Les Stars sont plus que jamais en vie

Ronald King
La Presse

Visite annuelle à la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF), hier, où les Stars de Montréal, qui portent les trois mêmes couleurs que vous-savez-qui, vivent une quatrième saison. Je m'attendais à une ligue moribonde, les débuts ayant été pénibles, faute de joueuses disponibles pour les déplacements, de fonds, de commanditaires et de spectateurs. Pas facile de s'implanter dans une ville comme Montréal, même si l'on présente le meilleur hockey féminin civil du monde.

Mais les Stars et leurs quatre équipes rivales - Toronto, Burlington (Ontario), Brampton et Boston - se débrouillent de mieux en mieux. Il y avait plus d'une centaine de spectateurs hier à l'aréna Étienne-Desmarteau de Rosemont, et l'équipe locale a porté sa fiche à 13-1 grâce à une victoire de 3-1 sur Burlington. La veille, contre les mêmes visiteuses et devant 300 personnes, les Stars l'avaient emporté 9-3.

Et toujours ce joli hockey sans contact, qui mise sur le jeu de position, le mouvement et la passe. Un cours de hockey pour les jeunes et moins jeunes.

La LCHF a été créée pour les filles qui ont terminé leurs études et qui veulent continuer à pratiquer leur sport adoré. On y compte plusieurs olympiennes, ex-olympiennes et membres des programmes nationaux qu'on retrouvera aux prochains Jeux olympiques. Pour 5$, gratuit pour les ados qui portent leur chandail de hockey mineur et pour les tout-petits.

Caroline Ouellette, Kim St-Pierre, Sarah Vaillancourt, Julie Breton et Julie Chu sont les as du club montréalais.

Caroline Ouellette (le numéro 13 sur notre photo),... (Photo: François Roy, La Presse) - image 2.0

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Caroline Ouellette (le numéro 13 sur notre photo), Kim St-Pierre, Sarah Vaillancourt, Julie Breton et Julie Chu sont les vedettes des Stars de Montréal dans la Ligue canadienne de hockey féminin.

Photo: François Roy, La Presse

«Il y a un nombre impressionnant de diplômes dans ce vestiaire, nous dit Meg Hewings, directrice générale, des diplômes de Harvard, Princeton...

«La ligue s'améliore toujours. Nous avons des commanditaires solides comme la Banque Scotia, Bauer, BlackStone, Pepsi, Molson... Il y a trois fois plus de filles que de garçons qui s'inscrivent en hockey mineur au Canada. Il y a 100 000 joueuses au Canada et il y aura toujours une demande pour du hockey en Amérique du Nord. Nous avons un avenir.»

L'entraîneur Patrick Rankine ajoute: «Le temps où nous manquions de joueuses pour partir en voyage est terminé. J'ai joué tous mes matchs sur la route avec trois trios et c'est la même chose pour les autres équipes.»

Sans salaire, mais sans frais

Et puis, pour la première année, les filles n'ont pas à débourser 1000$ pour financer la ligue et jouer au hockey. Elles ne sont pas payées - pas encore, dit Meg Hewings -, tout le monde est bénévole, mais tout le monde est heureux, ce qui est déjà une grande victoire. Meg: «Il y a une autre ligue dans l'ouest du Canada et une autre en Russie. La nôtre est la plus forte.»

Danijela

La Suède aussi a sa ligue de hockey féminin, parole de Danijela Rundqvist, star de Burlington, gagnante d'une médaille de bronze aux Jeux de Salt Lake City et d'argent à ceux de Turin.

«J'ai joué pendant 10 ans pour l'équipe de Stockholm, mais je voulais connaître la ligue la plus forte. Je vis mon rêve, je joue avec les meilleures. J'habite dans une famille de Burlington où il y a trois jeunes garçons de 3, 7 et 10 ans. Je suis la grande soeur qui leur enseigne le hockey.

«Je paie toutes mes dépenses et c'est cher. Je ne crois pas avoir assez d'argent pour jouer l'an prochain. Si je suis forcée d'abandonner, je n'aurai pas de regrets. J'aurai réalisé un rêve.

«Je ne veux pas travailler en même temps. Une professionnelle doit se consacrer à son sport. Manger, dormir, jouer au hockey...

«Je pourrais participer à de troisièmes Jeux olympiques avec la Suède. Mon poste est assuré. Mais encore là, il y a la question de l'argent. On verra. Je vis une année à la fois.»

Cette superbe grande fille blonde au regard d'acier nous prouve bien que lorsqu'on aime un sport, on fait des sacrifices et on vit ce plaisir avec passion, gars ou fille.

Enfin, sachez que les Stars évoluent tous les samedis et dimanches après-midi au centre Étienne-Desmarteau, où se trouve la patinoire Caroline-Ouellette.

Le week-end du 29 et 30 janvier, le club de Boston, qui a infligé la seule défaite aux Stars, sera en ville et on prépare un événement pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer du sein. Bâtons et patins roses à prévoir. Il ne manque que vous, spectateurs, pour que les filles soient parfaitement heureuses.

NOTE - Sachez que le vieux chroniqueur de hockey de La Presse a commis une autre gaffe hier. Fidèle à mes habitudes et toujours un peu dans la lune, je suis entré dans le vestiaire des Stars alors que les filles revêtaient leur équipement. Comme j'entrais dans celui de ma ligue de garage au même aréna, justement.

Erreur.

Elles m'ont gentiment montré la porte avant de la refermer. À qui voulez-vous parler? Elle va sortir.

Devinez qui était le plus mal à l'aise...




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