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L'Impact, neuf mois plus tard

Le Joey Saputo qui a dressé hier le bilan de la saison 2015 de l'Impact était nettement plus joyeux que celui du 4 février dernier. Rappelez-vous: la mine sombre et le ton résigné, il avait déploré l'absence de buzz autour de son équipe.

Neuf mois plus tard, les perspectives d'avenir du bleu-blanc-noir ont pris une tournure pour le mieux. Si l'organisation doit toujours se battre pour assurer sa place au soleil, l'espoir est de nouveau au rendez-vous. «Nous pouvons être fiers de notre parcours, a-t-il dit. En Ligue des champions comme en MLS, on a remporté de belles victoires et subi des défaites cruelles. Mais, surtout, nous avons vécu des émotions fortes.»

De l'émotion, voilà l'essence du sport! En se rendant au stade, les gens veulent assister à un spectacle. Didier Drogba a rappelé cette vérité toute simple quelques minutes plus tard en évoquant son lien passionnel avec le soccer. «J'essaie de transmettre cette joie de vivre. Les fans veulent rentrer à la maison contents d'avoir vu des buts et un beau match...»

Avouons-le: cet aspect a manqué à l'Impact sous le régime somnifère de Frank Klopas, qui ne comprenait rien au marché québécois. Avec le recul, il est clair que sa nomination avant la saison 2014 a ralenti la progression de l'équipe, notamment dans sa relation avec le public.

Heureusement, Joey Saputo a rectifié le tir avant qu'il ne soit trop tard. Et l'arrivée de Mauro Biello a représenté une bouffée d'air frais. En confirmant que ce Montréalais de 43 ans était maintenant l'entraîneur en bonne et due forme de l'Impact, Joey Saputo a noté combien son «sens de l'appartenance» et sa connaissance du milieu étaient des facteurs importants de réussite.

Vous savez quoi? J'espère que les Alouettes prendront des notes...

Chaque sport possède ses mots à la mode. Parmi eux, la «structure» au hockey et la «lucidité» au soccer. Le Canadien joue bien? C'est parce que la structure est respectée. Un joueur de l'Impact rate une passe? C'est parce qu'il a manqué de lucidité.

Si ces expressions sont utilisées trop généreusement, il faut reconnaître que Joey Saputo s'est lui-même montré très lucide durant son point de presse. Après avoir souligné que l'équipe avait vendu 8000 abonnements en vue de 2016, une nette amélioration par rapport à la dernière saison, il a rappelé que la moyenne en MLS était de 11 000.

«Nous devons faire mieux, a-t-il indiqué. Nous connaissons notre place dans la hiérarchie du sport à Montréal et nous devons travailler pour nous assurer d'y rester.

- Et quelle est cette place, Joey?

- Nous sommes deuxièmes sur trois.»

L'Impact n'atteindra jamais la popularité du Canadien. Mais l'organisation ne le cache pas: elle veut être considérée comme numéro un dans les sports d'été à Montréal devant les Alouettes. Au moment où le retour possible des Expos est souvent évoqué, cette ambition est légitime. Et pour les amateurs de sport du Québec, une saine émulation entre l'Impact et les Alouettes est une excellente chose. La concurrence rend meilleurs les uns et les autres.

«J'ai toujours soutenu que la réussite de notre club était déterminée par notre pertinence dans notre marché sur une base quotidienne, a ajouté Joey Saputo. On doit sentir une énergie collective les jours de match. Et je crois fermement que ce fut le cas, spécialement en fin de saison.

- Le buzz est-il revenu?

- À notre entrée en MLS en 2012, on voyait des gens avec le maillot de l'Impact au centre-ville les jours de match. Ce fut beaucoup moins le cas en 2013 et presque inexistant en 2014. Bon, je ne dis pas que le buzz est revenu au niveau de 2012. Mais la tendance a commencé à changer et j'en suis très fier.»

Pour l'Impact, la question fondamentale est la suivante: le rebond de notoriété observé dans la deuxième moitié de saison est-il uniquement dû au phénomène Drogba? Réponse de Joey Saputo: «Si la présence d'un joueur comme lui ne changeait pas la tendance, c'est sûr qu'on aurait un gros problème! Plusieurs facteurs, comme le changement d'entraîneur, ont aussi joué un rôle. Mais je ne cache pas que l'effet Drogba a aidé énormément.»

L'Impact a investi beaucoup d'argent en Didier Drogba. Le beau parcours de l'équipe en séries éliminatoires n'est sans doute pas suffisant pour compenser la dépense. Mais sa présence renforce la renommée de l'équipe, notamment sur le plan international. Ce qui, dans un sport où le recrutement des joueurs se fait aux quatre coins du monde, est un atout inestimable.

Joey Saputo souhaite que Drogba devienne un ambassadeur de l'organisation lorsque son séjour à Montréal prendra fin, possiblement à l'issue de la prochaine saison. Cet objectif est en voie de réalisation. Drogba se dit en effet heureux à Montréal.

«Je suis très content de mon choix, dit-il. Lorsque j'ai décidé de venir ici, je savais où je mettais les pieds. Nick De Santis m'avait parlé du club, le président aussi. J'étais vraiment emballé par le projet. On m'avait parlé de Montréal, des gens et de ce club qui a envie de montrer qu'il a sa place dans le monde du football. J'ai été agréablement surpris, et cela, dès l'accueil à l'aéroport. Même lorsque j'ai signé à Chelsea, ça n'a pas été comme ça. Mon bilan est très positif.»

Un joueur-vedette reconnu internationalement, un entraîneur près du public, un propriétaire ayant prouvé qu'il était prêt à investir... Non, l'Impact n'a jamais été en si bonne position à l'issue d'une saison.




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