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Une fois la poussière retombée

Ronald King
La Presse

Le tourbillon de la F1 est reparti après nous avoir étourdis avec tous ces compliments sur la ville de Montréal qui est si belle et magnifique. Ils en ont beurré épais, beaucoup trop, nous savons bien que ces temps-ci, notre ville n'est pas si belle et agréable, à moins de se déplacer en hélicoptère. J'ai ri en entendant le comédien britannique Hugh Grant vanter les charmes et la beauté de la ville. Vous vous souvenez de lui, il avait été arrêté dans une rue de Los Angeles pour avoir sollicité les services d'une prostituée.

Il reste que pour une rare fois, nous semblons tous d'accord, même ceux qui, comme moi, n'aiment pas la course automobile, que nous devons garder notre Grand Prix. Pas plus tard que l'an dernier, on entendait l'argument que ce grand cirque était bon uniquement pour quelques hôteliers et restaurateurs du centre-ville. Cette année, unanimité, ou presque. Il y avait tout de même ce groupe de jeunes cyclistes, un groupe multiethnique, qui s'est déchaîné contre l'événement et contre l'automobile en général. Des jeunes très convaincus, avec des arguments: prédominance de l'auto sur l'humain dans les villes, pollution, bruit infernal, dégradation et exploitation du corps féminin par la culture F1.

Dans ce dernier cas, le plus navrant est le nombre de jeunes femmes prêtes à collaborer à cette dégradation et exploitation.

Ces jeunes se sont exprimés dans le calme et la dignité, et je retiens ce slogan bien senti qui semblait sortir des années 70: «La F1 contribue à l'abrutissement de la population».

Un autre groupuscule intéressant a aussi profité de l'occasion pour se faire entendre: Stella, qui représente les travailleuses du sexe et qui est toujours bien organisé et éloquent. Stella a mis sur pied des événements, des spectacles et, encore là, tout s'est fait dans le calme et la dignité.

L'organisme recommande carrément la légalisation de la prostitution, qui serait le moyen le plus sûr de protéger les travailleuses. Un grand débat. La légalisation ne risque pas de se produire en cette curieuse époque où l'on ressuscite le crucifix et la prière, mais si nous étions conséquents avec nous-mêmes, nous y penserions.

Nous aimons les retombées économiques de la semaine de la F1 et l'image de Montréal qu'elle projette sur la scène internationale. Mais ne nous racontons pas d'histoires, Montréal, pour les riches touristes du monde, est d'abord la ville où les moeurs sexuelles sont les plus libres en Amérique du Nord et une ville qui sait organiser des fêtes des ligues majeures (une valeur québécoise?).

Demandez à Hugh Grant. Ces gars-là ne viennent pas pour l'oratoire Saint-Joseph. Alors, on se prépare pour l'an prochain, en étant bien gentils avec M. Ecclestone et on se dit qu'une semaine par année, après tout, c'est correct.

La victoire d'un gérant

Adonis Stevenson, nouveau champion du monde, a rappelé qu'il avait eu une vie difficile, qu'il avait encaissé des coups durs - il n'a pas toujours été la victime, par contre - et qu'il venait de loin. C'était beau, comme son K.-O. rapide dont on espère qu'il ne s'agissait pas d'un lucky punch, comme on dit dans le milieu.

Stevenson vient de loin, en effet, et il peut remercier son gérant, Yvon Michel, qui ne l'a jamais laissé tomber et qui a bien manoeuvré dans cet univers parfois coupe-gorge qu'est la boxe.

Yvon Michel aurait eu toutes les raisons de tasser Adonis Stevenson. D'abord à cause de son âge - le nouveau champion a 35 ans - et de ce passé lourd à porter.

Il fallait un homme déterminé et clairvoyant pour ramener une ceinture de championnat mondial à Montréal. Stevenson - je n'ai JAMAIS vu un boxeur être aussi content de l'emporter - lui doit beaucoup.

Un joli non

Nicolas Roy, défenseur d'Amos de niveau midget, a été le premier choix au repêchage de la LHJMQ et des Eagles de Cap-Breton le week-end dernier à Chicoutimi. Mais le grand garçon a tout de suite fait savoir aux dirigeants des Eagles qu'il n'irait pas jouer chez eux, après les avoir remerciés pour ce grand honneur.

Raison: les études d'abord et les études se feront au Québec.

Nous savons très bien, malgré ce que nous dit M. Gilles Courteau, qu'il est presque impossible d'étudier sérieusement en évoluant dans la LHJMQ. À cause du calendrier trop chargé et de très longs voyages en autobus. Alors, imaginez un francophone à Cap-Breton.

Bravo aussi aux parents de Nicolas.

Un grand petit geste

Un autre bravo aux jeunes de l'équipe de soccer de Brossard, qui ont tous porté le turban pour leur match de dimanche.

Voilà une belle façon de se montrer solidaires envers leurs copains sikhs et de mettre un baume sur cet épisode très gênant de l'histoire du sport au Québec.




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