Les twitteuses

Il s'est passé quelque chose de majeur cette semaine. Non, il ne s'agit pas de la crise d'hystérie d'Anaïs (Marie Turgeon), au volant de son camion, dans Destinées.

C'était mardi la finale de la quatrième saison de Pretty Little Liars - PLL pour les intimes -, un soap pour préadolescentes de la chaîne ABC Family qui crée une dépendance. Je le confesse sans aucune gêne: je n'ai raté aucun épisode de ce feuilleton depuis l'été 2010, même si je ne figure pas du tout dans le public cible. Vos enfants, nièces ou petites-cousines suivent sans doute la version française de cette série, Les menteuses, sur les ondes de VRAK.TV.

Pourquoi fut-ce capital comme moment de télévision? Parce que les réponses à plusieurs de nos questions de téléspectateurs accros ont enfin déboulé. Un des personnages (lequel? chut!) a repris l'intrigue du début et a remonté le fil des quatre dernières saisons en remplissant plusieurs trous dans le scénario. Dans la plus pure tradition de Pretty Little Liars, cette finale s'est terminée avec un gros boum et la vie des quatre menteuses Aria, Spencer, Emily et Hannah a emprunté son 73e tournant dramatique.

C'est toujours surprenant à lire, mais Pretty Little Liars reste l'émission de télé qui génère le plus de gazouillis parmi tout ce qui se fabrique aux États-Unis, devançant même des canons comme American Idol ou The Voice. Une performance d'autant plus remarquable que ce feuilleton est diffusé sur ABC Family, qui n'a pas le même taux de pénétration que des chaînes conventionnelles comme Fox ou NBC.

L'énorme pouvoir d'attraction de Pretty Little Liars s'explique d'abord par son écriture vive, spécifiquement adaptée pour les médias sociaux. Avant chacune des pauses publicitaires, les auteurs abandonnent leurs téléspectateurs sur un punch, gros ou petit. Qui porte la cagoule et les gants de cuir noir? Qui se cache derrière la porte de la grange des Hastings? Vite, spéculons sur Twitter ou Facebook.

Les fans se ruent alors sur leurs téléphones portables. Et les héroïnes de la série aussi. Les quatre jeunes femmes ont toujours un cellulaire dans leurs jolies mains manucurées et les revirements du feuilleton proviennent majoritairement des textos menaçants qu'elles reçoivent au moins 12 fois par heure.

Complètement immergés dans le 2.0, les producteurs de Pretty Little Liars scrutent minutieusement les tweets du public, une sorte d'immense focus group gratuit, et ajustent même le temps d'antenne de certains personnages en fonction des réactions des fanatiques. Nous sommes bel et bien rendus là.

Avec ses thèmes souvent sulfureux, pas étonnant que ça jacasse fort de PLL en 140 caractères: dépendance grave aux pilules, romance interdite avec un professeur du secondaire ou incendie allumé volontairement, la vie à Rosewood est délicieusement invraisemblable et palpitante.

Rajoutez à cela l'aspect meurtre et mystère de la série (qui a donc tué la reine des populaires, Alison, et pourquoi?) et Twitter surchauffe, c'est évident. Chacun y va de sa propre théorie sur l'identité de «A», la mystérieuse personne qui terrorise virtuellement les quatre copines.

Bien sûr, Pretty Little Liars est complètement invraisemblable et son manque de budget paraît beaucoup trop. Les menteuses boivent dans des tasses à café vides, les actrices ont 10 ans de plus que leurs personnages, les décors en carton branlent quasiment quand les portes claquent un peu trop fort et la musique appuie de façon peu subtile les moments d'intensité. Pourquoi y revient-on, alors? Parce que l'histoire est extrêmement bien racontée.

Il n'y a pas de logique avec les soaps. On se laisse aspirer par leurs vêtements à la mode, leurs voitures de luxe, leurs trames tordues et on en redemande. Vengeance, qui recommence à Radio-Canada le mardi 8 avril à 20 h, vogue dans les mêmes eaux savonneuses.

Signe de sa popularité grandissante, Pretty Little Liars a accouché d'un spin-off intitulé Ravenswood, basé sur le personnage du ténébreux Caleb. Ratée et ennuyeuse, l'émission a rapidement été annulée.

Le public cible de Pretty Little Liars dépasse largement les préadolescentes et s'étend, selon la firme Nielsen, jusqu'aux mamans dans la quarantaine. Les 18-34 ans forment le plus gros du noyau de fidèles de ces quatre amies liées par une ribambelle de secrets. Dans mon entourage, plusieurs adultes consentants s'amusent même à s'identifier à l'une ou l'autre des filles de la série, un peu comme cela se faisait du temps de Sex and the City.

Moi, je suis clairement Spencer. Et vous?

JE LÉVITE

Avec la madame «je note»

Elle tombe sur les rognons de bien des téléspectateurs, la dame qui répète, de sa voix robotisée, «je note» dans les pubs de SSQauto. Moi, elle me fait beaucoup rire avec son collier qui clignote et ses cheveux d'une autre époque. Évidemment, si la réclame revient six fois par heure, c'est un autre débat.

JE L'ÉVITE

Valérie Carpentier et son Nescafé

La gagnante de La voix de l'an dernier est une très bonne chanteuse. Pas une intervieweuse chevronnée. Pourquoi le commanditaire Nescafé tient-il à lui faire faire des entrevues peu naturelles, pendant les pauses publicitaires, avec une tasse rouge qu'elle tient maladroitement dans sa main droite?




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