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Au-delà des amères déceptions

François Gagnon
La Presse

C'est décevant de voir le Canadien expulsé des séries aussi vite. De le voir se réveiller en vacances après cinq petites parties alors qu'il a passé l'hiver parmi les meilleures équipes de la LNH.

Mais bien honnêtement, c'était plus décevant encore de voir que la moitié des sièges du Centre Bell étaient inoccupés lorsque P.K. Subban et ses coéquipiers ont salué une dernière fois leurs partisans après le revers aux mains des Sénateurs.

Un revers un brin gênant j'en conviens. Mais un revers beaucoup moins gênant que le score final (6-1) le laisse croire.

Le Canadien s'est battu hier. En dépit des blessures qui le privaient de cinq joueurs, dont quatre importants, de son gardien numéro 1 aussi, et du fait que Max Pacioretty jouait en dépit d'une épaule disloquée depuis le premier match - c'était évident qu'il était miné par une blessure sérieuse - le Canadien a mangé tout rond les Sénateurs en première période.

Mais parce que Craig Anderson a fait ce que les gardiens du Canadien ont été incapables de faire dans cette série, ou du moins pas assez, et je parle ici d'arrêts solides, importants, nécessaires, les Sénateurs ont marqué le premier but.

Le deuxième aussi.

Mais le Canadien n'a pas lâché. Loin de là. Il s'est battu et débattu comme il a pu en deuxième période aussi. Il a frappé à la porte à coups de poing, à coups de pieds, mais cette porte, gardée jalousement par Craig Anderson, est demeurée fermée.

Je veux bien croire que vos favoris ont levé le pied en troisième. Mais était-ce vraiment une raison pour les huer ? Pour se « garrocher « vers les sorties afin de prendre le premier métro où éviter les bouchons ?

Après la saison aussi surprenante que satisfaisante que le Canadien a offert à ses partisans depuis janvier, il me semble que le Centre Bell aurait dû être plein lorsque avec 71 secondes à jouer, les premiers Olé ! Olé ! Olé ! se sont mis à résonner ici et là dans les gradins. Il me semble que les petites serviettes blanches agitées par les « vrais « partisans demeurés sur place malgré la déception auraient dû créer un courant d'air sur la galerie de presse comme c'était le cas dans les minutes qui ont précédé le match.

Il me semble qu'au-delà des amères déceptions causées par le revers et aussi l'élimination hâtive du club, les joueurs du Tricolore, Michel Therrien et ses adjoints, Marc Bergevin et les siens méritaient mieux.

Les amateurs restés jusqu'à la fin, la toute fin, ont fait du bon travail. Ils ont même fait vibrer l'enceinte lorsque leurs favoris ont retraité au vestiaire pour la dernière fois.

Michel Therrien les a d'ailleurs remerciés dans son point de presse. Josh Gorges les a même qualifiés de meilleurs partisans du monde après la rencontre.

Mais aussi bons soient-ils dans la victoire, ces partisans sont impatients. Dans la défaite, ils oublient vite. Au prix qu'ils payent les billets, le stationnement, la bouffe et la bière, ils ont bien le droit. Je le reconnais.

Mais après avoir porté en triomphe une équipe jeune, rapide, talentueuse et en pleine progression depuis janvier dernier, voilà que cette équipe est rendue trop lente, trop petite, trop faible à la ligne bleue et devant les buts pour gagner. Comme quoi le Canadien est aussi bon que sa dernière victoire. Mais qu'il est également aussi mauvais que son dernier revers.

Une fois les amères déceptions passées, il faudra se rendre compte que l'avenir est prometteur à Montréal. Vraiment. Avec Gallagher, Galchenyuk, Eller, Pacioretty qui sera bien meilleur l'an prochain, Desharnais qui devra être bien meilleur l'an prochain, Prust qui donnera le ton et des gars de soutien qu'il faudra mieux entourer et des jeunes qui viendront se greffer, avec une défensive orchestrée par P.K. Subban qui a confirmé sa place parmi les meilleurs défenseurs de la Ligue, le Canadien peut bâtir son avenir sur des bases solides.

Il ne reste qu'à souhaiter que Carey Price retrouve ses repères au cours de la morte-saison. Car tous ceux, et ils sont nombreux, qui étaient prêts à donner le filet pour le reste des séries à Peter Budaj ont vu hier qu'il n'est pas évident d'assumer le rôle de faire gagner une équipe quand ça compte pour vrai.

Tout n'est pas parfait dans le camp du Canadien. La deuxième place en saison régulière était peut-être aussi trompeuse que la 15e de l'an dernier. Mais il n'en demeure pas moins que l'avenir du Tricolore est bien plus prometteur que sa défaite d'hier et son élimination en cinq matchs par une équipe qui est bien meilleure que plusieurs amateurs de hockey le disaient à Montréal le laissent croire.

Et c'est dommage qu'une moitié seulement de partisans venus assister au dernier match de la saison au Centre Bell ait pris la peine de le reconnaître et de le souligner.




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