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Entre peste et choléra

Vous dire, d'abord, à quel point j'haïs écrire sur le conflit israélo-palestinien. C'est immanquable: chaque fois, ça attire un tas d'excités, les plus casse-pieds qui soient: ceux qui lisent votre chronique avec une loupe.

Oui, oui, il y a des lecteurs qui lisent le journal avec une loupe.

Ce n'est pas qu'ils soient myopes. Enfin, si, ils sont myopes, mais au sens figuré seulement...

Ils lisent avec une loupe, ils voient une virgule suspecte et, Ah-HA! , ça y est, vous êtes pour eux un agent sioniste, un sympathisant terroriste, un pantin de la CIA, un naïf pro-islam ou un anti-arabe à la solde du Mossad.

 

Toutes ces étiquettes pour la même virgule, remarquez.

Bon, petit détour pour vous dire que Human Rights Watch, une ONG basée à New York, qui défend les droits de l'homme, est allée constater sur le terrain les exactions commises et/ou tolérées par le Hamas, pendant le pilonnage de Gaza par Israël.

D'où le nom du rapport: «Sous couvert de la guerre: La violence politique exercée par le Hamas à Gaza».

Assassinats, intimidation, mutilations: le Hamas a profité des bombes d'Israël pour continuer sa guerre avec le Fatah, son rival politique. Et pour persécuter les Gazaouïs soupçonnés de collaboration avec Israël.

La tactique préférée des goons du Hamas? Estropier les hérétiques à coups de balles de AK-47 dans les jambes.

Pendant les bombardements israéliens, des hommes agissant au nom du Hamas auraient ainsi exécuté 18 Palestiniens, rapporte HRW. Puis, depuis la fin des combats, 14 autres Palestiniens ont été tués par le Hamas.

Il n'y a là rien de neuf sous le soleil de la Méditerranée. Depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza, en 2007, les détentions arbitraires, les passages à tabac, les balles dans les jambes et la torture sont pratiquées par le Hamas contre ses opposants.

Et le mot «opposant», comme chaque fois avec les fêlés, a une définition élastique. À preuve: HRW documente le cas d'un Palestinien d'une vingtaine d'années qui, selon son propre aveu, «a fait une erreur».

L'erreur? Eh bien, le type était avec des amis, à la mi-janvier, dans la rue, parlant des événements du jour. Difficile de parler d'autre chose que du bombardement israélien, n'est-ce pas...

Et le type a passé une remarque désobligeante envers le Hamas.

Juste ça. Une remarque pas gentille.

Ce soir-là, une douzaine d'hommes armés et masqués l'ont kidnappé chez lui, ils l'ont traîné dans un terrain vague, et lui ont tiré trois balles dans les jambes.

Notons ici qu'une balle dans les jambes n'a pas le même effet à Gaza qu'à Laval. Traduction: la médecine accomplit moins de miracles dans ce coin du monde qu'ici. On boite plus longtemps, après être passé sous le bistouri, à Gaza...

Le rapport de HRW se lit comme un petit traité de banditisme. À côté, les Hells Angels sont des enfants de choeur.

On se met à la place des Palestiniens et, vraiment, il y a de quoi être envahi par la sympathie. En ces journées terribles du début de 2009, ils étaient coincés entre le choléra et la peste.

D'un bord, Israël qui lance des missiles Hellfire d'hélicoptères sur des zones résidentielles.

De l'autre, le Hamas qui utilise la population civile pour se cacher de ces bombardements.

D'un bord, des snipers israéliens qui tirent sur des civils, en toute connaissance de cause, selon des témoignages de soldats (témoignages désavoués par une enquête de... l'armée).

De l'autre, des miliciens du Hamas qui tirent dans les jambes des civils soupçonnés d'être des agitateurs du Fatah ou des espions d'Israël. Évidemment, le Hamas n'enquête pas sur ces exactions.

Au final, 1400 Gazaouïs sont morts pendant le bombardement israélien.

Le Hamas a tué 10 soldats israéliens pendant les semaines de l'opération Plomb durci. Et trois citoyens israéliens, avec les roquettes des Brigades al-Qassam. Total: 13 Israéliens tués par la «résistance».

En tuant 18 résidants de Gaza pendant cette opération, le Hamas a donc réussi à éliminer plus de Palestiniens que d'Israéliens.

Parlez-moi d'une «résistance» conséquente!

On va me dire, c'est sûr, qu'Israël est à blâmer. Qu'Israël a fait tomber sur Gaza tout ce que le génie militaire moderne a de mieux à offrir.

Que le combat était inégal. C'est vrai.

Mais c'est précisément l'exaspérant piège de ce maudit conflit: tomber dans une concurrence des victimes.

Il y a des gens qui vont dire: Ah, voyez, le Hamas, c'est une bande de barbares, il faut ce qu'il faut...

Ah oui? Même des bombes au phosphore?

Je souligne le rapport de HRW parce qu'il y a vraiment des salopards des deux bords. Je ne sais même plus qui l'est davantage.

Quand je suis allé en Israël, en janvier, c'est ce que j'ai trouvé de plus dur: faire comprendre qu'il n'y a pas les bons d'un bord et les méchants de l'autre. C'est plus compliqué.

Et, chaque fois qu'Israël est critiquée, ici, c'est ce qui me déprime: cette tendance qu'ont bien des gens à avoir des sympathies pour le Hamas (ou le Hezbollah), puisque Israël est le «méchant» désigné.

Notez aussi que les manifs anti-Hamas ne paralysent pas souvent le centre-ville.

On lit ce rapport de HRW et on voit l'ampleur du banditisme islamique à Gaza.

Solidarité avec les Palestiniens? Évidemment, toujours. Avec le Hamas? No way, jamais.

Pour joindre notre chroniqueur: plagace@lapresse.ca

 




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