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Une volonté de fer

De 2010 à 2014, Eugenie Bouchard est passée... (Photo Miguel Medina, AFP)

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De 2010 à 2014, Eugenie Bouchard est passée du 538e au 16e rang mondial.

Photo Miguel Medina, AFP

Dans les archives de La Presse, on trouve ce texte publié le 27 juillet 2008 à propos d'une joueuse de tennis de 14 ans.

«Ne vous fiez pas à son air réservé, l'adolescente de Westmount sait ce qu'elle veut», écrivait ma collègue Caroline Touzin, avant de citer la jeune sportive en question: «Je veux devenir professionnelle. Je veux gagner des Grands Chelems, je veux être numéro un au monde si je peux.»

Au moment de cette entrevue, Eugenie Bouchard venait d'être éliminée en qualifications de la Coupe Rogers, à Montréal. Elle avait néanmoins disputé un bon match contre une Américaine de 27 ans, plus forte et plus expérimentée.

Le tennis était déjà la priorité de sa vie. Elle jouait en Floride cinq heures par jour, cinq jours par semaine, à l'académie de Nick Saviano, aujourd'hui son entraîneur à temps plein.

La détermination a toujours caractérisé Eugenie Bouchard. Cela explique en partie sa fulgurante progression. En sport d'élite, le talent brut ne suffit pas. Il faut aussi montrer une volonté de fer. C'est encore plus vrai dans les disciplines individuelles, où un coéquipier ne peut nous couvrir en cas de mauvais jour.

En atteignant la demi-finale de Roland-Garros, Eugenie Bouchard a montré un cran énorme. Ses succès aux Internationaux d'Australie de janvier dernier n'étaient pas un accident. Soyons francs: qui aurait pensé que cette jeune femme atteindrait le carré d'as des deux premiers tournois majeurs de la saison? Oui, elle fait maintenant partie de l'élite mondiale.

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Le troisième set du match d'hier illustre à merveille le tempérament d'Eugenie Bouchard. Elle tirait de l'arrière 4-1 et multipliait les mauvais coups. Comme si la fatigue et la nervosité charcutaient son assurance.

Et puis, d'un brusque revirement, l'athlète de 20 ans a décidé qu'elle en avait assez! À l'image d'un pilote de Formule 1 qui enclenche la vitesse supérieure dans la ligne droite, elle a retrouvé sa puissance et son mordant. L'infortunée Carla Suárez Navarro n'a rien vu. Eugenie Bouchard a gagné les 12 points suivants. Subitement, c'était 4-4!

Durant cette formidable séquence, elle a réalisé quelques coups magiques, dont un puissant revers en parallèle. Cette frappe gagnante a fait bien plus que lui donner un point. Elle a secoué le moral de l'Espagnole. À partir de ce moment, l'issue du match ne faisait pas de doute.

En rebondissant de la sorte, Eugenie Bouchard a envoyé un message clair à toutes ses rivales: pas question d'abandonner, pas question de cesser d'y croire, peu importe la situation.

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La constance dans la progression d'Eugenie Bouchard est saisissante. Elle occupait le 538e rang mondial en 2010, le 302e en 2011, le 144e en 2012 et le 32e en 2013. Elle pointe maintenant au 16e échelon, un classement qu'elle améliorera en raison de ses exploits à Paris.

Sur le plan financier, elle profite d'une conjoncture favorable. Sous l'impulsion de Roger Federer et Rafael Nadal, les organisateurs des tournois majeurs ont considérablement augmenté les bourses remises aux joueurs depuis deux ans.

Un exemple: en 2012, l'Omnium américain versait 25,5 millions US. Cette somme atteindra 50 millions US en 2017! En Australie, à Roland-Garros et à Wimbledon, la progression est aussi spectaculaire.

Résultat, en remportant son match d'hier, Eugenie Bouchard s'est assurée de toucher 412 500 euros, soit environ 610 000 $ CAN. C'est 30% de plus que la prime versée aux demi-finalistes de 2012.

La gagnante de la finale empochera 2,4 millions CAN et la perdante, 1,2 million CAN.

Ce n'est pas tout: si Eugenie Bouchard termine parmi les huit premières au classement de la saison, elle participera à la finale de la WTA à Singapour, en octobre.

Il s'agit d'un événement prestigieux dont elle a fait la promotion après les Internationaux d'Australie en compagnie de Chris Evert. Sa seule présence à cette occasion est révélatrice de son statut: Eugenie Bouchard est une star.

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C'était en août dernier, au stade Uniprix à Montréal. Je discutais de la progression de Milos Raonic en compagnie de Louis Borfiga, le grand patron du développement de l'élite à Tennis Canada. À la fin de notre conversation, je lui ai parlé d'Eugenie Bouchard.

- Peut-elle remporter un tournoi du Grand Chelem?

- Pourquoi pas? avait-il répondu.

Puis Borfiga m'a exposé «les deux grosses qualités d'Eugenie», pour reprendre son expression.

«D'abord, elle joue un tennis vraiment moderne. Elle frappe la balle très tôt et met toujours la pression sur l'adversaire.

«Ensuite, elle aime jouer sur les grands courts. Et ça, c'est important pour faire une grosse carrière. Quand elle est rentrée sur le central de Wimbledon, cet été, elle a battu la 12e mondiale (Ana Ivanovic). C'est un signe. Les championnes font ça. C'est facile de composer avec le central quand on est devant sa télé! Mais sur le terrain, lorsqu'on est jeune, c'est terrible. Là, elle m'a impressionné.»

Louis Borfiga a vu juste. Eugenie Bouchard s'impose dans les tournois majeurs, ceux où la pression est la plus redoutable. Elle possède tous les atouts pour réaliser son rêve d'adolescence, remporter un titre du Grand Chelem.

Réussira-t-elle l'exploit dès cette semaine à Paris? Le défi est rude, mais ne parions pas contre ses chances. À sa deuxième saison sur le circuit de la WTA, Eugenie Bouchard brûle déjà les étapes.




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