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Deux rentrées aux antipodes

Vincent Marissal
La Presse

Québec et Ottawa ne sont officiellement qu'à 445 kilomètres de distance, mais en cette semaine de rentrée parlementaire, les deux capitales semblent avoir été catapultées aux antipodes tellement les priorités et les enjeux sont différents.

Pour faire court, Ottawa vit une fin de mandat sous le signe du retour des surplus alors qu'à Québec, un nouveau gouvernement s'installe sous le signe de l'austérité.

Pendant qu'à Ottawa, le chef du NPD, Thomas Mulcair, rêve d'un programme national de garderies calqué sur le modèle québécois, à Québec, le gouvernement Couillard soupèse les scénarios pour réduire son engagement financier dans les CPE.

Deux mondes. À Ottawa, Stephen Harper s'apprête à partir en campagne électorale avec de nouveaux surplus pouvant atteindre 8 milliards dès l'an prochain; à Québec, on gratte les fonds de tiroir et on remet en question toutes les dépenses. Stephen Harper dit aux provinces d'utiliser la marge fiscale libérée par ses prochaines baisses d'impôts, mais Philippe Couillard rejette toute hypothèse d'alourdissement du fardeau des contribuables.

Irréconciliables, les deux capitales? Disons que pour la prochaine année, elles vivront littéralement dans des mondes parallèles.

D'autant que depuis l'élection des libéraux de Philippe Couillard, pour un mandat majoritaire de quatre ans, Québec a pratiquement disparu de l'écran radar d'Ottawa.

Dans l'immédiat, Stephen Harper a des préoccupations plus urgentes. Son parti est deuxième, derrière le Parti libéral, depuis quelques mois, la marque de commerce conservatrice est malmenée partout au pays et son propre gouvernement montre des signes d'essoufflement. Pire encore, la rentrée parlementaire coïncide avec le retour en cour du sénateur déchu Mike Duffy, qui fait face à 31 chefs d'accusation de fraude. Si le retour imminent des surplus ouvre de nouvelles portes devant Stephen Harper, l'affaire Duffy le ramène dans le bourbier duquel il essaye de se sortir depuis près de deux ans. Cette histoire Duffy, et les autres scandales de sénateurs conservateurs, c'est le jour de la marmotte pour le premier ministre.

Le dossier d'accusations contre Mike Duffy étoffé par la GRC est, en apparence, accablant: dépenses de résidence inadmissibles (fraude potentielle de 90 000$), dépenses inadmissibles qui n'étaient pas reliées au travail au Sénat (50 000$) et obtention de contrat de consultation illégal (60 000$). Si ce n'était que ça...

Rappelons, la chose n'est pas accessoire, que le sénateur maudit a aussi reçu un chèque de 90 000$ des mains de l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, pour rembourser au Sénat des sommes touchées illégalement. M. Wright n'est pas mis en cause par la GRC, pas plus que M. Harper, mais disons qu'on s'approche dangereusement du bureau du premier ministre.

Le plus inquiétant pour Stephen Harper, c'est que Mike Duffy n'a plus rien à perdre et il pourrait fort bien décider d'entraîner d'autres personnes dans sa chute.

Voilà pour la chronique judiciaire. Sur le front politique, le gouvernement Harper essaye de se placer dans les alliances internationales contre les nouvelles forces terroristes, notamment l'État islamique. Depuis des mois, le gouvernement Harper joue aussi la carte de la fermeté contre la Russie et a réitéré son appui indéfectible à Israël. Tous ces dossiers devraient alimenter les débats aux Communes au cours des prochains mois.

Cette rentrée marque le début du compte à rebours vers les prochaines élections fédérales, prévues en octobre 2015. Les conservateurs devront défendre leur bilan de près de 10 ans au pouvoir, mais libéraux et néo-démocrates devront présenter leurs priorités en vue du scrutin. Depuis quelques jours, Thomas Mulcair prend les bouchées doubles. Il sait que son parti est en retard dans les intentions de vote et il attaque sur deux fronts: le NPD, dit-il, représente la véritable solution de rechange progressiste aux conservateurs et, contrairement à Justin Trudeau, il est prêt à gouverner dès le premier jour. Programme national de garderies, instauration du salaire minimum pour les emplois sous compétence fédérale (pas sûr que ça touche grand monde, mais ça fait image) et programme d'infrastructures. Ah, l'odeur des surplus!

Cette nouvelle session sera, plus que jamais, un test de crédibilité pour Justin Trudeau, qui doit maintenant passer en mode «premier ministre en réserve», qui vient avec le statut de premier parti dans les sondages.

Pour le moment, les publicités négatives des conservateurs n'ont pas réussi à ruiner le capital de sympathie dont jouit Justin Trudeau, mais plus l'échéance électorale approche, plus les électeurs porteront attention à ce qu'il propose.

À Québec, l'austérité

La première session du gouvernement Couillard, le printemps dernier, aura permis de mettre la table. Voyons maintenant quel est le menu.

Minceur, sans aucun doute, mais jusqu'où ira M. Couillard? Et à quelle vitesse?

Le gouvernement Couillard veut recentrer le message sur la «destination» et non pas sur la route pour y arriver. Bref, arrêter de parler de toutes les coupes dans tous les secteurs et regarder l'objectif: le retour de l'équilibre budgétaire.

À en juger par les dernières fuites touchant l'aide aux devoirs, les CPE et les relations internationales, le gouvernement se retrouve devant quelques sérieux défis de communication.




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