La seule «fonction» du sport professionnel, avec ce que ce concept sous-tend de partisanerie, de parti-pris et autres manifestations festives et bébé-la-la, est d'être un exutoire.

Michel Rudel-Tessier CYBERPRESSE

La seule «fonction» du sport professionnel, avec ce que ce concept sous-tend de partisanerie, de parti-pris et autres manifestations festives et bébé-la-la, est d'être un exutoire.

Le sport-spectacle «patriotisé», c'est-à-dire qui se présente sous la forme d'équipes appartenant à un lieu, donc à une collectivité (contrairement aux sports individuels), procure à ses adeptes le doux et sain plaisir de se laisser aller à un free for all totalement défoulant.

La partisanerie, par définition, est aveugle et enfantine. Elle n'a rien d'un sentiment structuré qui serait le fruit d'une réflexion. C'est un sentiment primitif, primal même, qui autorise, dans les limites fixées par la société, à toute sorte d'extravagances et de comportements absurdes dont le seul but est de «faire sortir le méchant».

Alors, huer l'adversaire, chahuter l'hymne national américain (qui n'est qu'un avatar suranné d'une époque révolue) parce qu'il devient l'emblème de l'ennemi, crier des noms à tel ou tel joueur, applaudir aux mises en échec violentes et s'exciter le poil des jambes quand les goons jettent les gants, ma foi, tout ça est naturel et, je le répète, tout à fait sain.

Le sport-spectacle nous permet d'être des enfants à nouveau, de nous plonger dans un univers manichéen où il y a des bons et des méchants, des traîtres, des fantômes dans certains châteaux aujourd'hui désertés, un monde où les arbitres - la loi, l'autorité, le système - sont corrompus, achetés et donc systématiquement contre Nous, qui sommes le Bien. N'est-ce pas formidable?

Ne boudez pas votre plaisir, et si vos moyens vous le permettent, achetez-vous des abonnements et amusez-vous un peu... Faut pas prendre le hockey trop au sérieux.