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Le défi de Jonathan Bernier

François Gagnon
La Presse

Jonathan Bernier est arrivé bien discrètement à Toronto hier. Vêtu d'un «short» et d'un «t-shirt», petit sac en bandoulière sur l'épaule, le gardien québécois appelé à résoudre les problèmes devant le filet des Maple Leafs n'a pas eu besoin de gardes du corps pour se faufiler au milieu d'une horde de partisans passionnés.

De fait, l'acquisition du Lavallois - qui aura 25 ans au mois d'août - en échange de Matt Frattin, Ben Scrivens et d'un choix de deuxième ronde (en 2014 ou 2015, au choix des Kings de Los Angeles), a soulevé beaucoup plus de questions qu'un vent de passion.

Après avoir passé près d'un an à attendre Roberto Luongo à titre de sauveur et s'être mis à rêver à Miikka Kiprusoff dans le sprint final qui a précédé le couperet sur les transactions dans la LNH, les fans et les journalistes de Toronto ne savaient pas comment interpréter l'arrivée de Bernier.

Le gardien québécois jouit d'une excellente réputation. Les Kings, par le biais de Ron Hextall, directeur général adjoint et ancien gardien-vedette dans la LNH, l'ont encensé en assurant qu'il a tout le talent nécessaire pour être gardien numéro un.

Poste qu'il a tenté d'obtenir à Los Angeles dans le cadre d'un duel l'opposant à l'autre Jonathan des Kings. Un duel que l'Américain nommé Quick a gagné haut la main, reléguant le Québécois nommé Bernier dans un rôle de patient second. Rôle qui en faisait un appât de choix pour conclure une transaction.

Pas surprenant que des rumeurs persistantes et sérieuses l'aient envoyé tantôt à Philadelphie, tantôt au Minnesota et qu'il se réveille ce matin à Toronto.

Statistiques: avantage Reimer

Malgré tous les bons mots des Kings, des membres de l'état-major des Leafs, sa très bonne réputation et le fait qu'on voie en lui le gardien d'avenir à Toronto, rien n'est acquis pour Bernier, qui devra se battre en duel une fois encore pour ravir le poste de numéro un à James Reimer.

Car quand on compare les statistiques des deux gardiens qui se retrouveront dans le vestiaire des Leafs, on se demande qui de Bernier ou de Reimer est le plus en mesure d'assumer le rôle de numéro un.

Bernier a disputé 62 matchs en carrière dans la LNH. Il présente 29 victoires, dont 6 par jeu blanc, 20 revers et 6 défaites en prolongation ou en tirs de barrage. Sa moyenne de 2,36 est plus que respectable et son taux d'efficacité s'élève à 91,2%.

James Reimer, derrière une équipe beaucoup moins bien nantie que les Kings, affiche 53 victoires, dont 10 par jeu blanc, 32 revers et 14 autres en prolongation. Tout ça en 104 matchs en saison régulière.

L'expérience de Bernier en séries se limite aux neuf arrêts effectués il y a quelques semaines lorsqu'il est venu en relève à Quick.

Reimer? N'eût été de l'effondrement complet du jeune gardien et de l'équipe au grand complet dans les derniers instants du septième match, les Leafs auraient causé une des grandes surprises des séries en éliminant les Bruins de Boston dès le premier tour.

Les statistiques ne disent pas tout, c'est un fait. Mais cette première bataille favorise légèrement Reimer. D'où les questions soulevées depuis l'annonce de l'acquisition de Bernier. Des questions auxquelles le gardien n'a pas répondu en débarquant de l'avion à Toronto hier. Des questions auxquelles il tentera de répondre aujourd'hui lorsqu'il sera présenté aux journalistes.

Mais les réponses, les vraies, ce n'est pas devant les caméras que Bernier devra les donner. C'est devant le filet. Car c'est avec des arrêts, beaucoup d'arrêts, et des victoires que Bernier dissipera les doutes. Qu'il gagnera la course au poste de numéro un des Leafs. Qu'il le conservera.

Transaction financière

De prime abord, les Kings n'ont pas obtenu beaucoup en retour d'un gardien repêché dès la 11e sélection en 2006.

Mais attention! En plus d'un attaquant capable de se faire une place au sein des trois premiers trios, d'un gardien auxiliaire de qualité et d'un choix de deuxième ronde, les Kings obtiennent surtout un peu de place sous le plafond de 64,3 millions la saison prochaine. Et ça, c'est inestimable. Frattin occupe 925 000$ sur la masse salariale. Scrivens: 613 000$. Ce n'est rien! Mais à ce rien, les Kings ont soustrait 500 000$ que les Leafs ont accepté de conserver sous leur propre plafond. Ça veut dire que les Kings, qui viennent de donner 25 millions pour 6 ans à Slava Voynov, peuvent encore signer des ententes avec des joueurs autonomes.

Ce qui est moins vrai pour les Leafs.

Car avant de recevoir le titre de numéro un, Bernier doit obtenir un nouveau contrat. Un contrat de transition qui devrait osciller entre 2 et 3 millions. Un contrat qui obligera ensuite le directeur général Dave Nonis à jongler avec les millions pour s'entendre avec ses joueurs autonomes et les autres qui l'intéressent.

Il est déjà acquis que les Leafs rachèteront le contrat de Mike Komisarek. Que feront-ils ensuite avec leur capitaine Dion Phaneuf (6,5 millions) et Phil Kessel (5,4 millions) qui amorcent leur dernière année de contrat et qui exigeront des salaires imposants encore l'an prochain? Les échanger avant de les perdre sans rien obtenir en retour à l'été 2014? C'est possible.

Ce casse-tête financier démontre à quel point il était périlleux - sur le plan des affaires - de faire l'acquisition de Roberto Luongo et de son contrat «maudit» qui l'assure de 40 millions d'ici la fin de la saison 2021-2022.

Au fait, où diable Luongo aboutira-t-il? À Philadelphie? À Long Island, où sa carrière a commencé? Ne regardez pas seulement qui veut un gardien de la trempe de Luongo. Regardez surtout qui a les moyens de se l'offrir.

À moins que les Canucks de Vancouver ne rachètent son contrat, à défaut de pouvoir l'échanger. Ce qu'ils pourraient être contraints à faire d'ici quelques jours pour faciliter le travail de John Tortorella, dont ils confirmeront l'embauche aujourd'hui et qui aura déjà sa part de problèmes à résoudre sans avoir à jongler match après match entre Luongo et Cory Schneider.

À moins que Tortorella ne préfère Luongo...




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