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Les Bruins et nous

Dans un spectacle présenté au Club Soda et dont un CD a été tiré, Richard Desjardins évoque un certain nombre de traditions québécoises. Parmi elles, les chansons à répondre et «éliminer Boston».

Éliminer Boston! Si les Bruins et le Canadien s'affrontent en deuxième ronde - un scénario logique -, réussir le coup sera un sacré défi.

Bien sûr, cette fameuse tradition a été respectée de 1946 à 1987. De manière presque invraisemblable, le Canadien a expédié les Bruins en vacances 18 fois consécutives! De quoi provoquer un certain complexe d'infériorité chez ses adversaires. Mais ceux-ci se sont bien repris. Les Bruins ont gagné 7 des 11 affrontements suivants.

Cette saison, les joueurs de Claude Julien ont dominé la LNH et comptent parmi les favoris pour remporter la Coupe Stanley. Leurs ambitions sont légitimes.

Si les Bruins règlent le cas des Red Wings de Detroit, ils trouveront le Canadien sur leur route dès la semaine prochaine. Et nous savons tous une chose: une série entre ces deux équipes est toujours riche en petits drames et en grandes émotions. Cette fois-ci ne fera pas exception à la règle.

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En raison de leur longue histoire et de leurs succès sur la patinoire, le Canadien et les Bruins sont des piliers de la LNH. Mais il est difficile de trouver deux organisations aussi différentes.

Avec ses 24 conquêtes de la Coupe Stanley et ses héros légendaires, le Canadien incarne une certaine noblesse du hockey. Sa devise «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau» donne le ton.

Les Bruins, eux, ont toujours cru à trois mots placardés dans leur vestiaire durant des années: «Heart and balls», ce qui signifie «Du coeur et des couilles».

Ce n'est pas aussi noble que les célèbres vers de John McCrae, mais le message est clair. (Il est seulement regrettable que Milan Lucic ne respecte pas celles de ses adversaires, comme en témoigne son vicieux coup de bâton entre les jambes de Danny DeKeyser, des Red Wings, la semaine dernière.)

Même si Boston est une ville d'une grande vitalité intellectuelle et qu'une promenade dans ses beaux quartiers est douce et agréable, son équipe de hockey se caractérise par son côté bagarreur, bien présent dans l'histoire de la région.

L'épisode du Tea Party en 1773, lorsqu'une cargaison de thé a été jetée à la mer en réaction à une décision du gouvernement britannique, a cristallisé cette partie de l'identité des Bostoniens. Les Bruins s'en sont toujours fait les porte-étendards.

Au fil des années, les incidents entre les deux clubs ont été nombreux. De John Wensink qui voulait «arracher la tête» de Guy Lafleur à Zdeno Chara qui a méchamment mis en échec Max Pacioretty, cette continuité historique s'est maintenue.

Le hockey a changé depuis l'époque des bagarres générales des années 70. Mais les coups illégaux demeurent possibles si les deux clubs se retrouvent bientôt. Les Bruins jouent dur, à l'image de leur président, Cam Neely, jadis un excellent et robuste attaquant.

Il est ironique de constater que les Bruins doivent en partie leur renaissance des dernières années, durant lesquelles ils ont remporté la Coupe Stanley en 2011 et atteint la finale au printemps dernier, à un Franco-Ontarien qui a grandi en encourageant le Canadien.

«J'ai joué pour les Nordiques, j'ai dirigé les Olympiques de Hull et le Canadien: j'ai du Québécois dans le sang!», a lancé Claude Julien en septembre dernier, après un match pré-saison au Centre Bell. «À Québec, j'ai appris à ne pas aimer le Canadien. Mais lorsque l'organisation m'a embauché plus tard dans ma carrière, je l'ai adorée!»

Julien ne se formalise pas de la réaction épidermique de milliers de partisans du Canadien à l'endroit des Bruins. «Compte tenu de la rivalité, ils n'aiment pas l'équipe et c'est normal. Ça me rappelle celle entre les Red Sox et les Yankees au baseball.»

L'entraîneur des Bruins sait cependant que les Québécois respectent Patrice Bergeron, un joueur complet. Et que plusieurs fans du Canadien se réjouissent de ses propres succès derrière le banc. Avec le recul, Julien a sans doute été congédié trop vite par Bob Gainey en 2006. Par un curieux hasard, il avait lui-même remplacé... Michel Therrien trois ans plus tôt.

***

Alors, faut-il haïr les Bruins? Pas du tout, même si on déteste le jeu de Lucic et qu'on peut parfois leur reprocher, comme à d'autres équipes, un jeu à la limite du fair-play. Mais la passion de cette organisation ne fait aucun doute.

À Boston, des animateurs de radio préparent déjà le terrain en vue d'une série contre le Canadien. Deux d'entre eux se sont égarés dans une drôle de direction cette semaine, pourfendant la foule du Centre Bell qui, à leur avis, ne fait que guetter d'éventuelles infractions à l'endroit de ses favoris afin d'influencer les arbitres.

On peut s'attendre à d'autres moments du genre si l'affrontement a bien lieu. Depuis trois ans, les gens de Boston reprochent aux joueurs du Canadien de plonger sur la glace afin de provoquer des pénalités.

Cette guéguerre ajoute au folklore de la rivalité. Les séries entre les Bruins et le Canadien ne sont jamais ennuyeuses. La plus récente, en 2011, a été tranchée par un but en prolongation de Nathan Horton dans le septième match à Boston. Ce fut du hockey intense d'un bout à l'autre.

Les affrontements entre vieux rivaux font la beauté du sport. Pourvu, bien sûr, qu'on évite les dérapages.

Si les Bruins éliminent les Red Wings aujourd'hui, on pourra alors, comme dirait l'autre, passer «aux vraies affaires»... Et voir si le Canadien rétablira la tradition si drôlement évoquée par Richard Desjardins.




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