Le PLQ souligne le 40e anniversaire de l'accession au pouvoir de Robert Bourassa, comme s'il s'agissait d'un grand chef d'État. Ce leader si peu charismatique exercerait-il encore sur eux un certain pouvoir, même après l'échec référendaire de 1992? Voilà qui ne cesse d'étonner. Comment expliquer cela?

Daniel McGown, Shefford CYBERPRESSE

Le PLQ souligne le 40e anniversaire de l'accession au pouvoir de Robert Bourassa, comme s'il s'agissait d'un grand chef d'État. Ce leader si peu charismatique exercerait-il encore sur eux un certain pouvoir, même après l'échec référendaire de 1992? Voilà qui ne cesse d'étonner. Comment expliquer cela?

La triste vérité est qu'il y a encore beaucoup de Québécois qui se reconnaissent en Robert Bourassa: indécis (immobile, comme disait de lui Jean-François Lisée), oscillant, procrastinateur à l'extrême. Autrement dit, M. Bourassa représente pour encore trop de Québécois une image rassurante.

Rien n'apparaît plus révélateur à cet égard que «l'écrasement» de M. Bourassa à Charlottetown. Plus précisément la décision de ce dernier, prise in extremis, d'aller négocier, tout en sachant pertinemment qu'à peu près tout, déjà, avait été négocié et que sa cause était perdue d'avance.

Ensuite, les efforts déployés pour présenter cette humiliation comme une grande victoire pour le peuple québécois. «C'est mieux que rien», avait-il dit... Il aurait pu ajouter: «Que voulez-vous, quand on est né pour un petit pain... »

S'il avait voulu, Robert Bourassa aurait pu passer à l'histoire à titre de premier chef d'État d'un Québec indépendant. Aujourd'hui, ses supporters ne réussissent même pas à faire nommer un boulevard en son honneur.