Marc Cassivi LA PRESSE

Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémeaux, lui a dit «À bientôt». Xavier Dolan compte bien le prendre au mot.

Le jeune cinéaste montréalais a appris à seulement deux heures de la soirée de clôture du Festival de Cannes que son film J’ai tué ma mère n’avait pas remporté la Caméra d’or, remise au meilleur premier film du Festival de Cannes. Selon différentes sources, il comptait parmi les trois favoris à ce prestigieux prix, sur 26 candidats.

«La décision finale a été très difficile à prendre», a admis au moment de remettre le prix (à Samson and Delilah de Warwick Thornton) le président du jury des premières œuvres, le comédien français Roschdy Zem.

Xavier Dolan, 20 ans, vient de vivre une semaine inoubliable à Cannes.  J’ai tué ma mère, qu’il a scénarisé, réalisé, produit, et dont il tient la vedette avec Anne Dorval, a raflé vendredi les trois prix auxquels il était éligible à la Quinzaine des réalisateurs. 

Longuement ovationnée par le public, cette charmante comédie dramatique a fait l’objet d’un accueil enthousiaste de la presse française, qui a salué ce «jeune surdoué» (Le Figaro), «promis à un bel avenir» (L’Humanité), qui «fait preuve d’un sacré métier» (Libération).

Aujourd’hui, Xavier Dolan doit se rendre à Paris afin de rencontrer un acteur français intéressé à son prochain film, Laurence Anyways, qui traitera de la transsexualité. Le scénario est déjà écrit et Dolan estime à 90% les chances que le tournage soit entrepris dès cet automne, à Montréal et en Arizona. Le rôle principal de ce drame sera tenu par Suzanne Clément, également de la distribution de J’ai tué ma mère.

Xavier Dolan ne s’est pas prévu de rôle dans son deuxième film. Il a cependant été sollicité à Cannes cette semaine par des producteurs français, impressionnés par son jeu, souhaitant lui proposer des rôles au cinéma.

Xavier Dolan produira lui-même Laurence Anyways, comme ce fut le cas pour son premier film, grâce aux ventes internationales de J’ai tué ma mère. Cette comédie douce-amère, subtile et grinçante, a déjà trouvé des distributeurs dans une douzaine de pays, avec une douzaine d’autres intéressés.

J’ai tué ma mère, qui prend l’affiche le 5 juin au Québec et le 15 juillet en France, devrait être présenté au prochain Festival international du film de Toronto.