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Monsieur Marotte rêve à Ottawa

Depuis 20 ans, Hans Marotte consacre sa considérable énergie à défendre les droits des chômeurs, au sein du Mouvement action chômage, «le MAC», comme il dit. Un militant social, comme on dit, par la nature de son job. Mais en 2015, il espère changer de job.

La nouvelle est sortie la semaine passée: le Nouveau Parti démocratique (NPD) a recruté Hans Marotte, 46 ans, comme candidat en vue de l'élection fédérale qui devrait avoir lieu dans un an.

«J'ai un argumentaire, me dit-il en entrevue téléphonique, je sais ce que le monde vit: je peux amener ça aux députés, aux députés du pouvoir, même si on ne forme pas le gouvernement. Leur dire comment ça se vit sur le terrain, leur dire la réalité des chômeurs...»

En prenant des notes, je souris. C'est le Hans Marotte que je connais, autour de qui j'ai fait reportages et chroniques: indécrottable dans son optimisme, dans son idéalisme. Capable de dénoncer un système mesquin envers les travailleurs et les chômeurs, sans jamais perdre sa verve, sans sombrer dans le cynisme.

Et là, Hans se voit déjà en train de convaincre des députés de droite d'aider les chômeurs. C'est lui, ça...

La réforme de l'assurance-emploi imposée par le gouvernement Harper l'a comme ramené sur le radar médiatique, plus de 25 ans après qu'il eut escaladé la croix du mont Royal pour la cause de la loi 101. Avocat format géant, barbu aux cheveux longs, il est d'une belle éloquence quand il s'agit d'expliquer les injustices faites aux chômeurs: il «passe bien», comme on dit parfois bêtement dans les médias. Alors on l'a vu partout, depuis deux ans, des pages du Devoir et de La Presse, aux Francs-tireurs et à Tout le monde en parle...

Pourquoi passer du militantisme à l'action politique?

«J'ai une grande frustration, me dit-il, depuis la réforme de l'assurance-emploi. J'ai eu une grande couverture médiatique, où j'ai pu expliquer pourquoi c'est une mauvaise réforme. Mais je n'ai jamais réussi à avoir un seul décideur devant moi! Là, si je suis élu, je vais avoir des décideurs devant moi. Il y a des articles de loi auxquels un petit changement - un mot ou une virgule - peut finir par aider 10 000 personnes. Mon but, c'est d'aider du monde à respirer.»

Depuis 20 ans, quand le monde débarque dans les bureaux vieillots du MAC, rue Drolet, pas loin du marché Jean-Talon, le monde ne respire pas, il est à bout de souffle, il vient de se faire refuser un chèque de chômage. Hans et ses collègues aident les clients du MAC à monter un dossier, à naviguer auprès de l'assurance-emploi, à contester le refus de prestations. Et, souvent, au final, à avoir un chèque...

Il s'était présenté en 2000 contre le libéral Pierre Pettigrew. C'était une autre époque. Être candidat du NPD au Québec, en 2000, c'était se condamner à la défaite. Après la vague orange de 2011, imaginer Hans Marotte en député fédéral du NPD ne tient plus de la science-fiction.

D'où sa décision d'accepter l'offre du NPD. C'est dans Saint-Jean qu'il représentera le parti de Thomas Mulcair - «si je gagne l'investiture», s'empresse-t-il de préciser. La circonscription est représentée par un député du NPD, Tarik Brahmi, qui se retire pour des raisons de santé.

Un gars de gauche, bien sûr. Le coeur à gauche et le portefeuille aussi: ce n'est pas en étant avocat d'un OSBL comme le Mouvement action chômage qu'on se met riche. Il s'en contrefiche; Hans est de ces hommes qui vivent avec peu.

«Si tu gagnes, tu vas avoir un choc culturel, mon Hans, vu le salaire des députés fédéraux...

- Si je suis élu, je vais faire partie du 1%, parce qu'au Canada, à 160 000$ par année, tu es dans le 1% des plus riches. Mais je vais faire ma part pour payer plus d'impôts; pour que les compagnies en paient plus, surtout. Les charges fiscales canadiennes sont inférieures de 46% à celles des compagnies américaines...»

Il rigole encore en pensant au salaire des députés, «un salaire de fou», quelque chose comme quatre fois ce qu'il gagne. «Mais je vais travailler pour ceux qui font 40 000, 45 000$ par année. Pas pour ceux qui font 160 000$...»




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