L'acharnement avec lequel le gouvernement libéral tente de nous faire croire qu'une loi sur l'éthique accompagnée d'un commissaire chargé de la faire respecter, ainsi que de sanctions auxquelles on s'exposera en cas de dérogation ne me convainc absolument pas. Comme l'écrivait le philosophe Alain Etchegoyen, cet empressement est plutôt la preuve que «l'on préfère menacer d'une déchéance plutôt que de solliciter une conscience». Bref, en ce qui me concerne, l'éthique est ce qui prend la relève quand la morale a foutu le camp.

Publié le 15 nov. 2010
Jean-François Couture, Sainte-Thècle

L'acharnement avec lequel le gouvernement libéral tente de nous faire croire qu'une loi sur l'éthique accompagnée d'un commissaire chargé de la faire respecter, ainsi que de sanctions auxquelles on s'exposera en cas de dérogation ne me convainc absolument pas. Comme l'écrivait le philosophe Alain Etchegoyen, cet empressement est plutôt la preuve que «l'on préfère menacer d'une déchéance plutôt que de solliciter une conscience». Bref, en ce qui me concerne, l'éthique est ce qui prend la relève quand la morale a foutu le camp.

Au vu des gestes immoraux et manifestement contraires à l'ordre public que l'on pose ici et là dans la société, y a-t-il encore quelqu'un qui peut raisonnablement croire qu'un «code d'éthique» pourrait constituer une raison valable de cesser ou d'éviter de s'adonner à de telles pratiques? Personnellement, je n'en crois rien. Le gouvernement et les autres parlementaires s'agitent avec frénésie autour du «code d'éthique» tentant de nous faire prendre cette «agitation» pour du «mouvement».

Personne n'est dupe. Et je conclurai en citant à nouveau Etchegoyen: «L'expérience nous montre que les mots, qui ont plus de valeur que de sens, sont l'objet de détournements subtils et souvent dangereux, surtout quand leur valeur est le résultat d'un besoin. (....) L'éthique joue sur la surface des choses tant elle se préoccupe de l'image et peu de la réalité. Très souvent l'éthique a pour première finalité d'être communiquée plus que partagée.»

Si le Code criminel n'a aucune influence sur ceux qui n'ont pas de moralité, comment croire qu'un code d'éthique réussira là où le bras armé de l'État a été impuissant? Mais l'État persiste dans son refus d'utiliser d'autres moyens. Pourquoi?