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Entrevue avec les souliers lancés à Bush

Dimanche dernier, à Bagdad, en pleine conférence de presse, le journaliste Mountazer Al-Zaïdi, une sorte de Jean-René Dufort irakien, mais avec deux souliers pareils, a lancé justement ses souliers à la tête du président George W. Bush en lui criant: «C'est le baiser d'adieu de l'Irak, espèce de chien!» Il n'a pas précisé quelle espèce de chien - il n'a pas eu le temps. C'est quand même moins insultant se faire traiter de bichon que de pitbull.

En tout cas, méchant baiser d'adieu! On a déjà entendu parler de gens qui baisent avec leurs chaussettes, mais baiser en lançant ses souliers, c'est la première fois qu'on voit ça.

 

Le président Babush, dans le sens de babouche, la pognez-vous? (Si vous la pognez pas, faites attention, vous allez la recevoir dans la face!) Donc, le président Bush Puppies est sorti indemne de l'attentat, et il repose toujours dans un état comateux. C'est son état normal. Avec le Texas, bien sûr.

Ne reculant devant aucune dépense et aucune odeur, j'ai réussi à obtenir, avant Sixty Minutes et même avant 120 Minutes, une entrevue exclusive avec la paire de souliers volants. La voici, tassez-vous!

LAPORTE: Bonjour, les godasses!

SOULIER DROIT: Bonjour, le pied!

LAPORTE: Pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé, mais du point de vue du soulier?

SOULIER GAUCHE: Avec plaisir! C'était une journée comme une autre. On marchait dans Bagdad...

SOULIER DROIT: Et marcher dans Bagdad, c'est quelque chose.

LAPORTE: Il doit y avoir beaucoup de trous?

SOULIER GAUCHE: Mets-en! Presque autant qu'à Montréal!

LAPORTE: Vous connaissez Montréal?

SOULIER GAUCHE: On est amis avec une paire de Crocs de Rosemont sur Footbook...

SOULIER DROIT: On a vu ses photos. Montréal, c'est l'enfer! C'est plein de trous l'été, c'est plein de sloche l'hiver. L'espérance de vie d'un soulier, là-bas, est à peine plus longue que celle d'un bas-culotte.

SOULIER GAUCHE: Ça, c'est pas drôle, la vie d'un bas-culotte!

SOULIER DROIT: Surtout celui de Max Mosley!

LAPORTE: Messieurs les souliers, vous vous égarez un peu...

SOULIER GAUCHE: Désolé, ça nous arrive souvent.

LAPORTE: Est-ce qu'on peut revenir à l'attentat, s'il vous plaît?

SOULIER DROIT: Ben oui, ben oui... Donc, on est arrivé à l'endroit où avait lieu la conférence de presse, pis on a commencé à sentir quelque chose.

SOULIER GAUCHE: Monty s'est mis à suer du bas. Il devait être nerveux.

SOULIER DROIT: Soudain, il m'a déchaussé en premier. Là, je ne comprenais pas, je me suis dit que peut-être il voulait faire le nuvite. Courir tout nu devant Bush pour protester. Mais c'était pas ça. Y m'a pris par le talon pis y m'a garroché! Wouche! J'voyais la face de Bush se rapprocher à toute vitesse. Ça fait peur! Un instant, j'ai cru que la sécurité allait me descendre en plein vol. Juste quand j'allais le taper dans le kisser, y s'est penché, pis j'ai atterri dans le mur à côté du drapeau.

SOULIER GAUCHE: C'est là qu'Al Zaïdi Depasfaireça a fait la même chose avec moi. Mais comme il lui manquait un soulier et qu'il était sur une chaussette, son lancer était moins précis. Bush a même pas essayé de m'éviter. Je lui ai frôlé l'oreille, pis bang! dans le drapeau américain!

LAPORTE: Bush a déclaré qu'il n'avait pas eu le temps de réfléchir quand il vous a vus arriver vers lui...

SOULIER GAUCHE: On le croit, ça fait huit ans qu'il n'a pas eu le temps de réfléchir.

LAPORTE: Vous savez qu'un homme d'affaires a offert 10 millions de dollars pour vous obtenir?

SOULIER GAUCHE: Pas pire, pour deux pointures 10 nées chez Yellow!

LAPORTE: Êtes-vous d'accord avec le geste de votre propriétaire?

SOULIER: Nous, on est juste des souliers, on ne veut pas mettre les pieds dans le plat, mais disons que si tous les gens en désaccord avec Bush lui avaient lancé leurs chaussures, W posséderait une plus grande collection de souliers qu'Imelda Marcos et Céline Dion réunies.

LAPORTE: Comment vivez-vous avec votre nouvelle célébrité?

SOULIER DROIT: C'est sûr qu'on n'était pas préparés pour être projetés à l'avant-scène de l'actualité comme ça. Mais on est contents de passer à l'histoire. Maintenant, les stars de la garde-robe, c'est nous autres! On vient de passer devant la cravate à Carbonneau pis la robe à Julie Couillard.

SOULIER GAUCHE: There's no business like shoe business!

LAPORTE: En terminant, regrettez-vous de ne pas avoir atteint votre cible?

SOULIER GAUCHE: Pas du tout. Je trouve qu'un attentat raté, ça va bien avec un président raté.

SOULIER DROIT: Oui, ça résume bien la carrière d'un président qui a toujours été à côté de ses pompes.

Pour joindre notre chroniqueur: stephane@stephanelaporte.com

 




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