C'est un sapré bon flash de la part des Francs-tireurs. Ce n'est pas Patrick Lagacé qui a interviewé trois personnificateurs féminins bien connus des noctambules montréalais, mais bien Patricia Lagacé, la nouvelle drag queen de Télé-Québec.

Grâce aux bons conseils de Tracy Trash, Patrick a ainsi pris les traits de Patricia. Vous verrez cette transformation extrême, qui a nécessité plus d'une heure et quart de maquillage et tout le tralala, dans l'épisode présenté ce soir à 20 h.

Si Patrick/Patricia porte bas résille, mini-jupe noire, corset et perruque rousse à la Chantal Lacroix, les personnificateurs féminins, eux, se montrent sous leur vrai jour, comme vous pourriez les croiser à l'épicerie ou dans le métro. Il s'agit de Claude Barabé, alias Réglisse, Michel Dorion et François Dagenais, dont le nom de scène est Franky Dee. Non, Mado Lamotte, la plus connue des drag queens, ne fait pas partie du topo.

Au journal hier, c'était l'attroupement pour voir à quoi ressemblait notre collègue une fois féminisé. Les commentaires ont oscillé entre «il a de belles jambes» et «oh mon dieu, il ressemble à (insérez ici le nom d'une vedette de l'industrie du spectacle)».

Quand l'idée a été lancée en réunion de production, Patrick Lagacé n'a aucunement hésité avant d'accepter ce mandat journalistique inusité. «Mais une fois la transformation complétée, j'ai eu peur. J'ai été incapable de me regarder. Ça vient toucher à toutes sortes de choses en toi, dont ton identité», confie-t-il.

Au-delà de cet efficace coup de marketing, Patrick Lagacé pose les questions de base: comment devient-on drag queen? Un peu par hasard, répondent-ils. «J'avais des traits super délicats, j'étais le fif de l'école», se souvient Michel Dorion, qui pratique son métier depuis 22 ans. Et il en vit très bien.

«Ce n'est pas un trip, c'est une carrière», insiste François Dagenais. Ce qui ressort de ce segment des Francs-tireurs? Les personnificateurs féminins vivent de la discrimination à l'intérieur même de la communauté gaie. «Chez les gais, un personnificateur, une drag queen, c'est no way. C'est une folle. C'est non, non, non, détaille Michel Dorion. Un gai, ça trippe sur un gars. Pas sur un gars qui a une image de fille.»

Pour connaître le truc employé par les drag queens pour s'asseoir sans écraser ce qui leur pend entre les deux jambes, faudra regarder l'émission jusqu'à la fin. C'est un journal familial que vous tenez entre les mains (ou que vous lisez sur les internet).

Omertà, le film

Le projet cinématographique d'Omertà, basé sur la célèbre télésérie de Radio-Canada, avance rondement. Le scénario de Luc Dionne est bouclé et l'équipe de production chez Cinémaginaire a même reçu hier un coup de pouce financier du Fonds Quebecor. Notons que Le projet Omertà a aussi été appuyé par la SODEC et Téléfilm Canada.

Luc Dionne, qui avait pondu tous les épisodes d'Omertà 4, souhaitait faire revivre sa saga mafieuse à Radio-Canada, qui a tergiversé et beaucoup hésité avant de finalement annoncer son retrait. La sortie du Projet Omertà au grand écran tuera toute possibilité d'un retour de la série à la télévision. «Ce n'est vraiment pas dans mes plans pour l'instant», note Luc Dionne, joint hier.

Seul le personnage de Pierre Gauthier, campé par Michel Côté, est assuré de revenir dans Le projet Omertà. Pour le reste, Luc Dionne pratique lui-même l'omertà: pas question d'en dire plus.

Penthouse 5-0 en baisse

Le retour de Toute la vérité à TVA a grugé beaucoup d'audience à deux produits vedettes de Radio-Canada, Les boys et Penthouse 5-0. Score final: 1 028 000 fidèles pour les procureurs de la Couronne du vrai réseau, contre 874 000 fans pour la troupe de Stan et 601 000 accros à Loulou et Estelle.

Le troisième épisode de Penthouse 5-0 m'a laissé perplexe: où tout cela s'en va-t-il? Louise Nantel et Estelle Poliquin nous servent des répliques punchées, mais il manque un peu de viande autour des intrigues, non? À suivre, donc.

À 19 h 30, La série Montréal-Québec 2 (862 000) de TVA a facilement été mise en échec par Les Parent (1 267 000) de Radio-Canada. À 20 h, Yamaska (1 237 000) a eu le dessus sur L'auberge du chien noir (953 000). À 19 h, c'est extrêmement serré entre 30 vies (885 000) et Peut contenir des Rachid (955 000).

Photo: fournie par Télé-Québec

Les Francs-Tireurs