Les joies et les risques du direct

Les animateurs du 33e Gala Artis, Maripier Morin... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

Agrandir

Les animateurs du 33e Gala Artis, Maripier Morin et Jean-Philippe Dion

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Les animateurs du 33e Gala Artis, Maripier Morin et Jean-Philippe Dion, avaient promis une soirée festive. Ce fut en effet la fête, dimanche, en direct du Théâtre Denise-Pelletier. Une fête donnée en l'honneur des têtes d'affiche les plus populaires de la télé, marquée par l'amour - le thème de la soirée - et l'émotion (en particulier celle inspirée par la fête des Mères).

Une soirée qui a commencé sur les chapeaux de roues, avec un spectaculaire numéro musical de plus de 10 minutes mené par Martine St-Clair, Marie-Ève Janvier et Patrice Michaud qui a consacré deux personnalités de l'année bien différentes : un habitué, Charles Lafortune, et une lauréate (très) surprise, Magalie Lépine-Blondeau.

Les deux artistes ont reçu une double dose d'amour du public, remportant respectivement les prix Artis de l'animation d'émission de variétés et de l'interprétation féminine dans une série dramatique annuelle, avant d'être sacrés en quelque sorte « roi » et « reine » de la soirée, comme dans un bal de finissants du secondaire.

Visiblement prise de court par cette marque de reconnaissance du public, Magalie Lépine-Blondeau a précisé n'avoir jamais été populaire à l'école, et ne pas avoir tenté de l'être. « On n'a pas besoin de faire de compromis sur la personne qu'on veut être dans la vie », a-t-elle ajouté, après avoir avoué avec humour qu'il y avait deux choses qui l'irritaient dans les galas, les lauréats qui ne sont pas préparés et ceux qui sont un peu « chauds ». « Je suis les deux en ce moment... »

Il s'agissait des 12e et 13e trophées Artis remportés par Charles Lafortune, qui était pour la douzième année d'affilée finaliste au prix de la personnalité masculine de l'année (c'était sa quatrième victoire). Très ému et émouvant, Lafortune a parlé de sa colère de voir une jeune femme trisomique ne plus pouvoir travailler pour Walmart (sans nommer l'entreprise). « N'ayez pas peur de saluer la différence », a dit ce père d'un fils autiste.

En remportant son premier trophée en début de soirée, l'animateur de La voix a déclaré ne pas savoir si la très populaire émission de TVA serait de retour l'an prochain, tout en se félicitant des quatre finalistes de l'émission issus de la diversité. « La preuve que le Québec est une société en santé, ouverte et aimante », a-t-il ajouté.

Dans ce gala populaire habituellement dominé par les têtes d'affiche de TVA, la chaîne de Québecor a remporté neuf trophées, contre six pour Radio-Canada.

Des animateurs discrets

Ce 33e Gala Artis a été rondement mené par Maripier Morin et Jean-Philippe Dion. À leur première expérience à la barre de l'événement, ils sont restés plutôt discrets, assurant les enchaînements de numéros et de présentations de prix. Dans une soirée aussi chargée, d'une durée de plus de 2 h 30 min, c'était sans doute ce qu'il y avait de mieux à faire.

Si l'esprit était à la fête, le duo n'a pas pour autant balayé sous le tapis les événements entourant le mouvement #moiaussi. « Y en a eu des bouleversements », a dit d'emblée Maripier Morin, en faisant référence, sans les nommer, à Eric Salvail et Gilbert Rozon. « Maintenant, ce qu'on vise, ce qu'on veut, c'est l'égalité entre les hommes et les femmes. L'égalité partout ! » a-t-elle ajouté.

Avec un numéro de variétés digne des populaires dimanches soirs musicaux de TVA - mais dirigé par le réalisateur d'En direct de l'univers à Radio-Canada, Jean-François Blais -, on a très rapidement donné le ton au gala. « On vous donne du love ! » ont lancé les animateurs en choeur.

L'amour a été décliné en chanson de bien des manières, Martine St-Clair chantant Il y a l'amour dans l'air, Marie-Ève Janvier enchaînant avec Je t'aime, et le duo entonnant Love Can Move Mountains de Céline Dion. Les animateurs distribuaient de la barbe à papa aux finalistes pendant que Martine St-Clair chantait On va s'aimer, que Gilles Girard (des Classels) chantait Ton amour a changé ma vie et que Patrice Michaud et Alex Nevsky chantaient Beau comme on s'aime de Yann Perreau, chanson-thème de la soirée. Tout ce beau monde a ensuite entonné All You Need Is Love des Beatles, sous une pluie de confettis. Ce n'était que le début, même si ça ressemblait à une scène finale de comédie musicale.

