Le fabricant Chevrolet a-t-il embauché un porte-parole au pied un peu trop pesant? Le populaire humoriste Philippe Bond, qui pilote des bancs d'essai pour différents modèles de Chevrolet et qui anime aussi Price is Right sur V, collectionne les contraventions pour excès de vitesse depuis quelques années déjà.

Hugo Dumas LA PRESSE

Et on ne parle pas ici de légers dépassements, une situation qui peut tous nous arriver: il a notamment été pincé en octobre 2010 alors qu'il roulait à 125 km/h dans une zone limitée à 70 km/h. Selon le Code de la sécurité routière, il s'agit d'un grand excès de vitesse, que la police punit encore plus sévèrement depuis le 1er avril 2008. Philippe Bond a dû payer une amende de 580$, plus les frais, pour avoir appuyé trop fort sur l'accélérateur. Cet automne, le dossier de mauvais conducteur de Philippe Bond a rebondi deux fois au palais de justice de Montréal, dans deux affaires distinctes.

Le l8 janvier 2012, les policiers ont mesuré la vitesse de la voiture de Philippe Bond à 149 km/h, dans une zone plafonnée à 100 km/h, près de Mirabel. Sa cause a été reportée en janvier 2013. Le 14 octobre 2008, à Montréal, l'humoriste de 33 ans aurait filé à 132 km/h dans une zone de 70 km/h. Ce litige traîne toujours devant les tribunaux, quatre ans après l'arrestation initiale.

Rappelons qu'à 160 km/h dans une zone de 100 km/h ou à 120 km/h dans une zone de 70 km/h, les policiers suspendent immédiatement le permis de conduire du fautif pendant sept jours. Si le chauffard est reconnu coupable, le montant des contraventions double, tout comme les points d'inaptitude. Cette tache colle au dossier pendant 10 ans.

Le problème avec l'humoriste-vedette, c'est qu'il récidive. Dans une dizaine d'incidents différents depuis 2008, le même manège s'est répété: la police appréhende Philippe Bond et lui remet un billet salé, qu'il conteste presque systématiquement. La plupart du temps, l'avocat de l'humoriste, Jean-Daniel Debkoski, réussit à faire diminuer le montant des amendes.

Le 15 janvier 2010, il a été intercepté en Abitibi à 127 km/h dans une zone de 90 km/h. Au cours des 10 dernières années, Philippe Bond a aussi payé diverses contraventions dans les cours municipales de Sainte-Adèle, Saint-Césaire, Sainte-Thérèse, Mirabel, Lachute, Blainville et Deux-Montagnes, principalement pour des excès de vitesse. Les sommes qu'il a dû verser ont varié entre 55$ et 200$.

Philippe Bond n'est évidemment pas la première personnalité québécoise à en découdre avec les autorités. Mais son cas à lui est plus spécial. Depuis avril 2012, Philippe Bond fait des bancs d'essai des Bond d'essai, selon la publicité pour des voitures Chevrolet comme la Cruze, la Sonic ou l'Orlando. On peut entendre ces capsules tous les mardis à 7h37 sur les ondes de NRJ à Montréal dans l'émission C't'encore drôle.

La pub du site web de cette campagne publicitaire (bonddessai.com) nous annonce même que «Philippe Bond part sur une autre dérape». Drôle de slogan dans les circonstances. Surtout que l'humoriste et animateur revêt une combinaison de pilote de course professionnel dans les images officielles utilisées par Chevrolet.

Joint par La Presse hier, Philippe Bond rappelle qu'il n'a pas reçu de contravention depuis qu'il est sous contrat avec Chevrolet, ce qui est vrai. «Le petit Philippe s'est assagi. Je conduis maintenant un camion Chevrolet Equinox avec un cruise control», dit-il, en toute franchise. Avant sa Chevrolet, il roulait en Jeep Patriot.

Malgré ses accrocs à répétition, Philippe Bond, sacré humoriste de l'année au dernier gala Les Olivier, ne se considère pas comme un danger pour les autres automobilistes. «Je fais tellement de route, je suis tout le temps sur la route. Je vis dans mon char, je fais des shows un peu partout, je fais de la radio à Montréal et j'habite dans le Nord. Souvent, il s'agit de déficit d'attention. Les contraventions, ce sont des affaires de changement de zones. Je ne me suis jamais fait enlever mon permis», explique Philippe Bond.

Son avocat, Jean-Daniel Debkoski, confirme: «Philippe fait très attention maintenant. C'est aussi mon ami et je m'assure qu'il ait un traitement équitable. Je connais beaucoup de gens qui en ont beaucoup plus que lui (des infractions). Ça dépend de la fréquence à laquelle une personne est sur la route.»

Le contrat entre Philippe Bond et Chevrolet lui interdit formellement d'adopter des comportements dangereux sur la route. «Philippe doit se conformer à des paramètres très clairs. Nous sommes une compagnie très responsable par rapport à la sécurité. Nous savons qu'aujourd'hui, Philippe est une personne mature. C'est avec cette personne que nous avons une entente», explique le directeur des ventes de GM Canada pour la région de l'Est, Frédéric Racine.