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«Tout est possible», dixit Arcade Fire...

À la fin de son sublime et ultime spectacle de la tournée Reflektor, samedi au parc Jean-Drapeau, le groupe Arcade Fire a réitéré son amour pour la ville qui l'a enfanté. La chanteuse Régine Chassagne y est même allée d'un cri du coeur: «Montréal est une ville créative, une ville fertile, une ville où tout est possible!»

Si seulement c'était vrai...

Montréal est certes fertile, il est créatif. Il y a ici une effervescence hallucinante qui attire les artistes et permet à des Arcade Fire, des Sid Lee et des Moment Factory de voir le jour puis de rayonner. Mais il faut être légèrement emporté par l'ambiance d'un show en plein air pour dire que tout est possible ici.

J'ai en tête trop d'exemples d'artistes, de créateurs et de promoteurs qui se sont butés à la résistance bureaucratique de la Ville pour y croire, que ce soit les «non» catégoriques, les «on ne peut pas faire ça», les réunions à n'en plus finir ou la multiplication d'obstacles qui rendent fou...

Je pense à Claude Cormier, qui a dû se battre avec l'énergie du désespoir pour convaincre la Ville d'aménager un plafond de boules roses dans le Village, un projet qui a pourtant fait le tour du monde depuis.

Je pense à l'Association des designers industriels, qui a réussi à installer sur le Plateau un dispositif surprenant pour boire de l'eau à partir des bornes-fontaines, pour voir aussitôt les pompiers le démanteler (il a péniblement repris sa place depuis).

Je pense à Lise Bissonnette, qui m'a déjà raconté son combat «épique» pour aménager la ruelle située entre la Grande Bibliothèque et la rue Saint-Denis tant la Ville lui avait rendu la vie impossible. Quitte à garder là une affligeante façade aveugle, les fonctionnaires ne voulaient rien savoir de changer quoi que ce soit aux sacro-saintes... poubelles et à leur collecte!

Mme Bissonnette a pourtant fait de la requalification de la ruelle l'objet d'une de ses premières demandes à la Ville, en 1998. Il a fallu 10 ans et bien des grincements pour que la promenade des bouquinistes voie finalement le jour... à côté des conteneurs à déchets toujours dégoulinants.

«Tous défis confondus, m'a-t-elle dit, et j'en ai connu ma dose, traiter avec la bureaucratie de Montréal a détenu la palme durant le projet de la Grande Bibliothèque.»

Et ces exemples ne sont que ceux qui ont vu le jour. Combien d'artistes et de promoteurs n'ont pas eu la persévérance d'un Claude Cormier et d'une Lise Bissonnette? Combien de projets ont échoué?

Tout est possible à Montréal? Un bel objectif à atteindre bien plus qu'une réalité.

«HORRIBLES» TOURS... - Certains lecteurs ont vu dans mon appréciation du projet Evolo, la semaine dernière, une critique de l'esthétique des deux tours, des tours de condos, de la densification ou carrément de L'Île-des-Soeurs.

J'ai déjà été plus clair, manifestement...

Je qualifiais ces deux tours, que l'on voit à droite en sortant du pont Champlain en direction de Montréal, d'«horribles». Puis je me désolais de leur impact visuel dans un axe visuel stratégique qui mène au mont Royal et au centre-ville.

La liaison entre ces deux idées s'est peut-être perdue dans mon texte, mais elle y était bien. Je dénonçais le contexte dans lequel ces tours avaient été construites, non pas la qualité des tours comme telles, signées Jean-Pierre Bart.

L'architecture d'un édifice n'est pas que son enveloppe, c'est aussi, et beaucoup, son contexte. Le problème des tours Evolo, il est là.

D'abord parce qu'elles ont été érigées dans un secteur qui n'aurait pas dû accueillir des constructions de 30 étages. D'autant que le quartier qui se trouve à leur base n'est pas dénué d'intérêt.

Ensuite parce que ces tours et celles qui suivront sont la première chose que l'on voit en arrivant à Montréal. Leur design aurait très bien trouvé sa place au centre-ville, mais elles n'ont pas la singularité et la sensibilité requises pour ce lieu, c'est-à-dire l'une des principales portes d'entrée de la métropole. Et c'est ce qui les rend bel et bien horribles.

BIDONVILLES - Ce n'est pas un blockbuster, mais le film Bidonville actuellement à l'affiche vaut le détour. Sous-titré «Architectures de la ville future», ce documentaire québécois a le mérite de rompre avec le discours apocalyptique habituel sur l'urbanisation.

Le cinéaste Jean-Nicolas Orhon y présente les bidonvilles comme autant d'«empreintes digitales», de quartiers construits par et pour les peuples qui les habitent, avec leurs spécificités locales et culturelles.

Que ce soit à Mumbai ou à Rabat, à Lakewood au New Jersey ou à Marseille en France, «les bidonvilles ne sont pas des problèmes, ils sont des solutions», explique Nicolas Reeves, professeur à l'École de design de l'UQAM.

Seul bémol: l'angle québécois, un peu plaqué. Alors que la narration fait l'apologie des gestes issus des citoyens et non des autorités, on voit dans le dernier tiers un architecte de la grande ville dire aux membres de la communauté amérindienne Kitcisakik comment construire leur maison. Pas que ce soit hérétique, mais cela va à l'encontre du propos du film.

Mais disons-le, cette réserve n'entache en rien la qualité générale d'un documentaire à voir avant la publication du livre, le 24 septembre.




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