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Roy et la Coupe Stanley

Après avoir rangé ses jambières en 2003, Patrick Roy aurait pu s'installer à demeure en Floride, se contentant de jouer au golf et de surveiller l'évolution de son portefeuille boursier.

Roy est plutôt rentré à Québec. Il a investi son argent dans sa ville natale comme copropriétaire des Remparts. Habitué au confort de la LNH, avec ses vols nolisés et ses hôtels cinq étoiles, il a replongé dans l'univers du hockey junior avec détermination.

Les longs voyages en autobus, les pointes de pizza avalées à la sauvette et l'absence de glamour ne l'ont pas rebuté. L'ancien gardien voulait faire ses preuves comme entraîneur sans prendre de raccourci. Il a commis des erreurs, mais son bilan est largement positif, avec une Coupe Memorial à la clé.

En annonçant hier la nomination de Roy au poste de vice-président et entraîneur-chef de l'Avalanche du Colorado, son nouveau patron Joe Sakic a bien résumé l'affaire: «Sa passion pour le hockey est inégalée».

À la même époque l'an dernier, Roy souhaitait diriger le Canadien. Le rejet de sa candidature l'a déçu. En remerciant publiquement Marc Bergevin de l'avoir reçu en entrevue, Roy a eu cette phrase significative: «J'aimerais, un jour, gagner une Coupe Stanley à titre d'entraîneur-chef».

Lorsqu'on connaît le bonhomme, on sait que cette affirmation représentait un objectif précis. Roy a toujours carburé aux défis. Dès ce moment, il était clair qu'il ferait bientôt le saut dans la LNH.

Les circonstances ont voulu que le poste soit disponible au Colorado, une organisation en pleine reconstruction. Pour Roy, le contexte est idéal.

***

Au Québec, la popularité de Patrick Roy est immense.

En mai dernier, dans la foulée de la nomination de Marc Bergevin au poste de DG du Canadien, un sondage Crop-La Presse a révélé que 56 % des répondants souhaitaient que Roy devienne l'entraîneur de l'équipe.

Ce verdict était sans appel. Aucun des autres candidats suggérés, dont Michel Therrien, n'a obtenu plus de 18 % de l'appui populaire. Bref, son embauche aurait été accueillie avec joie par une grande majorité de partisans.

Roy étant désormais derrière le banc d'une équipe de la LNH, son travail sera suivi de très près au Québec. Son ombre, celle d'une légende du hockey, planera toujours sur le Canadien et, forcément, sur Michel Therrien. Croire le contraire relève de la pensée magique.

Les deux entraîneurs dirigent des équipes prometteuses, alignant d'excellents jeunes joueurs, mais aussi pleines de lacunes. L'un des deux mènera-t-il, dans un horizon raisonnable, son équipe à la conquête de la Coupe Stanley? Et si oui, lequel réussira l'exploit en premier?

Ce duel, Roy vs Therrien, s'annonce passionnant.

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De prime abord, Roy possède les atouts pour conduire l'Avalanche au succès. Le fait qu'il n'ait jamais dirigé d'équipe professionnelle me laisse de glace.

Ce gars-là connaît à fond la mentalité des joueurs de hockey. Il a appris de ses anciens entraîneurs. Et, surtout, il sait gérer la pression. Pour un entraîneur-chef, par définition toujours sur la sellette, il s'agit d'une carte maîtresse.

En revanche, les responsabilités élargies de Roy avec l'Avalanche représentent un piège. Il est sûrement très heureux d'obtenir aussi le titre de vice-président aux opérations hockey, ce qui lui confère un rôle décisionnel majeur, en plus de justifier un salaire plus élevé.

Mais diriger une équipe est un travail terriblement exigeant. Surtout pour un nouvel entraîneur, dont le premier mandat est d'imposer son style. Roy devra éviter les décisions prises sous le coup de l'émotion. Sakic aura-t-il le cran de lui dire non s'il n'est fondamentalement pas d'accord avec lui? Cela reste à voir.

Dans la NFL, des organisations ont conféré les pleins pouvoirs à un seul homme. C'est le cas de Bill Belichick, des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui exerce le plein contrôle à tous les niveaux. Mais son exceptionnelle feuille de route le justifie très bien.

Roy devra aussi composer avec la réaction de ses joueurs. Si ceux-ci estiment que l'ampleur de ses responsabilités l'empêche de se consacrer à fond au rôle d'entraîneur, les ennuis seront inévitables.

La semaine prochaine, Sakic et Roy rencontreront les journalistes à Denver. Il sera intéressant de les entendre sur cette question. En cas de divergence d'opinions, qui aura vraiment le dernier mot?

***

En acceptant l'offre de l'Avalanche, Patrick Roy se joint à un grand empire sportif.

Stan Kroenke, le propriétaire de l'équipe, détient aussi les Rams de St-Louis (NFL), les Nuggets de Denver (NBA), les Rapids du Colorado (MLS), Arsenal (première ligue anglaise de soccer) et un réseau de télévision sportif.

Il possède également le Pepsi Center, où évoluent l'Avalanche et les Nuggets, un vignoble en Californie et un immense ranch en Colombie-Britannique.

Selon Sports Illustrated, les actifs de Kroenke dans le monde du sport valent 4 milliards. Le père et l'oncle de son épouse, Ann Walton, ont fondé la chaîne Walmart.

Bref, l'Avalanche est une organisation membre d'un groupe financièrement solide.

En embauchant Patrick Roy, Joe Sakic a réussi un grand coup. Le retour de l'ancien gardien dans la LNH, un circuit où il a réalisé tant d'exploits, ajoute déjà à l'intérêt de la prochaine saison.

Roy ne remportera pas la Coupe Stanley à sa campagne initiale. Mais je ne parierais pas contre ses chances à plus long terme.




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