J'étais au centre-ville de Port-au-Prince quand la terre a été secouée par un séisme à 6h03 ce matin. Il faisait encore nuit, même si le ciel prenait des teintes grisâtres. J'étais dans le quartier le plus dévasté de la capitale, dans une rue large et déserte avec, de chaque côté, des édifices en lambeaux.

Michèle Ouimet LA PRESSE

Je venais de terminer une entrevue avec cinq policiers qui montaient la garde pour empêcher les jeunes de piller les magasins. J'étais dans l'auto, la porte ouverte, en train de prendre des notes lorsque tout s'est mis à trembler. Sur le coup, je n'ai pas pensé à un séisme. Je me suis dit: «Encore l'auto qui renâcle!»

Quelques débris se sont détachés des façades fissurées, puis il y a eu un long silence. C'est là que j'ai compris que la terre avait tremblé. Ce n'était pas la voiture, mais la nature.

Pendant ce temps, mes collègues dormaient quelques kilomètres plus loin. La maison a tangué, m'ont-ils raconté. Tout s'est passé très vite, à peine quelques secondes. Un vrombissement puissant qui les a jetés en bas de leur sac de couchage. Ils se sont précipités à l'extérieur de la maison, un peu secoués, sans prendre le temps de mettre leurs souliers ou d'attraper leur passeport. Le quartier était calme, personne ne criait.

Le 12 janvier, le séisme avait une magnitude de 7. Ce matin, il était de 6.1.

Y aura-t-il d'autres secousses? C'est la question que tout le monde se pose.