Sous le signe de District 31

Le début de soirée a été placé sous le signe de District 31, populaire série de Luc Dionne, ce qui, à l'antenne de TVA, a semblé en surprendre quelques-uns (sur les réseaux sociaux)... Magalie Lépine-Blondeau la première ! Préférée à la toujours favorite Guylaine Tremblay pour son interprétation du personnage marquant et pourtant disparu de Nadine, elle a été très éloquente en parlant du privilège de faire son métier.

« Moi, je suis comme un roi au royaume de Fabienne, qui travaille en présence de princesses et de princes », a à son tour déclaré Gildor Roy en évoquant District 31. Il a lui aussi remporté deux trophées Artis, son deuxième pour son rôle comique dans Lâcher prise d'Isabelle Langlois. Guylaine Tremblay, chouchou du public, ne pouvait pas partir sans récompense : elle a remporté un prix pour son jeu dans la comédie En tout cas de Rafaële Germain. Elle a paru très émue en parlant de sa mère, qui l'accompagnait.

Le numéro de variétés le plus réussi fut à mon sens celui du duo Loud et Charlotte Cardin, pendant qu'une artiste faisait des flammèches avec sa meuleuse industrielle sur les portraits de Marc-André Grondin et Ludivine Reding, lauréats des prix d'interprétation dans des séries dramatiques saisonnières.

« Il est temps qu'on arrête de se fermer les yeux », a déclaré Ludivine Reding, émue aux larmes, à propos de la prostitution juvénile, en dédiant son prix aux victimes et à leurs familles. Marc-André Grondin, très sobre, a ensuite remercié sa mère, qui a « fait beaucoup de sacrifices » et a connu « une année difficile ». Le père du comédien de L'imposteur, l'animateur de radio Denis Grondin, est mort l'an dernier.

Ariane Moffatt n'a pas craint de se faire lancer des tomates en chantant What About Us de P!nk, en anglais, avant de présenter les finalistes de l'Artis de la personnalité de l'année. Les réseaux sociaux se sont aussitôt gorgés de tomates. Mention spéciale à Magalie Lépine-Blondeau, qui chantait et dansait en accompagnant tous les numéros. C'était sa soirée.

Dave Morissette, très comique, a remporté son septième trophée Artis et a salué avec raison Chantal Machabée, qui a ouvert la voie aux femmes dans la couverture du sport - mais pas au point de remporter un trophée... - avant d'être chassé de la scène par l'orchestre.

Gino Chouinard a reçu un trophée Artis trempé... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

Gino Chouinard a reçu un trophée Artis trempé dans le chocolat.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Gino Chouinard, qui a reçu un trophée Artis trempé dans le chocolat (comme chez Chocolats Favoris, dont il est l'un des actionnaires), semblait un tantinet vexé par le numéro pourtant très comique et pas du tout complaisant d'Élise Guilbault et de Fabien Cloutier sur les émissions de services, dont ils sont soi-disant (hum !) de grands admirateurs.

Fausses notes

Il y a eu, bien sûr, quelques fausses notes. Pierre Bruneau, en allant cueillir son 20e trophée Artis sur l'air de Despacito (Céline Galipeau attend son tour comme Chantal Machabée), a parlé de sa femme depuis presque 45 ans en disant qu'elle était encore capable « d'allumer ». Les joies du direct...

Guy Jodoin a, avec ses verres fumés, osé une blague sur #metoo (« plutôt que maîtresse de jeu, il faudrait peut-être dire maître ») avant de parler de la « délicieuse » Edith, sa compagne depuis cinq ans. Les risques du direct...

Au rayon de l'humour, les animateurs n'ont pas non plus toujours eu la main heureuse, notamment en évoquant #moiaussi. « Le grand ménage est déjà bien commencé », a osé Maripier Morin en provoquant un silence dans la salle. « On s'est donné de l'amour. Et on était consentants ! » a conclu Jean-Philippe Dion, en fin de soirée. Sa phrase était préparée. Il n'avait pas l'excuse du direct.




À découvrir sur LaPresse.ca

  • Une soirée imprévisible au gala Artis

    Télévision

    Une soirée imprévisible au gala Artis

    Enfin ! La soirée Artis de dimanche n'était pas prévisible comme celles des années précédentes et a ainsi permis à de nouvelles personnalités de... »

la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

La liste:-1:liste; la boite:2525685:box; tpl:html.tpl:file

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer