Source ID:; App Source:

Le transfuge

Dossiers >

Une journée avec...

Actualité

Une journée avec...

Nos chroniqueurs ont suivi des candidats pendant une journée: tournée électorale, souper, coucher et petit-déjeûner. Cette approche originale a donné lieu à des moments d'une rare intimité. Au menu: politique, couette et café corsé! »

J'arrive chez Pierre Michel Auger. Il est au téléphone, dans sa chambre, porte entrouverte. C'est Ludovic qui m'accueille. Chandail du Canadien, pantoufles de Flash McQueen. Six ans.

La porte s'entrouvre, Pierre Michel Auger, député libéral de Champlain, ex-adéquiste, met la main sur le récepteur et souffle à son fils: «Lui, c'est Patrick...»

 

Une minute après, le député de Champlain, l'air fatigué, sort de sa chambre. Si son nom vous dit quelque chose, c'est que vous l'avez entendu quand Jean Charest a annoncé en octobre, avoir recruté deux adéquistes, Auger et André Riedl.

«Veux-tu une bière?»

C'est un soir de semaine de campagne, mais Pierre Michel Auger reste un père. Père divorcé, mais père quand même. On peut dire que c'est la politique qui a pulvérisé sa vie de famille. En 2003, il voulait représenter l'ADQ, dans Maskinongé. C'était fait. Puis, c'est tombé à l'eau. Il a perdu l'investiture. Expérience intense, déchirante. Pour lui. Pour sa blonde.

Donc, en 2007, l'ADQ l'a relancé, pour Champlain. Auger, prof au Collège Laflèche, est allé rencontrer le parti. Il a posé ses conditions. L'ADQ l'a accommodé.

«En revenant à la maison, Josée m'a dit: «Si tu y vas, nous deux c'est fini.»

Auger s'est quand même lancé dans la course. Il pensait que Josée n'était pas sérieuse. «Mais elle a tenu parole...»

Le 26 mars 2007, Pierre Michel Auger avait donc un job de député. Mais plus de blonde depuis quelques semaines.

Pierre Michel Auger me raconte sa vie avec abandon, dans le divan neuf de son appartement neuf, sis à l'étage d'un duplex qu'il a récemment acheté, rue Saint-Laurent, à Cap-de-la-Madeleine, en face de son bureau de député.

Il a allumé des chandelles, «pour l'atmosphère», dit-il, pour décrocher un peu. Serrer des mains toute la journée, en campagne, ça vous stresse un homme.

Au milieu d'une phrase, il se lève et va voir dans sa chambre. Je le suis. Ludovic, 6 ans, est tombé comme une bûche dans le lit de son père (ça tombe bien, c'est dans le lit du petit que je dors, ce soir). Il dort sur le ventre.

Au pied du lit, une cage. Dans la cage, un lapin.

Un lapin, monsieur le député?

«C'est pour le petit», fait-il, en éteignant la lumière.

Nous en sommes à une deuxième Molson Ex. Il est tard. Auger m'explique sa vie, entre Trois-Rivières et Québec, sa vie de père écartelé, le célibat, les heures de fou à Québec. Je lui dis que c'est une vie de cinglé, une cage dorée. Il n'est pas d'accord.

«Je veux aider. Toute ma vie, j'ai aidé. En étant prof, en faisant du démarrage d'entreprise, en étant coach au hockey. Député, c'est aider ton monde, aussi...»

Il me parle de ces travailleurs, juste en face de chez lui, de chez Aleris. La compagnie a mis la clé sous la porte. Sa mission, c'est d'aider ces «450 gars-là et leurs familles», par exemple. Discours convenu de député, quoi, un peu robot.

Auger me parle d'Aleris, je prends des notes, tout est calme, les chandelles et de la Molson Ex, ça vous feutre une atmosphère, quand tout à coup, il lâche un TABARNAK venu du fond de ses tripes!

Je lève les yeux et le député de Champlain regarde la télé, l'air effrayé. Il vient de tomber sur cette pub de la CSST où un pauvre gars se fait écraser par une machine, dans une usine.

Le lendemain matin, Pierre Michel Auger est d'attaque, à 6 h du matin. Moi, j'ai dormi dans le lit gracieusement cédé par Ludovic, sous le poster de Sydney Crosby. Ma première vision du député est celle-ci: il repasse sa chemise, torse nu, l'air guilleret, fraîchement sorti de la douche.

«Je sais, je sais, je devrais les envoyer chez le nettoyeur...»

Aujourd'hui, si j'ai bien compris, le ministre Raymond Bachand doit passer dans la circonscription. Il faut aussi serrer des mains. Grosse journée.

À mes pieds, le lapin a posé le nez sur les barreaux de sa cage. Le nez bouge imperceptiblement, à moitié sorti. Je vois un parallèle, ici. Le lapin est enfermé dans sa cage. Le député est enfermé dans son job de fou. Au moins, le lapin n'a pas à repasser ses chemises.

«Si tu veux écouter les nouvelles, RDI c'est au 19; LCN c'est au 39», me dit le député de Champlain.

Dans le salon, Ludovic, comme tous les enfants de 6 ans, le matin, se fiche bien des nouvelles, des clips de Mario Dumont, de la crise financière. Il regarde Télétoon.

 

CHAMPLAIN

CANDIDATS

Luc Arvisais ADQ

Pierre Michel Auger PLC

Noëlla Champagne PQ

Myriam Fauteux QS

Jean-Pierre Grenier Ind

RÉSULTATS EN 2007

ADQ 44,8%

PQ 30,7%

PLQ 21,6%

QS 2,9%

 




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

La liste:-1:liste; la boite:2525685:box; tpl:html.tpl:file

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer