Mon épouse et moi avons décidé d'aller profiter des charmes de Québec pour quelques jours. Il fait beau et il y a abondance de touristes. Beaucoup sont anglophones. Le soir, nous soupons dans un charmant petit restaurant du Vieux-Québec.

Serge Brousseau TECHNAUTE.CA

Il y a au plus 10 tables. Seules trois sont occupées, ce qui nous permet d'avoir conscience de ce qui se passe autour de nous. Arrive un couple d'anglophones avec ses deux enfants. À l'évidence, le serveur n'est pas bilingue; ses efforts pour s'enquérir de leur appréciation de la ville, puis de leur repas, est fort louable. Les touristes semblent apprécier l'accueil et les efforts déployés par leur hôte. Après le repas, nous retournons quérir notre auto; à nouveau nous sommes témoins d'une conversation cocasse entre un anglophone qui demande des explications sur la non-validité de son ticket de stationnement et un préposé au stationnement (probablement un étudiant) qui ne sait dire ni « yes » ni « no » en anglais. Les efforts des deux parties pour se comprendre auraient pu servir de trame publicitaire pour mousser l'unité nationale...

Conclusion: Québec, coeur francophone d'une Amérique anglophone, fort de sa vitalité linguistique et culturelle, ne ménage pas ses efforts pour bien recevoir ses visiteurs, malgré la barrière linguistique!

Seconde expérience linguistique: lors d'une matinée pluvieuse, nous en profitons pour aller faire quelques achats. Au menu, une paire de souliers de randonnée. Nous nous présentons dans une grande surface de sports sur le boulevard Lebourgneuf. Le personnel (tous jeunes dont beaucoup d'étudiants) est tout aussi courtois que dans le secteur touristique. Québec sait aussi accueillir sa clientèle québécoise! La musique d'ambiance est anglophone. Ce n'est pas ma préférence mais je respecte le choix de la direction. Au fil de la discussion avec le vendeur, je réalise que la diffusion de la musique est assurée par une station radio anglophone! Je m'informe au vendeur de la raison d'un tel choix. Il me répond que c'est le choix des caissières. C'est tout. Je lui fais la remarque que d'imposer un fond sonore 100% anglophone à une clientèle à 99% francophone me semble aberrant et même irrespectueux. Pris de court, il me répond que «Québec est quand même une ville canadienne!» Fin unilatérale de la conversation.

Seconde conclusion: avec une telle mentalité chez notre jeunesse, combien longtemps encore Québec pourra-t-elle conserver cette spécificité qui la rend si unique?