Marie-Claude Boisvert cultive une admiration certaine à l'endroit des entrepreneurs qu'elle a abondamment côtoyés depuis qu'elle s'est jointe à Desjardins Capital de risque. Elle y occupait depuis huit ans le poste de chef des opérations avant d'être promue, il y a trois semaines, première vice-présidente, services aux entreprises. Elle compte bien continuer à soutenir et valoriser le meilleur de l'entrepreneuriat au Québec.

Publié le 15 juill. 2016
Jean-Philippe Décarie LA PRESSE

Comptable de formation, Marie-Claude Boisvert s'est jointe au Fonds Desjardins Capital de risque (Desjardins Entreprises Capital régional et coopératif) il y a 22 ans.

Elle a commencé comme conseillère à l'investissement avant d'occuper différentes fonctions, de chef de la direction financière à vice-présidente Investissements et opérations, pour enfin prendre la direction du fonds fiscalisé de Desjardins en 2009.

« C'est Monique Leroux qui m'a nommée chef des opérations de Desjardins Capital de risque lorsqu'elle est entrée en fonction et c'est Guy Cormier, notre nouveau PDG, qui m'a nommée le 15 juin dernier première vice-présidente, Services aux entreprises.

« Je suis maintenant responsable du marché des grandes entreprises, des comptes majeurs, du marché des capitaux et des 40 centres Desjardins Entreprises qui sont situés partout au Québec », précise la gestionnaire.

Marie-Claude Boisvert compte bien toutefois continuer de rencontrer les entrepreneurs de toutes les régions comme elle l'a toujours fait au cours des 20 dernières années.

« J'ai toujours été accessible pour les entrepreneurs, je les écoute et je les appuie. J'aime ça être sur le terrain, les côtoyer dans leur entreprise. » - Marie-Claude Boisvert

« Je suis une fille de changement et mon rôle chez Desjardins Capital de risque était de donner un sens de la stratégie d'investissement du Fonds. Mais c'est clair qu'on veut conserver et valoriser au maximum nos entreprises québécoises et c'est aussi la volonté de Guy Cormier », soumet-elle.

Depuis son arrivée comme chef de la direction, en 2009, le Fonds a toujours affiché des résultats positifs et elle explique que son souci de tous les jours a été de faire de Desjardins Capital de risque la meilleure organisation qui soit dans son domaine.

INNOVER DANS LA FAÇON D'INVESTIR

Le Fonds Desjardins Capital de risque a 15 ans et totalise aujourd'hui 2 milliards d'actifs investis dans 400 entreprises. La valeur des placements dans ces PME varie de 200 000 $ à 75 millions. Le Fonds gère également pour la Caisse de dépôt son Fonds PME de 400 millions.

Le Fonds investit sous forme de dette subordonnée et prend des participations au capital des entreprises, la forme que privilégie, et de loin, Marie-Claude Boisvert.

« On veut éviter que nos PME s'endettent trop alors on leur suggère de les financer en achetant de leurs actions. Beaucoup de propriétaires de PME hésitent à ouvrir leur capital alors on leur propose de faire un essai pour une période de 18 mois.

« À l'échéance des 18 mois, ils ont la possibilité de transformer notre investissement en un prêt conventionnel. On a développé un modèle simplifié de convention d'actionnaires qui tient en quatre pages. On veut vraiment favoriser cette forme de partenariat », précise Marie-Claude Boisvert.

Les deux premiers projets d'investissement auxquels Marie-Claude Boisvert a participé, il y a 22 ans, ont été réalisés dans Technologies 2020 et Technologies Miranda. Deux entreprises à succès qui ont été avalées par des groupes américains en 2012.

La chef des opérations du fonds Desjardins Capital de risque a aussi été associée depuis 20 ans maintenant à un autre fleuron québécois Camoplast, devenu aujourd'hui Camso.

« On est encore actionnaire de Camso, mais on a dû réduire notre participation parce que l'action s'est tellement valorisée qu'elle occupait une place démesurée dans le portefeuille », note Marie-Claude Boisvert.

Desjardins Capital de risque a dû aussi innover parce que le Fonds s'est retrouvé dans des situations où sa participation pouvait en faire l'actionnaire majoritaire.

« J'ai obtenu du conseil d'administration du Fonds la permission de prendre des participations majoritaires dans certaines situations. On est présentement l'actionnaire de contrôle d'une douzaine d'entreprises telles que Télécon, Avjet ou Industries Fournier de Thetford Mines.

« On a dû faire ces interventions parce que le cédant voulait vendre l'entreprise à ses cadres pour assurer que l'entreprise poursuive son développement au Québec », résume Marie-Claude Boisvert.

UN NOUVEAU DÉFI

Lorsque nous avons planifié notre rencontre, Marie-Claude Boisvert ignorait qu'elle allait quitter ses fonctions au Fonds Desjardins Capital de risque et elle avoue qu'elle a eu un pincement au coeur de quitter le monde de l'entrepreneuriat.

Le développement des PME est primordial pour l'avenir des régions et le soutien et l'encadrement financier des entrepreneurs restent les meilleurs moyens d'assurer la poursuite de cette vitalité.

« Essentiellement, nos interventions sont de deux ordres : 50 % de nos investissements visent à injecter du capital de transfert alors que l'autre 50 % est du capital de croissance. » - Marie-Claude Boisvert

Si la gestionnaire trouve déplorable que le Québec ait perdu coup sur coup deux de ses grandes entreprises emblématiques - Rona et St-Hubert - elle pourra peut-être intervenir, à titre de responsable des grandes entreprises chez Desjardins, pour empêcher la répétition de pareilles transactions...

LE GOLF POUR RELAXER

Bien qu'elle se décrive comme hautement compétitive, Marie-Claude Boisvert considère le golf comme une activité qui lui permet de décrocher, de relaxer.

« La journée idéale, c'est de faire du ski nautique le matin, de jouer au golf en après-midi et de finir la journée par de la natation dans le lac », explique Marie-Claude Boisvert.

Vous l'aurez compris, la comptable est aussi une adepte de la multidisciplinarité sportive. Ski alpin, ski de fond l'hiver, golf, natation, ski nautique, vélo et randonnée pédestre l'été.