Marc Cassivi LA PRESSE

Le conte de fées de Xavier Dolan se poursuit au Festival de Cannes. Le jeune cinéaste québécois de 20 ans a remporté aujourd’hui trois des quatre prix décernés dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs pour son étonnant premier film, J’ai tué ma mère.

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Dolan a reçu le Art Cinema Award, remis par un jury international constitué de programmateurs de cinémas indépendants, le Prix SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), décerné au meilleur film francophone, et le Prix Regards jeunes, remis par un jury de jeunes cinéphiles au meilleur premier ou deuxième long métrage de la Quinzaine.

J’ai tué ma mère, qui met en vedette Xavier Dolan lui-même ainsi qu’Anne Dorval, n’était pas éligible au quatrième prix, remis à un long métrage européen par un jury d’exploitants de salles.

«C’est un conte de fées si vous voulez, mais un conte de fées sans fée marraine», a déclaré à La Presse Xavier Dolan, qui a scénarisé, réalisé et produit lui-même ce long métrage, en y investissant toutes ses économies. «Je suis content de m’être battu, d’avoir été pugnace pour enfin atterrir ici. Être à Cannes, c’était mon rêve dès le tout début. Quand j’ai écrit l’apostrophe de J’ai tué ma mère, c’était mon rêve.»

Son rêve pourrait se poursuivre dimanche soir, alors que sera décernée la prestigieuse Caméra d’or, remise au meilleur premier long métrage du Festival de Cannes, toutes sections confondues. «Je tombe des nues, dit-il. On est tous soufflés par cette annonce. On n’avait aucune attente. Ces trois prix-là, c’est le paradis terrestre. Ça m’émeut beaucoup.»

Xavier Dolan a écrit le scénario de J’ai tué ma mère, une comédie dramatique grinçante et singulière, alors qu’il n’avait que 17 ans. Il a tourné le film à 19 ans, sans aucune aide gouvernementale (la SODEC a par la suite offert son aide par l’entremise du soutien aux oeuvres indépendantes). Il n’avait auparavant jamais tourné le moindre court métrage de sa vie.

«Ce que je sais, c’est qu’il faut avoir foi en ses rêves et réaliser que la vie vaut la peine d’être vécue. Je vais garder un souvenir impérissable, indicible des gens, des lieux, ici à Cannes.»

Présenté en première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs, J’ai tué ma mère prendra l’affiche le 5 juin dans dix salles au Québec. Il sera également à l’affiche en France le 15 juillet. La société française REZO, qui a acquis les droits mondiaux du film, a déclaré à La Presse ne pas être en mesure d’évaluer avant la fin du Festival le nombre total de marchés où J’ai tué ma mère pourrait être distribué, mais il est question d’au moins une vingtaine de pays.

Par ailleurs, le court métrage d’animation de l’Office national du film Runaway, de Cordell Barker, a reçu aujourd’hui le Prix du meilleur court métrage de la Semaine de la critique. Le Festival de Cannes se termine dimanche.

Avec Alexandre Sirois