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Une OPA payante pour le Québec

Il y a des transactions que l'on regrette qu'elles se soient réalisées six mois seulement après leur annonce. Le rachat, le 1er mai 1963, de la Shawinigan Heat and Power par Hydro-Québec ne fait pas partie de ces avatars puisque, 50 ans plus tard, le Québec tout entier profite toujours de la présence de cette société d'État qui s'impose encore comme un puissant moteur d'activité économique.

La campagne politique que mena René Lévesque au début des années 60 pour la nationalisation de l'électricité a été sans contredit l'événement catalyseur de la Révolution tranquille.

Au-delà de la charge émotive et résonnante du célèbre «Maîtres chez nous» de Jean Lesage, l'étatisation de la principale compagnie d'électricité et de 10 petits producteurs privés a permis au Québec de coordonner la mise en place d'un réseau électrique performant qui le fera entrer de plain-pied dans la modernité.

Avec l'inauguration en 1968 du complexe Manic 5, Hydro-Québec a réussi à prouver au reste du monde mais d'abord et surtout aux Québécois eux-mêmes qu'on était capables de réaliser de grandes choses, malgré les contraintes et les défis techniques.

Après la réalisation des phases I et II de la Baie-James durant les années 80 et une accalmie relative durant les années 90, Hydro-Québec a relancé de nouveaux projets de centrales au début des années 2000, dont ceux d'Eastmain-1 et Eastmain-1-A dans le Grand Nord québécois et de la Romaine sur la Côte-Nord.

En plus de générer une activité économique importante, la mise en place de ces gigantesques infrastructures a permis au génie québécois de se réaliser et de s'illustrer en développant des sociétés d'ingénierie - SNC-Lavalin, Genivar, Cima ", Dessau et Tecsult (intégrée depuis 2008 au groupe Aecom) - qui figurent parmi les 10 plus importantes firmes canadiennes.

Même si le lustre de ces sociétés a été passablement terni par leur comportement éthique et leur insatiable propension au développement des affaires, leurs prouesses et leurs réalisations techniques demeurent exemplaires et leur a permis d'acquérir une envergure et une renommée internationales.

Le développement hydroélectrique a aussi permis au Québec de se hisser au troisième rang mondial des pays producteurs d'aluminium, avec ses quelque 3 millions de tonnes produites chaque année. Aujourd'hui, 23% de la production québécoise totale est transformée au Québec par une cinquantaine d'entreprises.

Plus grand producteur d'hydroélectricité du monde, Hydro-Québec, qui compte sur un réseau de 60 centrales, aura mis en oeuvre, entre 2007 et 2020, pour plus de 13 milliards de dollars additionnels de nouveaux projets de production d'électricité.

Une contribution notable à l'économie

Mine de rien, chaque année, Hydro-Québec injecte ainsi des milliards dans l'économie québécoise par l'entremise de ses achats de biens et de services auprès de fournisseurs d'ici.

Les entreprises québécoises se sont ainsi partagé 2,4 milliards en 2007 et en 2008, 2,5 milliards en 2009 et 2,7 milliards en 2010 et en 2011.

Tout en maintenant ce haut niveau de dépenses annuelles, la société d'État arrive quand même, bon an, mal an, à verser à son actionnaire unique, le gouvernement du Québec, des dividendes réguliers qui lui sont d'une importance capitale dans sa continuelle course à l'équilibre budgétaire.

Des dividendes de 2,2 milliards en 2008, 2,1 milliards en 2009, 1,9 milliard en 2010, 1,9 milliard en 2011 et 645 millions l'an dernier, en raison d'une charge spéciale de 1,9 milliard liée à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Depuis 2008, Hydro-Québec verse aussi chaque année au gouvernement des redevances hydrauliques de plus de 500 millions qui servent à bonifier le Fonds des générations et, ultimement, à réduire le fardeau de la dette sur les finances publiques québécoises.

La société d'État n'a pas toujours enregistré un comportement financier aussi exemplaire que celui qu'elle parvient à maintenir depuis le milieu des années 90 lorsqu'on a décidé de hausser le rendement moyen des actionnaires au même palier que celui produit par les entreprises du secteur privé.

Hydro-Québec n'a pas toujours eu non plus un comportement très exemplaire en matière de relations avec les populations autochtones qui ont été et sont encore affectées par sa présence et son action sur leur environnement.

Encore là, la conclusion de la Paix des Braves, intervenue entre le Parlement québécois et la nation crie en 2002, a permis de restaurer une plus saine harmonie entre les nations autochtones et le développement de leur territoire.

Hydro-Québec peut encore augmenter ses marges de profitabilité en réduisant seulement ses niveaux de dépenses, tous en conviennent. Mais le bilan de sa présence et surtout de son rayonnement depuis 50 ans sur l'économie québécoise permet de conclure que l'offre publique d'achat (OPA) réalisée à l'époque sur la Shawinigan Heat and Power et 10 petits producteurs privés a été une bonne transaction, une étatisation payante pour les Québécois.

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Nombres de compagnies achetées

600 MILLIONS

Valeur de la transaction (en dollars de 1963)

4,6 MILLIARDS

Valeur de la transaction (en dollars d'aujourd'hui)




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