'est toujours faite à coups d'essais et d'erreurs.  Malheureusement, il arrive trop souvent que le parent qui tue ses enfants réussisse son suicide, laissant tout le monde devant un constat d'échec. Si nous pouvons tirer des leçons de l'erreur de Guy Turcotte, leçons qui empêcheront ne serait-ce qu'un seul autre drame, le coût de ce procès n'aura pas été inutile.