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Les séries, la CSeries et l'hystérie

Il fait bon vivre à Montréal par les temps qui courent. La douce folie printanière des séries éliminatoires de la Coupe Stanley s'est résolument implantée dans tous les quartiers de la ville et a insufflé un vent de bonne humeur qui balaie la morosité et le cynisme qui meublent trop souvent notre quotidien. La vie est tellement plus simple quand le Canadien gagne.

On oublie, momentanément, la commission Charbonneau, le déficit, la dette, le péage qui s'en vient sur le pont Champlain... On s'émerveille plutôt des prouesses d'une équipe tâcheronne, du travail systématique d'une vingtaine de combattants qui sont tous animés d'un irrépressible désir de vaincre.

Mine de rien, malgré le temps perdu au bureau ou à l'usine en innombrables discussions sur le match de la veille ou celui du lendemain, les entreprises profitent depuis trois semaines d'une hausse certaine de productivité.

Quand le Canadien gagne, les gens ne rentrent pas travailler de reculons. Ils ont hâte d'échanger avec leurs collègues sur les faits marquants de la victoire et, le jour d'un match, ils se donnent à fond de train pour que la journée passe au plus vite.

Et depuis trois semaines, le Canadien, une équipe somme toute moyenne, est aussi devenu une source d'inspiration pour plusieurs.

Ça fait du bien de voir un groupe d'athlètes professionnels démontrer autant de coeur à l'ouvrage. De voir ces millionnaires se désâmer comme ils le font chaque match dans leur ultime quête de la victoire nous rassure sur les motivations qui les animent. Il n'y a pas que l'argent dans la vie, il y a la victoire et la fierté d'exceller dans ce que l'on fait.

Montréal baigne dans une belle euphorie et est redevenue la grande capitale mondiale du hockey qu'elle a longtemps été. Ça fait du bien à tout le monde. On en prendrait jusqu'en juillet.

Air Canada, prise II

Une autre petite crise d'hystérie de la part d'investisseurs nerveux a fait mal au titre de Bombardier, hier. Dans un fort volume de plus de 40 millions de transactions, le titre du fabricant d'avions et de matériel roulant a chuté de plus de 7% pour clôturer la séance à 3,90$.

C'est le PDG d'Air Canada, Calin Rovinescu, qui est à l'origine de l'agitation qui a affecté négativement le titre de Bombardier. M. Rovinescu a déclaré hier que sa compagnie aérienne n'entendait pas procéder au remplacement de sa flotte de 25 jets régionaux E190 comme il était prévu.

Air Canada va continuer d'exploiter ses 25 appareils de la compagnie brésilienne Embraer qui n'ont pas encore 10 ans d'âge. Air Canada avait projeté de remplacer ces appareils régionaux par des nouveaux avions de 100 à 150 places au cours de la prochaine année.

Calin Rovinescu s'était montré intéressé à la nouvelle famille d'avions commerciaux de Bombardier, et la plupart des analystes financiers escomptaient de façon quasi certaine la vente prochaine de 25 avions de CSeries à ce client prestigieux que deviendrait Air Canada.

Il faut préciser ici que Bombardier n'a pas perdu de commandes et que le PDG d'Air Canada n'a pas non plus annoncé son intention d'acquérir des avions d'un concurrent à Bombardier. Il a tout simplement déclaré qu'il retardait le renouvellement de sa flotte d'avions régionaux.

Mais le marché est implacable à l'endroit de Bombardier et n'affiche aucune tolérance à la moindre nouvelle qui pourrait paraître négative. Le titre du manufacturier québécois a été sévèrement sanctionné dans les derniers mois lorsqu'on a annoncé le décalage de l'entrée en service de sa nouvelle famille d'avions.

Mais, entre vous et moi, la déclaration de Calin Rovinescu est insignifiante et n'a rien à voir avec la décision qu'avait prise son prédécesseur Robert Milton, il y a 10 ans.

En 2004, Air Canada avait insulté Bombardier et beaucoup de gens de la communauté des affaires canadienne en préférant passer une commande de 45 appareils au constructeur brésilien Embraer plutôt que de choisir Bombardier.

Le transporteur aérien national canadien, ex-société de la Couronne, dont le siège social est collé à celui de Bombardier dans l'arrondissement de Saint-Laurent, n'avait pas fait preuve d'un grand nationalisme en favorisant à l'époque l'ennemi juré du constructeur québécois.

Bombardier n'a pas perdu de commande et va poursuivre son démarchage pour convaincre Air Canada de choisir ses nouveaux appareils. Le bon voisinage devrait favoriser les discussions.




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