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Fin de mandat hybride

Thierry Vandal a dévoilé jeudi ses derniers résultats financiers à titre de PDG d'Hydro-Québec. Le gestionnaire, qui quittera son poste le 1er mai prochain après une carrière de 18 ans au sein de la plus importante société d'État québécoise - dont les 10 dernières à titre de grand patron -, peut partir la tête haute puisqu'il laisse derrière lui un dernier bilan fort respectable.

C'est assurément une bonne semaine qui s'achève pour les deux plus importantes vaches sacrées de l'État québécois.

Après la Caisse de dépôt et placement qui a dévoilé mercredi des résultats conformes aux attentes que l'on peut nourrir à l'endroit de son équipe de professionnels, c'était au tour d'Hydro-Québec de nous annoncer qu'elle venait d'enregistrer des résultats en hausse pour une cinquième année d'affilée.

Hydro a été en mesure de dégager un bénéfice net de 3,38 milliards sur des revenus de 13,6 milliards. La profitabilité de la société d'État a ainsi enregistré une hausse de 15 %, ou 438 millions, par rapport à son exercice précédent.

Ce faisant, la vache sacrée pourra remplir plus adéquatement encore son rôle de vache à lait du gouvernement, puisqu'elle lui versera un dividende de 2,5 milliards, une bonification de 300 millions par rapport au dividende qu'elle a versé à Québec l'an dernier.

Cela dit, la bonne performance financière d'Hydro-Québec a été en grande partie attribuable à l'hiver fort rigoureux qui s'est abattu sur tout le Nord-Est américain durant les premiers mois de la dernière année.

L'ensemble des clients québécois d'Hydro-Québec a consommé davantage d'électricité. Le même phénomène a été observé dans les États de la Nouvelle-Angleterre qui ont eu besoin des renforts d'Hydro-Québec pour lutter contre le redoutable et persistant vortex polaire.

Le froid intense de janvier et février a permis à Hydro de hausser de 166 millions ses profits au Québec et de 176 millions ses profits à l'exportation.

Le vortex polaire américain a été doublement payant pour la société d'État, puisqu'il a haussé le volume des exportations d'Hydro tout en provoquant une hausse des prix en raison de la forte demande. Avec pour résultat que les profits à l'exportation ont bondi de 30 %, à plus de 800 millions.

Et les hausses de tarifs?

Autre élément d'importance, les plus récentes augmentations de tarifs pour la clientèle québécoise, dont celle de 4,3 % d'avril 2014, ont permis à Hydro-Québec de hausser ses revenus de 358 millions.

Une simple règle de trois voudrait que l'ajustement tarifaire qui a enrichi Hydro-Québec de 358 millions représente à lui seul 75 % de la hausse des profits de 438 millions.

Thierry Vandal s'est vivement opposé à cette simplification que je lui ai soumise.

La hausse des tarifs de 358 millions a été annulée par la charge de 436 millions qu'Hydro a dû prendre pour acheter l'énergie produite par les éoliennes et pour ses achats à court terme réalisés sur les marchés, a répliqué le PDG d'Hydro.

En d'autres termes, Hydro n'a pas à absorber les coûts excédentaires que le gouvernement lui a imposés en multipliant la création de parcs éoliens en régions. Ce sont les usagers québécois qui doivent financer les coûts d'achat excédentaires de l'énergie éolienne.

Le PDG va plus loin encore. Hydro-Québec n'a jamais envisagé dans sa planification stratégique d'acheter de l'énergie éolienne. «C'est la décision de notre actionnaire. C'est son droit, et on est entièrement d'accord de le faire», a convenu Thierry Vandal.

Le PDG d'Hydro s'est refusé à faire quelque bilan que ce soit de ses 10 années à la direction de la société d'État. Il le fera à la fin de son mandat. Mais on comprend que, depuis quelques années déjà, le PDG a dû exercer un mandat hybride.

Produire de l'énergie électrique au meilleur coût possible pour dégager les plus gros profits possible - et verser toujours un plus fort dividende - tout en sacrifiant sa profitabilité pour réaliser des projets de développement régional que lui commande ce même actionnaire unique. Et faire payer le client-contribuable...

***

Dans ma chronique de jeudi sur la contribution des entreprises québécoises aux derniers résultats de la Caisse de dépôt, une erreur de compréhension durant une conversation que j'ai eue avec son PDG Michael Sabia m'a fait écrire que la Caisse était impliquée dans le cycle de financement qu'a lancé le Cirque du Soleil, qui prévoit ouvrir une partie de son capital à de nouveaux investisseurs.

Or, il n'en est rien. La Caisse n'a pas été impliquée au sein de l'un des groupes qui ont formulé des propositions pour devenir partenaire de l'entreprise de Guy Laliberté.




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