Qu'il s'agisse de poules caquetant dans Rosemont, d'abeilles élevées dans la ruelle ou de potagers verdissant les toits des édifices du centre-ville, l'agriculture urbaine pousse partout dans les grandes agglomérations. Et Montréal n'y échappe pas. Parlez-en à ma collègue Marie-Claude Lortie, qui a même élevé - temporairement - sa propre pondeuse baptisée Crazy Cocotte.

Mis à jour le 18 avr. 2012
Hugo Dumas LA PRESSE

Le temps d'une série de 19 émissions d'une demi-heure, le cuisinier Ricardo Larrivée range ses casseroles et les troque pour une pelle et un arrosoir dans Fermier urbain, un instructif docufeuilleton qui démarre le jeudi 26 avril à 19h30 sur les ondes de Radio-Canada.

Docufeuilleton, car Ricardo accompagne trois familles du Grand Montréal dans leurs projets de retour à la terre... en ville. Les Le Bel, un gros clan reconstitué du quartier Rosemont, habitent un immeuble multigénérationnel et désirent verdir leur cour, leurs escaliers extérieurs ainsi que leurs balcons.

Les Koukolev, qui vivent dans le 450, espèrent pouvoir se préparer un vrai bortsch avec les légumes de leur nouveau jardin. Et il y a les Souhami, un jeune couple propriétaire d'un appartement près du Centre Bell, qui cultivera courges, melons et citrouilles sur son toit et sa petite terrasse.

La première émission, rythmée par une musique aux accents country, nous présente tout ce beau monde ainsi que ses plans d'agriculture urbaine. Quand les enfants Le Bel apprendront que leur aménagement ne comprend pas de poulailler, ils en réclameront un, l'obtiendront et récolteront leurs premiers oeufs. À Montréal, l'élevage des poules urbaines n'est pas permis, mais toléré.

Les Koukolev hériteront aussi de trois poules dans leur cour, en plus d'endurer une marmotte malveillante qui dévore laitues, cerisiers et brocolis. Réussiront-ils à se débarrasser de cette créature vorace? Au sixième épisode, la marmotte maléfique cause encore des ravages chez les Koukolev.

Dans chacun des épisodes, Ricardo Larrivée présente différents projets d'agriculture urbaine, comme une barge flottante de 40 mètres dans le fleuve Hudson, à New York, ou un collectif du Centre-Sud qui s'occupe d'un potager aménagé dans une ruelle près des rues D'Iberville et Ontario. À la fin des émissions, Ricardo propose aussi une recette à partir d'un produit cultivé en ville, ce qui donne un segment correct, mais pas mal moins intéressant que les mésaventures des trois familles attachantes.

Chacune des familles filme elle-même, avec un iPhone, la croissance de son jardin. «On ne voulait pas que ça soit une téléréalité, mais la réalité», explique Ricardo Larrivée, qui coproduit Fermier urbain avec sa conjointe, Brigitte Coutu.

Son entreprise, Ricardo Média, emploie présentement 35 personnes. Le cuisinier publie des livres de recettes et des magazines, il produit des émissions (Les desserts de Patrice à Canal Vie) et anime une quotidienne (Ricardo) à Radio-Canada. Il a récemment lancé une collection d'articles de cuisine et a aussi racheté une ferme à Chambly. Bref, il ne chôme pas.

«J'ai autant de plaisir dans la quotidienneté des choses. La vie, ça n'a pas besoin de toujours être un saut en bungee. Et la routine, ça peut être amusant et sécurisant. En cuisine, les gens se mettent beaucoup trop de pression. Moi, je dis aux familles: maîtrisez une dizaine de bonnes recettes, faites-les bien et faites-les souvent», explique Ricardo Larrivée.

Alliance entre V et Transcontinental

Le groupe Transcontinental a officiellement accouché lundi de sa nouvelle boîte de production télévisuelle, TC Média Productions, que supervise un ancien grand patron de TVA, Philippe Lapointe. Déjà, les contrats déboulent.

Hier, la chaîne V appartenant à la famille Rémillard a annoncé qu'elle cédait la conception de ses bulletins d'information à Transcontinental en prévision de l'automne. C'est donc la fin du bulletin V Express animé par Lisa-Marie Blais, que V diffuse du lundi au vendredi, entre 7h et 7h30, avec une reprise dans la demi-heure suivante. C'est aussi la fin du contrat confié à la maison Trio Orange pour la confection de V Express.

Pour l'instant, l'émission qui remplacera V Express n'a pas encore été définie. Chose certaine, TC Média pourra puiser dans ses filiales comme le quotidien Métro, le journal Les Affaires ou ses nombreux hebdos partout au Québec pour l'alimenter. V promet également d'augmenter son contenu de nouvelles à trois heures par semaine (au lieu des 2h30 présentées actuellement).

Discrètement, TC Média a commencé à s'infiltrer dans le marché de la télévision, notamment en coproduisant avec Zone 3 la téléréalité culinaire Et que ça saute!, qui a été renouvelée pour une seconde saison.

Petit rugissement des dragons

Malgré un gros battage publicitaire, la première de l'émission Dans l'oeil du dragon n'a pas décroché le gros lot lundi soir. Selon BBM, 561 000 personnes l'ont regardée, contre 688 000 qui ont préféré Mon plan Rona à TVA. À 21h, Testé sur des humains (836 000) a eu le dessus sur le talk-show de Pénélope McQuade (460 000).