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PKP après le 7 avril

Yves Boisvert
La Presse

Lundi soir, je me suis amusé à comparer la couverture de «l'affaire PKP» aux nouvelles du soir de Radio-Canada et de TVA.

Conclusion? Essentiellement la même nouvelle. La controverse présentée de manière équilibrée aux deux chaînes. Les pour et les contre.

Un visiteur suisse de passage à Montréal aurait eu grand peine à deviner que TVA est contrôlé par Pierre Karl Péladeau.

Est-ce donc la preuve que l'opposition s'acharne inutilement sur la question de la propriété de l'empire de PKP?

C'est ce qu'a dit Pauline Marois: libéraux, caquistes et solidaires insultent les journalistes professionnels des différentes entreprises de presse de Québecor.

Voilà une belle manière de faire marcher le problème sur la tête. C'est au contraire pour préserver l'indépendance journalistique que la Fédération professionnelle des journalistes s'inquiète de voir un éventuel député ou ministre du gouvernement contrôler un empire médiatique.

La question n'est plus de savoir s'il est intervenu par le passé. Ni même s'il interviendra - ce ne serait pas une bonne idée.

Le problème est pour l'après-politique. Si PKP devient effectivement membre du gouvernement après le 7 avril, il sera dans une position sans précédent.

La crainte de voir la direction de ses médias exercer de la retenue de peur de représailles futures n'est plus théorique: l'actionnaire de contrôle annonce qu'il le demeurera et qu'il retournera un jour à son ancien rôle.

C'est une question très sérieuse, même si elle est posée aussi pour des motivations politiques par des partis d'opposition - tous assez secoués. Ça se passerait au Colorado ou en Suède, ça sauterait aux yeux.

Une question qui méritera une réponse convaincante une fois la campagne électorale terminée.

«La solution»

Ça ne veut pas dire qu'un homme d'affaires ne peut pas faire de politique. Ça veut dire qu'on ne peut pas tout faire en même temps.

Rappelons-nous avec quelle émotion Gérald Tremblay avait dû abandonner, contre son gré, une série de postes à des conseils d'administration en devenant maire de Montréal. Il n'était pas en train d'ourdir un sombre complot. Il fallait simplement qu'il se montre au-dessus des intérêts d'affaires.

S'agissant d'entreprises de presse, le problème prend une dimension supérieure. Surtout quand la majorité des Québécois francophones s'informent à l'une des composantes de Québecor.

S'il ne doit pas vendre toutes ses actions, à tout le moins, il doit céder le contrôle de Québecor, arguaient deux experts hier, dont Michel Nadeau, un ancien haut dirigeant de la Caisse de dépôt maintenant directeur de l'Institut sur la gouvernance.

La fiducie sans droit de regard et le code de déontologie, ça va pour les situations où un député a des intérêts commerciaux ordinaires, écrivent Yvan Allaire et M. Nadeau (favorable à l'aide de la Caisse de dépôt à Québecor, à l'époque, et ex-journaliste). La raison en est simple: une presse libre est capitale en démocratie.

Le caractère

Est-ce «la solution» ? Si PKP devient ministre après le 7 avril, on continuera sans doute à chercher l'un de ces nouveaux modèles de «mur de Chine» dont les juristes et les éthiciens ont le secret.

Quand on l'aura trouvé, une fois les inquiétudes plus ou moins estompées, se poseront alors d'autres questions, encore plus évidentes, qui n'ont rien à voir avec l'éthique.

Exemple: PKP a-t-il le caractère et la patience nécessaires pour être numéro 2? Ou... 3? Pour se soumettre à la pénitence quotidienne de la critique, juste et injuste, comme tous les politiciens? Pour se plier à la pénible solidarité avec des collègues ministres qu'on n'admire pas tous également? Faudra-t-il du mobilier plus robuste à l'Assemblée nationale?

Bonne chance à tous.

Legault à Québec

Reconnaissons ceci à François Legault: il n'essaie pas toujours de flatter l'électeur dans le sens du vote.

Aller en Gaspésie pour dire qu'on n'est pas d'accord avec le plus grand investissement industriel des dernières années (la cimenterie de Port-Daniel), c'est plus difficile que de le dire du centre-ville de Montréal.

Aller à Québec, hier, pour se prononcer contre trois investissements majeurs soutenus par le maire tout-puissant Régis Labeaume, ça prend tout de même du cran.

On dira que sa clientèle ne soutient pas ces projets (culturels et sportif). Peut-être. Il aurait tout de même été facile de glisser sur ces dossiers, déjà annoncés, ou d'éviter le sujet. Surtout dans une région où il a tout à perdre.

La clarté est une vertu politique pas si répandue.




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